ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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CHAMP DE BATAILLES de Edie LACONI

SORTIE NATIONALE : 9 Mai 2018

1h38 – France – 2017

 

SYNOPSIS

Au titre de la protection de l’enfance, le centre parental accueille des mères et des pères pour lesquels être parents ne va pas de soi. Dans ce lieu où les sentiments et les émotions sont aiguisés, les frontières sont minces entre protection et contrainte, entre conseils et admonestations, entre réparation et séparation. Tandis que, non sans révolte, deux jeunes filles tentent d’apprendre à devenir mères, un couple consent à demander le placement de son enfant dans une famille d’accueil.

NOTES SUR LE FILM

J’ai vécu longtemps dans une petite maison d’un quartier excentré de Bobigny, en banlieue parisienne, à quelques dizaines de mètres d’un hôtel d’urgence. Tous les jours, devant chez moi, je voyais passer des familles dans le plus grand dénuement.

Un jour, mon fils est né. Nous étions maintenant trois à la maison. Je découvrais la paternité. Quelque temps plus tard, l’hôtel social est devenu un centre maternel. Désormais devant nos fenêtres ne passaient plus que des femmes toujours seules avec des poussettes. En voisin du centre, je suis allé à la journée portes ouvertes de l’établissement. Ce jour-là, j’ai découvert qu’il existait des endroits où des femmes apprenaient à être mères de leur enfant.

Je n’ai pas pu tourner mon film dans ce centre maternel. J’en ai cherché un autre. Il en existe au moin un par département. En 2012, j’ai reçu l’aval de la direction d’un établissement à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen. Ce n’était pas pas un centre maternel mais un centre parental accueillant des parents isolés - les hommes seuls restent l’exception - et des couples et leur enfant.

" Champ de batailles " se construit de fragments de la vie de quelques personnages hébergés dans ce centre parental, deux jeunes femmes dans le début de la vingtaine, et un homme et sa compagne, plus vieux de quelques années.

Les deux jeunes femmes ont été placées là avec leurs enfants respectifs à la suite d’une décision judiciaire.

L’homme et son amie sont entrés dans le centre dès la naissance de leur enfant, à leur propre demande.

Tous se côtoient dans le centre parental durant quelques semaines avant que ne soit décidé le placement dans une famille d’accueil de l’enfant du couple. L’homme et sa compagne quittent alors le centre parental pour un petit appartement.

Tandis que les deux jeunes femmes se battent contre l’institution qui les somme de changer et contre elles-mêmes, pour éviter le placement de leur fils, l’homme et sa compagne reçoivent la visite de leur enfant une fois par semaine pendant une heure en présence d’un travailleur social.

Ma rencontre avec les personnages du film

Lydilie Maillard et Miléna Lallinec, les deux jeunes mères qui apparaissent dès les premières images de " Champ de Batailles " se sont imposées très rapidement comme des personnages principaux du film. Elles sont pugnaces, rétives, revêches. Leur courage et leur force les distinguent. Les espoirs que recèle leur jeunesse, leurs fréquents regains d’adolescence, leur naïveté, leur colère les constituent à mes yeux comme des personnages de cinéma, des héroïnes picaresques.

Je les ai rencontrées dès le début de leur séjour dans le centre parental et il était une évidence que le film chemine à leurs côtés.

Je me suis rapproché de Sylvain Herbline et Stéphanie Féret, les deux autres personnages principaux du film, alors que le tournage avec les deux jeunes mères avait déjà commencé. Je savais que leur enfant serait bientôt placé dans une famille d’accueil. Ils allaient quitter le centre dans quelques jours et faisaient leurs cartons.

Au contraire des deux jeunes femmes tout en fougue, Sylvain et Stéphanie étaient taiseux, effacés. Profondément mystérieux, difficilement atteignables. Leur retenue confinant au mutisme. Ils ne disaient pas, ils ne disaient rien. J’ai pensé que le film devait tenter d’exprimer ce qu’ils étaient dans l’incapacité de dire.

Quelques jours avant le départ de leur enfant dans sa famille d’accueil, je leur ai proposé de participer au film. Puis j’ai continué de les filmer dans leur nouvel appartement par deux fois lors des visites médiatisées de leur enfant. Avec eux, j’ai donc filmé des séquences d’une vie familiale par éclipses, images qui résonnent avec le spectre du placement fréquemment agité au-dessus de la tête des deux jeunes mères.

Aux côtés des parents

Dans ce film où l’on ne parle que de norme parentale, je ne filme pas les dysfonctionnements au sein des familles que pointent les professionnels de l’institution. Le film n’est pas l’auxiliaire du centre parental, aussi ne documente-t-il pas ce que les éducatrices reprochent aux parents.

La sympathie que m’inspirent ces deux jeunes femmes dont j’admire les qualités n’atténue pas l’ambivalence de mes sentiments face à ce qu’elles et leurs enfants vivent. Certes, le placement judiciaire des familles au centre parental est une mesure liberticide. Mais, ou plus justement " ET " la société a la mission de protéger ses enfants. C’est là toute la complexité de ces questions.

Pour restituer cette complexité, la place de la caméra évolue au fil des longs entretiens récurrents entre les jeunes filles et les éducatrices qui viennent mesurer l’évolution de la relation parent-enfant. Lors des premiers entretiens, la caméra est placée face à la jeune fille. Scénographie d’un combat déséquilibré. Elle fait front à l’institution représentée par un groupe d’éducatrices tenu hors champ, réduit à un choeur de voix. Nous voyons affleurer les sentiments de la jeune fille, éprouvons avec elle ce qu’elle vit.

