ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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TASTE OF CEMENT de Ziad KALTHOUM

SORTIE NATIONALE : 3 Janvier 2018

1h25 – Allemagne, Liban, Qatar, Syrie – 2017

SYNOPSIS

Chaque jour, des ouvriers syriens construisent un gratte-ciel dans le ciel de Beyrouth. Chaque nuit, un couvre-feu leur imposent de s’enfoncer dans leurs entrailles de ciment. Au même moment, la guerre détruit leurs maisons, en Syrie. Peu à peu, les sons et les images de destruction et de reconstruction se mélangent dans une cacophonie onirique : un essai éblouissant sur le sens d’une vie en exil.

BIOGRAPHIE DU REALISATEUR

Cinéaste syrien, Ziad Kalthoum réside actuellement à Berlin. Né à Homs en 1981 et diplômé en cinéma à Moscou, il réalise son premier documentaire " Oh My Heart " en 2009, dans lequel il suit un groupe de femmes kurdes ayant choisi de vivre dans une société sans hommes. Le film a été censuré en Syrie pour des raisons politiques. En 2012, alors que la révolution syrienne éclate, Ziad Kalthoum commence à travailler sur son premier long-métrage, " Le Sergent Immortel ", tout en faisant son service militaire au sein de l’armée du régime.

" Le Sergent immortel " a été projeté au Festival de Locarno en 2014. En 2015, il remporte le prix du " Meilleur Documentaire " du Festival du Film arabe de la BBC. Refusant de combattre son propre peuple, Ziad Kalthoum a déserté l’armée syrienne en 2013 et s’est réfugié à Beyrouth où il a commencé à travailler sur " Taste of Cement. "

FILMOGRAPHIE DU REALISATEUR

- Oh My Heart

2011 - documentaire - 47 min

- Le Sergent immortel

2014 - documentaire - 75 min

- Taste of Cement

2017 - documentaire 85 min

NOTE D’INTENTION DU REALISATEUR

La guerre a pris fin à Beyrouth il y a vingt ans. Lorsque je m’y suis rendu pour la première fois, c’était pour échapper à la guerre qui s’était déclarée dans mon pays, contre lui-même. Je m’installe alors au Liban, j’essaye d’y vivre en laissant derrière moi les souvenirs de la violence et de la mort, mais ceux-ci me rattrapent malgré tout, entre les bâtiments détruits et les avenues délabrées de la ville. Beyrouth a conservé les souvenirs de la guerre dans les fissures de ses bâtisses. Ces souvenirs me ramènent alors à ceux de la guerre qui gronde encore dans mon propre pays.

Au cour de mes recherches sur la communauté des travailleurs syriens à Beyrouth, je tombe alors sur un immense bâtiment de 32 étages qui attire mon attention : au milieu du gratte-ciel, un immense trou dans le sol loge un escalier qui mène au sous-sol.

Plus de 200 travailleurs grimpent ces escaliers tous les matins les uns derrière les autres, comme des fourmis. Ils vivent dans ce trou géant et ne voient la lumière du jour qu’à travers ce puit de lumière qui représente une porte entre le monde souterrain et le monde extérieur. Pour ces travailleurs, ce bâtiment est leur seul lien avec le monde extérieur.

De l’aube et jusqu’à la tombée de la nuit, ils travaillent à la construction du gratte-ciel. Seul le coucher du soleil détermine la fin de leur journée. Leurs yeux tristes observent une ville et une mer qu’ils ne peuvent pas atteindre : " les travailleurs syriens doivent respecter le couvre-feu de 19h " indique la bannière accrochée sur le bâtiment.

À Beyrouth, j’ai l’impression de vivre dans une bétonnière géante. Le matin, je me réveille au son des chantiers et lorsque je marche dans la rue, je suis entouré de sites de construction. À chaque coin de rue, un ouvrier syrien lutte contre la précarité : il porte des matériaux très lourds toute la journée pour encaisser un salaire extrêmement faible, il lutte contre son supérieur et contre la société libanaise qui se sert de lui. Le nombre de travailleurs augmente rapidement à mesure que le nombre de réfugiés s’accroît.

