ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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LA MISÉRICORDE DE LA JUNGLE de Joel KAREKEZI

SORTIE NATIONALE : 24 avril 2019

1h31 –France, Belgique Rwanda, Allemagne– 2018


SYNOPSIS

1998, région du Kivu, à la frontière entre le Congo (ex-Zaïre) et le Rwanda. Alors que la deuxième guerre du Congo fait rage, le sergent Xavier, héros de guerre rwandais, et le jeune soldat Faustin perdent la trace de leur bataillon. Ils se retrouvent alors isolés et sans ressources pour faire face à la jungle la plus vaste, la plus dense, et la plus hostile du continent. Éprouvés par la faim, la soif et la maladie, ils devront faire face à leurs propres tourments, et à ceux d’un territoire ravagé par la violence.


NOTE D’INTENTION DE JOEL KAREKEZI

Je suis né en 1985 au Rwanda, à Gisenyi, une ville au bord du lac Kivu proche de la frontière avec la République Démocratique du Congo. Je suis un rescapé du génocide. Lorsqu’il a débuté, j’avais huit ans. J’ai vu les rues jonchées de cadavres. J’ai vu le lac Kivu parsemé de corps, l’eau couleur sang. J’ai vu des enfants, des nourrissons, déposés sur les berges par le ressac de l’eau. Des visages familiers qui circulaient dans la ville, armés de machettes, se vantant d’avoir tués leurs amis, leurs voisins.

Quelques jours après le début du génocide, mon père a été tué. Il était tutsi. J’ai dû fuir et me cacher pour survivre. J’étais certain de ma mort imminente et je m’interrogeais : qu’avais-je fait pour mériter ce sort? Que ferais-je de ma vie si, par miracle, je survivais ? Quel serait le sens de mon existence ?

Avec ma soeur, j’ai réussi à fuir vers Goma, au Congo. Je n’étais qu’un enfant et j’étais devenu un réfugié, en fuite et livré à moi-même. Peu après, de nouveaux réfugiés arrivèrent à Goma : les génocidaires qui, par peur des représailles, fuyaient le Rwanda repris par l’armée tutsie.

A Goma la situation devint apocalyptique. Les bourreaux rejoignaient leurs victimes dans des camps surpeuplés. Une odeur de mort planait sur la ville, les mouches envahissaient chaque recoin de chaque quartier. On mourrait à même le sol, victime du choléra ou d’autres maladies.

Au début je pensais que Dieu voulait punir les coupables, ces nouveaux réfugiés hutus qui avaient commis l’innommable. Mais très vite il m’a semblé qu’aucun de ces enfants, qu’ils soient fils ou filles des bourreaux d’hier, ou ceux et celles des bourreaux d’aujourd’hui ne méritaient le sort implacable qui s’acharnaient sans distinction sur eux. Je refusais cette logique infernale et sans fin qui fait qu’un bourreau chasse l’autre.

De retour à Gisenyi, mon village natal, ma soeur et moi avons retrouvé notre tante. Comme nous, elle avait fui les massacres. Elle avait trouvé refuge dans les forêts du Kivu. Quel soulagement immense d’avoir à nouveau une figure maternelle. Ma soeur et moi avions survécu dans les camps et leurs conditions de vie exécrables mais rien ne pouvait rivaliser avec l’enfer que ma tante avait dû endurer. Elle nous raconta les épisodes atroces de son exil. Comment de nombreux réfugiés étaient morts dans la jungle congolaise. Elle nous décrit ce que les survivants devaient faire pour avoir de l’eau et de la nourriture. Comment certaines personnes étaient prêtes à payer une centaine de dollars pour une petite gorgée d’eau. Parfois, en désespoir de cause, quelqu’un buvait de l’essence et en mourait. Ma tante m’a raconté qu’elle se nourrissait de racines cuites dans son urine. C’était une femme exceptionnellement forte pour avoir survécu à cela. Pourtant la maladie l’a entraînée elle aussi vers la mort, deux ans seulement après son retour à Gisenyi.

Depuis les événements traversés par ma famille, mon peuple, je suis hanté par les questions liées au génocide et à la guerre. Mon expérience me fait haïr la violence, viscéralement. En tant que survivant, en tant que miraculé, j’ai décidé de devenir un avocat de la paix. Je veux pour cela raconter mon histoire et transmettre celles qui m’ont été contées. Je peux et je veux rendre compte de la réalité de la guerre, mettre à nu les mécanismes qui alimentent les conflits. Mécanismes psychologiques dans La Miséricorde de la jungle.

Plus tard, lorsque j’ai ressenti le besoin de témoigner de mon expérience et de la partager, je me suis tourné vers le cinéma. J’ai suivi des cours de réalisation cinématographique sur Internet. J’ai appris les bases de l’écriture et me suis lancé à corps perdu dans la réalisation de mon premier long métrage de fiction Imbabazi : Le pardon. Ce film autoproduit qui se déroule pendant le génocide m’a obligé à prendre du recul sur les événements, à y réfléchir et surtout à envisager l’avenir pour les générations futures.

