ESPACE SAINT-MICHEL

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ENSEIGNEZ À VIVRE de Abraham SEGAL

SORTIE NATIONALE : 13 Décembre 2017

1h30 –France – 2017


FILM

Comment faire en sorte que pédagogie rime avec plaisir de transmettre ? Comment des jeunes exclus du système éducatif, des " décrocheurs ", peuvent-ils devenir des êtres créatifs, désireux d’apprendre ? Comment un lycée ou un collège peut-il constituer un lieu où liberté se conjugue avec responsabilité, où l’acquisition de savoirs va de pair avec l’apprentissage de la vie en société ?

Edgar Morin et le réalisateur Abraham Ségal trouvent des réponses concrètes en découvrant des expériences vivifiantes, en allant au contact des élèves et des équipes éducatives. " Enseignez à vivre ! " met en perspective les idées d’Edgar Morin sur une autre éducation possible et des pratiques innovantes dans cinq établissements publics : la créativité et la vitalité des jeunes font écho à la pensée complexe et généreuse du philosophe.

ENTRETIEN ENTRE ABRAHAM SEGAL ET PIERRIC BERGERON

Quelle est l’origine d’ "Enseignez à vivre ! " ?

Au départ, en 2015, Edgar Morin m’avait demandé amicalement de venir avec lui à Douai pour filmer la rentrée au Lycée d’excellence qui porte son nom, où les enseignants ont une pratique pluridisciplinaire ouverte sur la cité. Dans l’esprit d’Edgar Morin comme dans le mien, le tournage de cette rentrée marquait le début d’un film documentaire sur une autre éducation possible. Le lycée Edgar Morin de Douai est un fil important dans la trame du film mais nous sommes assez rapidement partis à la découverte d’autres expériences originales : le Micro-lycée de Vitry-sur-Seine, le Pôle innovant lycéen (PIL), le Lycée autogéré de Paris (LAP).

Le point commun entre ces trois établissements est qu’on y accueille des " décrocheurs ", des jeunes qui ont été " largués ", qui ont quitté l’école sans diplôme ni qualification. De plus, nous avons fait une incursion dans une école qui accueille des enfants de 3 à 15 ans, l’École Decroly de Saint-Mandé. Chemin faisant, " Enseignez à vivre ! " mérite bien le sous-titre : Edgar Morin et l’éducation innovante.

Quel est votre rapport de cinéaste aux questions de l’éducation ?

Mon premier film " B.A.BA " (1971) est une critique radicale du système scolaire en France. Réalisé dans la foulée de mai 68, ce long-métrage documentaire est éclairé par la critique de " l’école-caserne " exprimée dans le film par Fernand Oury, pionner de la pédagogie institutionnelle, lui-même inspiré par la pratique et la pensée de Célestin Freinet. On peut dire que si " B.A.BA " montre les aspects négatifs de l’enseignement scolaire, " Enseignez à vivre ! " constitue le volet positif de l’éducation. On y trouve des pratiques pédagogiques qui favorisent l’épanouissement des jeunes, des rapports de confiance entre enseignants et enseignés, la possibilité pour les élèves de réaliser leurs aspirations.

Le film s’ouvre avec la parole d’Edgar Morin mais il n’est pas toujours présent à l’écran. Comment s’est effectué le choix de tourner dans cinq établissements publics, dont quatre lycées ?

Quand on a décidé de montrer plusieurs expériences, en suivant d’une part la pensée et les paroles d’Edgar Morin et d’autre part des scènes de vie et d’enseignement, la trame narrative du film est devenue plus riche et plus complexe. Mon intention était de filmer dans des lieux différents mais qui ont en commun le désir d’un enseignement où l’on garde des espaces de liberté avec, en plus, des relations bienveillantes entre enseignants et enseignés. Nous avons choisi de filmer dans ces établissements-là en montrant que l’on peut refonder l’école publique et donner également des nouvelles chances aux laissés pour compte de l’enseignement traditionnel. Bastien Sueur, délégué général de la Fédération de Etablissements Scolaires Publics Innovantes (FESPI), m’a servi d’éclaireur en me présentant aux équipes du Pôle Innovant Lycéen et de l’Ecole Decroly.

Comment le projet a-t-il été accueilli par les élèves et les enseignants ?

Des relations de confiance se sont établies partout très rapidement. Cette ouverture et la volonté de s’exprimer devant la caméra ont contribué, bien entendu, à la qualité des témoignages et à la spontanéité que l’on peut ressentir en voyant le film.

On a l’impression que les jeunes ne sont pas intimidés par Edgar Morin et que celui-ci prend plaisir en leur compagnie.