À 19h, les ouvriers descendent l’escalier, se déshabillent et se lavent. Ils allument la télévision, regardent ce qui se passe dans leur pays, la Syrie, afin de voir si leur maison n’a pas été détruite. Puis ils vont se coucher, dans l’attente d’un nouveau jour au sein de cette immense prison surplombant la ville et la mer. Ils réveillent la ville avec les sons des marteaux : les travailleurs syriens sont les coqs de Beyrouth. À travers ce long voyage d’exil, je partage leur identité, leur place.

INTERVIEW

Le film est-il né une idée collective ?

Il y a 3 ans, Ziad est venu me voir avec cet incroyable sujet qu’il avait tourné à Beyrouth. Dès le départ, avec cette base, il était clair pour moi que nous avions quelque chose d’exceptionnel. Le fait d’avoir des personnages qui ne parlent pas dans le film nécessitait de travailler la dramaturgie différemment, c’était un grand challenge, ça nous offrait la possibilité d’y mettre une voix. C’est à ce moment-là que nous avons décidé de travailler ensemble.

Il était impossible de travailler de manière linéaire sur le film, il fallait vraiment jongler entre le son et l’image en permanence. Au moment où nous avons décidé de mettre toutes nos forces, nos influences et nos compétences en commun chez Basis Berlin Filmpoduktion, nous n’avions pas de plan prédéfini.

Au départ nous envisagions de créer une performance avec un orchestre, intégrer de la musique minimaliste, des bruits de bétonnières remixés, etc. mais finalement, il nous est apparu que l’expression brute du documentaire était le meilleur point de départ du projet. Nous avons mis du temps à monter et concevoir l’aspect sonore du film afin de lui rendre sa forme brute. Deux ans et demi après ce travail, le film était fini ! Nous nous sommes étonnés nous-même : nous partions d’une idée très vaste avec plusieurs possibilités parce que nous n’avions pas de financement de la part de la télévision. Ainsi, nous avions un point de départ très libre puisqu’aucune contrainte ne nous étaient imposées.

Pourquoi avoir créé cette dichotomie entre la construction et la destruction à travers le son ?

Les éléments de destruction et de construction, la cacophonie et le silence, étaient essentiels pour la dramaturgie du film parce que c’est comme ça que nous avons reçu l’expérience des ouvriers à Beyrouth. Nous voulions retranscrire les sentiments et le point de vue des ouvriers, afin que les spectateurs puissent vivre l’expérience des ouvriers comme la leur.

Nous souhaitions rythmer le film sur la routine des travailleurs, entre construction et destruction. C’est grâce aux sons que nous avons pu le faire : la cacophonie de la vraie vie et des souvenirs contre des moments de silence complet dans lesquels on se réfugie. Les ouvriers veulent s’extraire de leurs peines intérieures en se tournant vers le silence extérieur. Ce dialogue entre la cacophonie et le silence créé une expérience sensorielle pour le spectateur. Cette dichotomie sonore était essentielle pour dialoguer avec les images.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées sur le film ?

Pour moi, le moment le plus difficile était le travail sur la voix off parce que nous avons des personnages qui ne parlent pas du tout dans le film. Le travail était de faire en sorte que la voix off puisse être considérée par le spectateur comme celle du réalisateur mais aussi incarner celle de l’un des ouvriers.

Nous avons mis plus d’un an à travailler sur cette voix off : nous en avions essayé plusieurs avant de laisser reposer les idées quelques semaines pour les appréhender avec un oeil neuf. Il fallait s’accorder sur la bonne tonalité de chaque mot. C’était l’élément le plus complexe du film.