Les mois passant (le film a été tourné sur une année) la caméra s’affranchit de sa posture première et se déplace sur le côté. Elle n’est plus frontale mais latérale. La jeune fille est désormais filmée de profil. Les professionnels apparaissent également à l’image. La caméra va de l’une aux autres.

Plus tard encore, l’image s’est élargie et contient en un seul plan la jeune fille et les éducatrices. Notre regard est ainsi soumis à la possibilité d’être tantôt aimanté par un pôle puis par l’autre. Il ne s’agit pas de choisir entre les deux l’un ou l’autre de ces pôles, parents ou institution, mais d’éprouver ce sentiment d’ambivalence qui naît devant la difficulté de ces questions.

A la fin du film, sans s’être jamais départie de sa solidarité pour le parent, la caméra retrouve sa place frontale originelle, face à la jeune fille.

Dans les dispositifs qu’il met en oeuvre, le filmage du couple de parents diffère de celui des deux jeunes mères. Le recours à des photos de famille et à un entretien avec le père, sont une manière d’impureté que j’assume. Mon mouvement vers ces deux parents est de même nature que celui vers les deux jeunes mères, et j’espère qu’il traduit ma solidarité.

Ici encore avec le couple, il ne s’agit pas d’attester de défaillances ou d’insuffisances. L’enjeu est de filmer et éprouver le vide, la béance que laisse un enfant quand la visite qu’il a rendue à ses parents s’est terminée.

Les centres parentaux en France

Le service de l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) est placé sous l’autorité et la responsabilité du Président de chaque Conseil départemental. Il assure des missions de prévention et de protection en direction des enfants et de leur famille lorsque ceux-ci sont confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger leur santé, leur sécurité, leur moralité.

Issu de la loi de la protection de l’enfance (2016), le centre parental est un établissement qui accueille, l’enfant né ou à naitre avec ses deux parents qui ont pour projet de l’élever ensemble.

La finalité d’un centre parental est la protection des premiers liens d’attachement de l’enfant, la prévention et l’accompagnement des inter-actions parents enfants et la confirmation de ses deux parents comme premiers acteurs de la protection de leur enfant.

Un centre parental vise à prévenir et favoriser un équilibre familial respectant la place de chacun. Il a aussi comme missions tant la prévention des maltraitances faites à l’enfant que la prévention des violences conjugales et intrafamiliales.

Les familles sont accueillies en centre parental soit à leur demande (projet élaboré avec les travailleurs sociaux connaissant bien la famille) ou suite à une injonction judiciaire (notamment celle du Juge des Enfants).

Les modalités d’accueil et les durées de séjour varient en fonction des projets de chaque d’établissements.


BIOGRAPHIE

Edie Laconi est réalisateur, assistant réalisateur, documentaliste, directeur de production ainsi que cadreur. Il a travaillé au côté notamment de Manuela Frésil (Entrée du Personnel, 2011) ou encore Stéphane Mercurio ( A l’Ombre de la République, 2012).

Champ de Batailles est son quatrième film documentaire et a été sélectionné, entre autres, au Festival Cinéma du Réel et au Festival International du Film d’Education d’Evreux.

DISTRIBUTEUR : VENDREDI DISTRIBUTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 18 au 24 Juillet 2018

SALLE 1

LES AMANTS CRUCIFIES de Kenji MIZOGUCHI - (VOSTF)
Mercredi : 13h00
Vendredi : 22h05
Lundi : 15h00

AU GRE DU COURANT de Mikio NARUSE - (VOSTF)
Mercredi : 14h50
Dimanche : 20h10
Lundi : 16h55

LA PENDAISON de Nagisa OSHIMA - (VOSTF)
Mercredi : 16h55
Lundi : 12h55

RAN de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Mercredi, Samedi, Lundi : 20h40
Dimanche : 15h25

LE GRONDEMENT DE LA MONTAGNE de Mikio NARUSE - (VOSTF)
Jeudi : 13h00
Mardi : 16h35

LA RUE DE LA HONTE de Kenji MIZOGUCHI - (VOSTF)
Jeudi : 14h45
Samedi, Mardi : 13h00
Dimanche : 22h15

LE CHATEAU DE L’ARAIGNEE de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Jeudi : 16h20
Mardi : 20h10

CONTES CRUELS DE LA JEUNESSE de Nagisa OSHIMA - (VOSTF)
Jeudi : 20h10
Dimanche : 13h35
Mardi : 22h05

SANJURO de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Jeudi : 21h55

JE NE REGRETTE RIEN DE MA JEUNESSE de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Vendredi : 13h50
Mardi : 14h35

LA VIE D’O’HARU, FEMME GALANTE de Kenji MIZOGUCHI - (VOSTF)
Vendredi : 15h50
Samedi : 16h35

NUAGES EPARS de Mikio NARUSE - (VOSTF)
Vendredi : 20h10
Samedi : 14h35

SALLE 2

BRODRE : MARKUS ET LUKAS de Aslaug HOLM - (VOSTF)
Tous les jours : 13h25 (sauf samedi), 20h00

HEDY LAMARR de Alexandra DEAN - (VOSTF)
Tous les jours : 15h20
Mercredi, Samedi, Lundi : 19h00
Jeudi, Vendredi, Dimanche, Mardi : 18h20

TROIS CONTES DE BORGES de Maxime MARTINOT - (VOSTF)
Tous les jours : 17h00
Mercredi, Vendredi, Dimanche, Mardi : 21h55

JERICO, LE VOL INFINI DES JOURS de Catalina MESA - (VOSTF)
Tous les jours : 18h30
Jeudi, Samedi, Lundi : 21h55


FILLES DU FEU de Stéphane BRETON - (VOSTF)
Samedi : 13h50