ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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LA MAORT SE MERITE, DIGRESSIONS AVEC SERGE LIVROZET de Nicolas DROLC

SORTIE NATIONALE : 20 Septembre 2017

1h37– France – 2016


SYNOPSIS

La Mort se Mérite brosse un portrait de Serge Livrozet, figure de la contre-culture française des années 70, ancien plombier, ancien perçeur de coffres forts, fondateur avec Michel Foucault du Comité d'Action des Prisonniers, écrivain autodidacte et militant anarchiste.

NICOLAS DROLC, REALISATEUR

Auteur de trois films dont deux long-métrages documentaires, Nicolas Drolc est né en 1987 à Nancy. Après des études d’arts du spectacle en Lorraine, il s’installe en Belgique à partir de 2007 pour rejoindre le cursus réalisation documentairede l’I.A.D., dont il est renvoyé 9 mois plus tard.

De 2007 à 2009, Nicolas se forme auprès du réalisateur Marc Littler, fondateur de la société de production germanique Slowboat Films. Tour à tour caméraman, assistant-monteur, ingénieur du son ou traducteur, il accompagne les équipes de tournage pour plusieurs longs-métrages à Francfort,

Berlin et Berne. En 2009, il réalise un premier moyen-métrage documentaire qui circule en Allemagne, en Suisse, aux USA et en France. En parallèle il travaille comme assistant au sein de l’équipe de la rédaction du journal parlé de la RTBF à Bruxelles.

En 2011, il retrouve Slowboat Films et participe à la réalisation de The Kingdom of survival, long-métrage documentaire autour du courant anarchiste et de la contre-culture américaine. Le film donne la parole à plusieurs penseurs, auteurs et artistes (Pr. Noam Chomsky, Dr. Mark Mirabello, Ramsey Kanaan, et Joe Bageant). Le tournage s’étale sur 40 jours, de San Francisco à New York.

En 2012, Nicolas quitte la RTBF et revient s’établir dans sa ville natale pour y terminer la réalisation de Sur les toits. Ce long-métrage documentaire dépoussière une page méconnue de l’histoire des luttes sociales françaises : les premières révoltes dans les prisons entre 1971 et 1972. Pour ce film il refuse trois pré-achats TV et créé la société de production Les Films Furax. Il distribue lui-même ce premier long-métrage, qui sera projeté 80 fois en France et à l’étranger, notamment aux États-Unis, à l’université De Paul (Chicago) et à LMU (Los Angeles). Le DVD de ce film est édité par la coopérative audiovisuelle Les Mutins de Pangée.

Tout en accompagnant les projections de Sur les Toits il écrit, produit, tourne, monte et réalise La Mort se Mérite entre 2015 et 2017.

Un nouveau projet l’occupe depuis 2017 : Ceux qui l’ont fait. L’histoire d’une aventure collective, celle de la scène cold wave / post-punk de Nancy entre 1979 et 1986. Portée par une bande de copains autodidactes, davantage bricoleurs et fêtards que musiciens, dont les noms des groupes raisonnent encore aujourd’hui : Kas Product, Candidate, OTO, Dick Tracy, les Double Nelson ou les Geins’t Naït.

NOTE D’INTENTION

J’ai rencontré Serge Livrozet à Nice en 2013 lors du tournage de mon précédent film Sur les toits. De cette rencontre est née une amitié forte, une correspondance téléphonique, et des retours réguliers sur la Côte d’Azur.

Un jour de décembre 2014 , Livrozet m’a téléphoné pour me dire : "Je suis en train de crever. Je pars à l’hosto. Ils vont m’ouvrir en deux ".

Son coeur était gravement atteint, mais l’opération fut un succès. De ce coup de fil découla un projet de film avec la complicité de Serge Livrozet. Un portrait débridé au long cours. Un film dont la réalisation s’imposât comme une nécéssité, une évidence et une urgence. En conclusion de Sur les toits, Livrozet n’avait pu s’exprimer que dix minutes. C’était très frustrant. Son parcours et sa réflexion ne pouvaient se cloisonner à la thématique carcérale. À l’heure du bilan, il avait besoin de prendre du temps pour le remonter, pour dérouler le fil d’une existence tumultueuse, d’une vie de paria romanesque.

Quelques jours après l’opération je descendais seul à Nice avec une caméra et deux ou trois micros pour filmer Serge qui sortait de l’hôpital. C’est dans ce contexte que nous avons commencé à improviser un film à deux. Sans savoir où ce projet allait nous mener, ni même si le temps permetterait qu’il aboutisse un jour. Ce qui importait c’était que Livrozet puisse évoquer librement les thèmatiques qui lui tenaient à coeur dans ces instants précis : la Mort, l’absurdité de l’existence, l’amour, l’écriture. Et bien sûr, inlassablement, avec une spontanéité, une sincérité et des convictions intactes : la lutte, la résistance et la révolte.

À travers nos conversations et au gré de ces premiers tournages, je comprenais ce que le film était en train de devenir, dans quelles eaux dangeureuses il avait décidé de nous emmener nager : vers un conte philosophique.

Un cocktail épicé de cinéma libertaire et de cinéma bis, un film de copains, presque un film de famille, un film expérimental, un film noir, un film de voyou, un film de conscience de classes.

Un film modeste mais forcément libre à l’image de son protagoniste, qui n’a eu à se soucier d’aucunes règles ni d’aucuns formatages, et qui n’a eu à souffir d’aucune concession durant sa fabrication.

Nicolas Drolc

DE LA PRISON A L’ECRITURE, BIOGRAPHIE DE SERGE LIVROZET

Serge Livrozet fait partie de ces rares auteurs qui n’ont besoin, pour trouver leur inspiration, que d’égrener leurs souvenirs.