La rencontre d’Edgar avec les lycéens de Douai et celle avec des " décrocheurs " au Pôle innovant lycéen (PIL) sont à mon avis parmi les moments forts du film. Les élèves de Douai, qui connaissent sa réputation, sont parfois intimidés, mais sont surtout curieux de connaître son avis et d’entendre le récit de ses expériences. Et lui a visiblement du plaisir à transmettre. C’est là où l’on sent bien qu’Edgar Morin n’est pas seulement un remarquable théoricien de l’éducation, mais un homme ouvert, à l’écoute des jeunes, toujours prêt à apprendre et à découvrir. La visite au PIL a été pour lui une belle révélation, une rencontre privilégiée à l’issue de laquelle il partage ses réflexions avec l’équipe éducative et, par la même, avec les spectateurs du film.

Comment s’est déroulé le montage ?

Comme le faisait remarquer Godard dans son texte de 1956, " Montage, mon beau souci " : " si mettre en scène est un regard, monter est un battement de coeur ". Avec la monteuse Dominique Barbier et l’assistante Pauline Roth, nous avons beaucoup travaillé sur la structure, sur le tressage entre les paroles d’Edgar Morin et les séquences d’enseignement et de vie dans les différentes écoles.

Quand on travaille sur le rythme de la séquence et sur la respiration du film, il me paraît juste d’évoquer des battements de coeur.

Mais on peut parler également du tissage entre plusieurs fils de différentes couleurs dans une trame. Dans " Enseignez à vivre ! ", deux fils principaux traversent la trame narrative de part en part et parfois se conjuguent : le fil du lycée de Douai avec le projet de voyage-découverte à Paris et celui d’Edgar Morin en acte et en parole.

Le tressage entre les cinq expériences éducatives se fait à partir de divergences et de résonances, et met en valeur la singularité et les points de rencontre entre ces différentes pratiques.

Comment avez-vous travaillé avec le compositeur Jacques Rémus qui a fait, je pense, la musique pour plusieurs de vos films ?

Pour " Enseignez à vivre ! ", Jacques Rémus nous faisait des propositions et suivant nos réactions, il reprenait, modifiait, améliorait, veillait au contrepoint. Je trouve son travail inspiré et minutieux à la fois. J’ai connu Jacques en 1983 quand j’ai réalisé " Alésia et retour, voyage phénoménal ". On a tourné quelques séquences avec lui qui vivait et avait son atelier dans un ancien bain-douche de la rue de l’Ouest. Dans la cour, il y avait un beau cerisier et lors de la cueillette conviviale des cerises, Jacques jouait du saxo (il était l’un des créateurs du célèbre groupe Urban Sax). Puis, il a composé la musique de plusieurs de mes films, notamment " Van Gogh, la revanche ambiguë " (1988), " Le Mystère Paul " (2000) et " Quand Sisyphe se révolte " (2013). Jacques Rémus est un véritable créateur innovant. Il invente des machines musicales, des carillons mus par ordinateur, une musique sous-marine qui évolue au gré des vagues.

Comment envisagez-vous la sortie en salles, la diffusion de ce film documentaire ?

Le film est distribué par JHR Films et la sortie en salles est prévue le 13 décembre.

En accord avec Edgar Morin, mon intention est qu’ "Enseignez à vivre ! " soit un film ouvert, qui s’adresse à tous, en tout cas à tous ceux qui sont attentifs aux questions de l’école et au devenir des jeunes. Mon souci permanent est d’offrir au spectateur un film où des questions complexes sont présentées simplement. Afin que ce film vive et qu’il puisse rencontrer son public, nous avons besoin de partenaires et de relais solidaires. Le soutien de la Fondation de France et de la fondation " Un monde par tous " nous encourage.

Et le partenariat avec l’UNESCO est de bon augure. J’avoue que je suis très touché par la confiance amicale que m’accorde Edgar Morin et j’espère que mon film fait bien entendre sa pensée sur l’éducation.

BIO-FILMOGRAPHIE

Abraham Ségal étudie l’histoire et la philosophie à l’Université hébraïque de Jérusalem où il fonde et anime le ciné-club universitaire (1959 – 1962). Mémoire de maîtrise : " L’éthique à l’oeuvre chez Albert Camus ". Études de cinéma à Paris. Entre 1967 et 1982, il écrit sur le cinéma dans La Revue du cinéma, CinémAction et L’Avant-Scène du Cinéma.

Texte d’un album de photos sur S. M. Eisenstein aux Éditions du Chêne (1972).

Essai : Abraham, enquête sur un patriarche aux Éditions Bayard (2003). Il organise avec Delphine Seyrig, le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir et l’association " antipsychiatrique " Trames, le Festival Films et Folies (1986-87).

Réalise des films documentaires depuis une quarantaine d’années. Parmi eux : " B.A.-BA "(1971). Une vision critique du système scolaire en France. Mention spéciale du Prix Sadoul ; " La vie, t’en as qu’une " (coréalisation - 1978) Une image éclatée de la vie quotidienne, dix ans après Mai 68. Sélection " Perspectives du Cinéma français " au Festival de Cannes ; " Couleurs folie (13 min, 1986) Film-rencontre entre Delphine Seyrig et Mary Barnes (peintre et coauteur de Mary Barnes, un voyage à travers la folie) sur les liens entre l’expérience de la folie et l’expression picturale ; " Van Gogh, la revanche ambiguë "(1989) Le mythe d’un héros moderne, Vincent Van Gogh, et son destin, cent ans après sa mort.