Mon nouveau projet La Miséricorde de la jungle est le fruit de cette réflexion et de ma volonté de continuer ce chemin. C’est un film anti-guerre qui a pour point de départ une histoire vécue par mon cousin. Pendant la deuxième guerre du Congo en 1998, il était perdu avec son camarade dans la jungle. Ils y ont passé six mois et, minute après minute, ils luttaient pour survivre jusqu’à, un jour, retrouver leur armée. J’ai été bouleversé par cette histoire, par son côté tragique et absurde en même temps, par le courage de ces deux hommes face aux dangers qu’ils ont dû surmonter. Cet épisode, aussi traumatique fut-il, leur donna la possibilité de réfléchir, d’analyser, et parfois de comprendre ce qui les avait réellement entraînés dans cette jungle. Il y a évidemment des réalités politiques, économiques et historiques qui sont à l’origine des conflits armés. Mais au coeur de ces ténèbres, il y a surtout des hommes, acteurs plus ou moins conscients des forces qui les contraignent à agir, à subir, à commettre les actes les plus abjects.

Dans La Miséricorde de la jungle, nous suivons deux soldats, Xavier et Faustin. L’un des deux soldats a vécu le génocide rwandais et les deux guerres du Congo qui ont suivi. C’est un vétéran, un héros respecté de tous. L’autre est une jeune recrue naïve qui ne connaît rien de la guerre et s’est engagé plein d’idéaux. Il pense venger son père et ses frères tués pendant le génocide...

Les deux personnages se retrouvent piégés au coeur de la forêt congolaise, une des plus grandes et des plus meurtrières au monde. Ils errent, esseulés, constamment sur le qui-vive, sans eau ni nourriture. Ils doivent trouver un moyen de survivre dans ces conditions alors que partout autour d’eux la guerre fait rage. Une guerre absurde où l’on ne distingue plus les ennemis des amis, une guerre où l’allié d’hier devient l’ennemi d’aujourd’hui et qui embarque dans sa folie meurtrière et destructrice toute les populations sans distinctions d’âge, de sexe ou d’origine. Les deux hommes errent comme deux fantômes délaissés ; ils doivent affronter leur passé tout en trouvant comment concevoir un futur.

On dit souvent que la guerre, parce qu’elle nous confronte aux dangers et à la mort, est un révélateur de l’âme humaine. C’est cette âme humaine, prise dans des circonstances particulières qui est questionnée dans le film.

Je considère qu’il est de mon devoir, en tant que jeune cinéaste africain, de porter à l’écran cette histoire. En souvenir de toutes les victimes de ces guerres qui détruisent nos vies et mettent en péril notre avenir sur le continent. Si le film s’ancre dans l’Histoire du Rwanda, il ne s’agit en aucun cas d’un film sur ce génocide en particulier, ou sur cette guerre. La guerre fait encore rage dans le monde entier en ce moment-même et mon propos est universel. C’est par le cinéma que je souhaite rendre hommage à ces victimes mais également questionner notre passé, pour enfin pouvoir envisager un avenir meilleur.

CONTEXTE

" Sur les cendres du génocide rwandais, la seconde guerre du Congo éclate en 1998 dans la région des grands lacs à l’Est du Congo. 9 pays Africains sont impliqués. l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie au sud, le Rwanda l’Ouganda, le Burundi, le Congo, le Tchad, le Soudan au nord. Une trentaine de milices locales sévit sur le terrain.

Cette guerre du Congo est marquée par les séquelles du génocide rwandais, la faiblesse de l’Etat Congolais, la vitalité militaire du nouveau Rwanda, la surpopulation de la région des grands lacs, la perméabilité des vieilles frontières coloniales, l’accentuation des tensions ethniques due à la pauvreté, la présence de richesses naturelles, la militarisation de l’économie informelle, la demande mondiale de matières premières minérales, la demande locale d’armes et l’impuissance des Nations Unies.

Le bilan est lourd : 6 millions de morts, près de 4 millions de déplacés, des camps de réfugiés saturés et des centaines de milliers de personnes appauvries. Les populations ne meurent pas sous les coups des mortiers. Elles meurent majoritairement de maladies, et de famine. Les armes de guerre sont le viol et la destruction du tissu social.

Pour l’exploitation du coltan, on épuise les populations locales, on les appauvrit, on les viole, on les incite à partir. On détruit les infrastructures sanitaires et la moindre pathologie devient mortelle.

Le coltan est un gravier noir dans la boue au poids économique très lourd. 80% des réserves mondiales sont ici. Le coltan contient du tantale et toute la planète en veut. Il s’agit d’un élément chimique adapté au superalliage dans l’industrie de l’aérospatiale et aux condensateurs dans le domaine de l’électronique. Indispensable pour la construction de tablettes et smartphones.