Livrozet naît le 21 octobre 1939 à Toulon. La guerre sévit depuis peu de temps. La famille Livrozet se réfugie à Avignon. Abandonné par son père à l’âge de trois ans, une mère qui se prostitue, Serge Livrozet doit jouer des poings à l’école pour faire taire les insultes. Il obtient le certificat d’études à treize ans et demi.

Alors obiligé de gagner son pain, il devient compagnon plombier. À dix-huit ans il cherche à s’émanciper et s’engage dans l’armée.

Juste avant d’être libéré, il est condamné à deux ans de prison avec surcis pour un petit vol. Sans bagage scolaire, sans argent, l’avenir est sombre. Livrozet commet des cambriolages dans la région niçoise, est arrêté et, son sursis révoqué, se voit condamné à cinq années de prison.

Désireux d’aquérir le savoir qui lui fait défaut, il met à profit son "immobilisation" pour passer le baccalauréat et devenir instituteur des prisonniers. Libéré en 65, il se marie peu après. Il devient ensuite représentant en vin, puis en extincteurs, et vendeur de gadgets sur les marchés.

En 1968 il s’exerce à l’écriture. En prison, il a déjà rédigé quelques romans, qui ne paraîtront jamais.

Les évènements de Mai l’entraînent dans leur tourbillon. Il rejoint alors les rangs de la C.N.T. (Confédération Nationale du Travail). Pressé de créer une maison d’édition, il s’apprête à dévaliser un grand magasin parisien. Les policiers le surprennent en flagrant délit. Nouvelle incarcération, pour quatre ans cette fois-ci. Livrozet n’entend pas la subir passivement, et très vite, est considéré comme l’un des principaux "meneurs" de l’agitation qui secoue les prisons françaises ces années-là.

Libéré en 1972, il rencontre Michel Foucault, fonde en sa compagnie le C.A.P. (Comité d’Action de Prisonniers) et publie ses premiers ouvrages, qui rencontrent un certain succès. De la prison à la révolte expose les raisons qui conduisent des individus derrière les barreaux. Foucault signe la préface.

Ces années de l’après-mai voient Livrozet se lancer de nombreuses initiatives. Il milite au côté du M.L.F. (Mouvement de Libération de la Femme) du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) du Mouvement des Jeunes Travailleurs Arabes, du mouvement Marge et des Handicapés Méchants. Entre 1973 et 1974, alors directeur du centre culturel de Bièvres, Serge Livrozet et sa femme Annie hébergent et nourrissent clandestinement une cinquantaine de familles chiliennes qui fuient le régime de Pinochet. Livrozet figure parmi le noyeau fondateur du journal Libération, mais les orientations politiques prônées par le reste de l’équipe l’incitent à prendre du recul. Il quitte le quotidien avant que Serge July n’en récupère la direction.

Serge Livrozet prendra à plusieurs reprises la prison pour thème central de ses ouvrages. Seule une société inégalitaire et injuste explique, selon lui, le maintien de cette répression.

Mais Serge Livrozet à d’autres péroccupations que l’appareil judiciaire : Lettre d’Amour à l’enfant que je n’aurai pas est un pamphlet dans lequel il énumère les milles et unes raisons de ne pas enfanter.

En 1980, il démissionne du C.A.P. afin de ne pas devenir "le Georges Séguy des prisonniers" et surtout, faute de relève suffisante de la part des ex-détenus. Il fonde cette année là une structure à mi-chemin entre l’édition traditionnelle et l’auto-édition : Les Lettres Libres (comprenant bientôt une maison d’édition, une imprimerie et une librairie).

La dicature Démocratique, nouveau pamphlet, paraîtra sous ce label en 1985. Livrozet privilégie alors l’écriture et la lutte sociale. Il retournera pourant en prison lorsqu’en 1986, les policiers découvrent, dans l’imprimerie dont il est le co-gérant, une très grosse somme en fausses coupures. Sur l’un des films utilisés pour l’impression, ses empreintes. Décrit par une certaine presse comme le "cerveau" de l’affaire, notamment à cause de son passé judiciaire et de ses idées sans concessions pour le pouvoir en place, il est immédiatement incarcéré. Trois ans plus tard, il sera aquitté par le jury de la cour d’assises de Paris.

DISTRIBUTEUR : LES FILMS DES DEUX RIVES



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 20 au 26 Septembre 2017

SALLE 1

LA MORT SE MERITE de Nicolas DROLC - (VOF)
Tous les jours : 13h35 (sauf dimanche), 17h20, 20h30, 22h10
Dimanche : 13h00

Mercredi 20 Septembre : Première à 20h30 suivie d’une rencontre avec Serge Livrozet, protagoniste du film et du réalisateur Nicolas Drolc.

Vendredi 22 Septembre : Séance de 20h30 suivie d’un débat.

LAURENT ET SAFI de Anton VASSIL - (VOF)
Tous les jours : 15h15, 20h05

REMBRANDT FECIT 1669 de Jos STELLING - (VOSTF)
Dimanche : 13h10

SALLE 2

HOME de Fien TROCH - (VOSTF)
Tous les jours : 14h40, 18h10

DANS LES PAS DE TRISHA BROWN de Marie-Hélène REBOIS - (VOSTF)
Tous les jours : 13h10 (sauf dimanche), 16h40, 19h00

Jeudi 21 et Mardi 26 Septembre : Séance de 19h00 suivie d’un débat en présence de Marie-hélène Rebois, réalisatrice du film.

KOBLIC de Sebastian BORENSZTEIN - (VOSTF)
Tous les jours : 22h10