Prix du jury du Public au Festival international du film documentaire de Nyon (1989) ; " Enquête sue Abraham "(1996) L’enquêteur recherche, dans les plis de notre culture, l’empreinte d’un ancien récit. Il repère et analyse, au coeur d’une actualité dramatique, nos liens aux origines ; " Le mystère Paul "2000) Didier Sandre mène l’enquête sur Saül de Tarse, un juif du Ier siècle qui devient, après sa conversion, l’Apôtre Paul, le saint Paul de l’Église. Plusieurs sélections dans des festivals ; " Florence Delay – Comme un portrait " (2004) Portrait à facettes multiples d’une femme écrivain célèbre mais secrète. Diffusé sur France 2. DVD édité par Gallimard ; " La parole ou la mort " (2009) Enquête sur les manipulations politiques et théologiques des paroles de la Bible et du Coran. " Quand Sisyphe se révolte " (2013) Comment résonne la pensée de Camus aujourd’hui ? Comment peut-elle éclairer des situations critiques de notre temps ?

Edgar Morin et l’éducation

Sociologue et philosophe, auteur de dizaines d’ouvrages dans de multiples domaines de la connaissance et de la vie en société, Edgar Morin réfléchit constamment sur l’enseignement. Selon lui, l’éducation est le chantier prioritaire du XXIème siècle.

Dans ses livres, ses conférences et ses interventions sur le terrain, il prône une refonte profonde de l’éducation centrée sur sa mission essentielle, telle que l’envisageait Jean-Jacques Rousseau : " enseigner à vivre ".

C’est aussi le titre de son " Manifeste pour changer l’éducation " publié en 2014 chez Actes Sud. Ce livre vient prolonger une trilogie " vouée non tant à une réforme de notre système d’éducation mais à son dépassement " : " La tête bien faite " (Le Seuil, 1999), " Relier les connaissances " (ouvrage collectif, Le Seuil, 1999) et " Les Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur " (UNESCO, 1999, repris au Seuil en 2000).

Dans sa pensée sur l’éducation Edgar Morin reprend, selon Jean-Michel Blanquer, les célèbres interrogations d’Emmanuel Kant : " Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? " pour arriver finalement à " Qu’est-ce que l’homme ? ".

DISTRIBUTEUR : JHR FILMS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 13 au 19 Décembre 2017

SALLE 1

ENSEIGNEZ À VIVRE ! de Abraham SEGAL - (VOF)
Tous les jours : 13h25 (sauf dimanche), 15h05, 16h45, 20h10

Mercredi 13 Décembre : Séance de 20h10 suivie d’une rencontre-débat avec le réalisateur Abraham Ségal.

Vendredi 15 Décembre : Séance de 20h10 suivie d’une rencontre-débat avec Bastien Sueur, délégué général de la FESPI (Fédération des Etablissements Scolaires Publics Innovants) et Sandrine Bénasé du Micro Lycée de Vitry-sur-Seine.

Dimanche 17 Décembre : Séance de 16h45 suivie d’une rencontre-débat avec Abraham Ségal et Monique Peyrière (collaboratrice d’Edgar Morin, enseignante dans le cadre du master " Image et Société " à l’université d’Evry).

ISOLA de Fabianny DESCHAMPS - (VOSTF)
Tous les jours : 18h25 (sauf vendredi et dimanche)

Samedi 16 décembre : Séance de 18h25 suivie d’une master class avec la réalisatrice Fabianny Deschamps et de l’auteur de la musique du film Olaf Hund.

PROBLEMSKI HOTEL de Manu RICHE - (VOSTF)
Mercredi, Dimanche : 21h45

LA EDUCACION DEL REY de Santiago ESTEVES - (VOSTF)
Jeudi, Mardi : 21h45
Vendredi : 18h25

KHIBULA de George OVASHVILI - (VOSTF)
Vendredi, Lundi : 21h45
Dimanche : 18h25

L’ORAGE AFRICAIN de Sylvestre AMOUSSOU - (VOF)
Samedi : 21h45

SALLE 2

MARIANA de Marcela SAID - (VOSTF)
Tous les jours (sauf dimanche) : 14h00, 15h40, 17h25, 20h35, 22h15
Dimanche : 13h00, 14h45, 16h30, 18h15

VIENNE AVANT LA NUIT de Robert BOBER - (VOF)
Tous les jours (sauf dimanche) : 19h10
Vendredi, Samedi : 12h35
Dimanche : 13h40

DERRIERE LES FRONTS de Alexandra DOLS - (VOSTF)
Dimanche : 20h00

Dimanche 17 Décembre : Séance de 20h00 suivie d’un débat avec Alexandra Dols, réalisatrice du film.