La ruée vers le coltan est menée par les grandes multinationales lointaines, les mafieux, les dictateurs des pays voisins.

Les agriculteurs des deux Kivu se retrouvent persécutés, chassés. La militarisation de l’économie engendre la commercialisation de la violence. Des milices proposent leurs services pour terroriser, torturer, violer. La haine ethnique est érigée en vitrine pour justifier les agissements, mais ce n’est qu’un drapeau. La réalité est tout autre. La violence sert ici la concurrence commerciale.

Et l’historien David Van Reybrouck dans un opus remarquable consacré au sujet "Congo" chez Actes Sud , décrit les mécanismes de la région et s’étonne que les 6 millions de morts ne soulèvent aucune couverture médiatique et ne provoquent une indignation populaire.

" Elle a disparu de l’actualité mondiale car passait pour inexplicable et confuse. Pour couvrir les guerres, le journalisme a recours à un cadre de référence morale. Dans cette guerre du Congo, il n’y a pas un camp de gentils."

Et quand régulièrement un reportage vient décrypter cette guerre, il reste sans écho. Aucune réaction de l’opinion, silence de la communauté internationale. Tout le monde s’en fout et s’en accommode."

BIOGRAPHIE DE JOEL KAREKEZI

Après avoir obtenu son diplôme de réalisateur à l’école de cinéma Cinecours en 2008, Joël Karekezi a tourné son premier court-métrage The Pardon (Le Pardon) en 2009 avec le soutien de Maisha Film Lab. Gagnant du prix Golden Impala au festival de film Amakula en Ouganda et sacré meilleur court-métrage au festival africain du court-métrage de la Silicon Valley en 2010, The Pardon est projeté dans différents festivals de films autour du monde.

Le premier long-métrage de Joël Karekezi, Imbabazi (Le Pardon), a bénéficié d’une bourse de développement du festival international du film de Göteborg. Il a de plus remporté le NILE GRAND PRIX 2014 au Luxor African Film Festival et le prix de BEST DIRECTOR au International Images Film Festival For Woman 2014.

En 2012, son scénario The Mercy of the Jungle (La Miséricorde de la jungle) a gagné le prix CFI du projet le plus prometteur au Marché du Film de Durban. Il a également été sélectionné à Cannes pour La Fabrique des Cinémas du Monde 2013, au Locarno Open Doors 2014, à l’Atelier Grand Nord 2015, au Forum de production de Namur 2015 et aux Rencontres de Coproduction Francophone à Paris 2015.

DISTRIBUTEUR : URBAN DISTRIBUTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 20 au 26 Mars 2019

SALLE 1

RÉSISTANTES de Fatima SISSANI - (VOF)
Tous les jours: 12h55, 15h55, 17h20, 20h20, 21h45 (sauf samedi)

Mercredi 20 Mars : Première à 20h20 en présence de la réalisatrice et de la psychanalyste Alice Cherki, suivie d’un débat.

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Youcef Brakni, militant des Quartiers populaires et membre du collectif Adama.

Lundi 25 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Françoise Vergès, politologue et militante féministe.


LUNE DE MIEL de Ioana URICARU - (VOSTF)
Tous les jours: 14h20, 18h45, 21h35 (sauf vendredi et lundi)

THE RAFT de Marcus LINDEEN - (VOSTF)
Samedi : 21h45

SALLE 2


FUKUSHIMA, LE COUVERCLE DU SOLEIL de Futoshi SATO - (VOSTF)
Tous les jours: 15h00, 20h00

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h00 suivie d’un débat avec Kolin Kobayashi, journaliste indépendant, président de l’Association Echo Echanges, membre du comité d’organisation du Forum social mondial antinucléaire, il est le représentant du film en France. Thème : " Le poids du lobby nucléaire. "

Lundi 25 Mars : séance de 20h00 suivie d’un débat avec Yuki Takahata, journaliste, auteur et traductrice, également militante au sein du réseau "Sortir du nucléaire ". Thème " Fukushima, 8 ans après ; l’impact sur la population locale. "

NOUR de Khalil DREYFUS ZAAROUR - (VOSTF)
Mercredi, Samedi, Dimanche: 16h40
Jeudi, Lundi : 13h20

CASTING de Nicolas WACKERBARTH - (VOSTF)
Mercredi, Samedi : 13h20

KABULLYWOOD de Louis MEUNIER - (VOSTF)
Vendredi, Mardi : 16h45

FAHAVALO, MADAGASCAR 1947 de Marie-Clémence ANDRIAMONTA-PAES - (VOSTF)
Tous les jours : 18h20

AMAL de Mohamed SIAM - (VOSTF)
Jeudi, Lundi : 16h45
Vendredi, Mardi : 13h30

UN BERGER ET DEUX PERCHÉS À L’ELYSÉE ? de Philippe LESPINASSE et Pierre CARLES - (VOF)
Dimanche : 13h10