Peut-on, selon vous, considérer Taste of Cement, comme un témoignage brut de la guerre en Syrie ?

Non, je ne pense pas qu’il s’agisse ni d’un témoignage ni que le qualificatif " brut " soit approprié au film de Ziad Kalthoum. En effet, il est possible de constater le soin apporté tant au niveau de la réalisation que du montage qui contraste avec l’adjectif " brut ". Quant au témoignage, je pense qu’il s’agit davantage d’une réflexion sur la situation en Syrie et du rôle de la relation syro-libanaise dans son histoire des quarante dernières années, à travers le parcours des travailleurs du bâtiment qui apparaissent dans le film.

Face à la censure, comment le cinéma syrien fait-il pour trouver des financements, circuler, etc ?

Plus que la censure, ce sont des risques très grands que prennent ceux qui filment sans autorisation des autorités officielles. Il y a une externalisation du soutien à la création cinématographique.

Co-productrice de " Taste of Cement ", l’association Bidayyat, créée en 2013, qui est basée à Beyrouth, joue un rôle très important dans la production ou le soutien à la création cinématographique. Il y a d’autres structures, pour ne citer que Beyrouth, qui soutiennent cette création comme l’Arab Fund for Art and Culture (AFAC), même s’il ne soutient bien sûr pas que des projets syriens, ni même que des documentaires, ou encore l’organisation non-gouvernementale Ettijahat qui est très impliquée dans le soutien à des projets artistiques ainsi que dans la recherche sur l’importance de la culture dans un contexte de crise, comme en Syrie.

Quant à la diffusion, il faut souligner l’importance des festivals ou, dans un autre registre, les événements culturels et autres manifestations consacrés à la Syrie. Peu de documentaires ont été diffusés en salle ou à la télévision.

Dans Taste of Cement, Ziad Kalthoum s’est éloigné du témoignage brut pour revenir à l’esthétisme pur : comment expliquez-vous ce basculement ?

Je pense d’abord que son film précédent, " Le Sergent immortel ", même s’il intègre des témoignages - ce qui n’est pas le cas de " Taste of Cement " - ne constitue pas un témoignage brut. Ensuite, Ziad Kalthoum a précisé dans un entretien que, si les ouvriers du bâtiments ne parlent pas, c’est également parce qu’ils avaient peur de lui, car ils redoutaient l’usage qui pouvait être fait de leurs témoignages. Ziad Kalthoum explique également que ces hommes étaient dans une situation de crainte générale : du régime, de Daech, du propriétaire de l’immeuble.

Je pense, par conséquent, que cette esthétique que vous mentionnez dépend d’une certaine éthique visant à respecter ceux qu’il filme, de même qu’il se refuse à utiliser des images de corps retirés des décombres, par exemple. La voix-off est peut-être un mélange de l’histoire familiale du réalisateur et de celles des ouvriers qu’il filme. C’est une histoire partagée. Enfin, la question de la mémoire est essentielle, car elle replace ces histoires dans une compréhension plus longue de ce qui se passe aujourd’hui en Syrie, mais aussi, elle est une marque de la réflexivité du réalisateur qui s’interroge sur ce qui lui reste, une fois avoir quitté la Syrie.

DISTRIBUTEUR : JUSTE DISTRIBUTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 17 au 23 Janvier 2018

SALLE 1

ENQUETE AU PARADIS de Merzak ALLOUACHE - (VOSTF)
Tous les jours (sauf vendredi) : 12h50, 16h35, 20h40
Vendredi : 13h35, 16h00, 18h30

Mercredi 17 Janvier : Première à 20h40 suivie d’un débat en présence de Merzak Allouache (réalisateur), Bahia Allouache (Co-scénariste, productrice), Salima Abada (rôle principal) et gilles Boulanger (distributeur).

Mardi 23 Janvier : Séance de 20h40 suivie d’un débat en présence de Merzak Allouache (réalisateur), Bahia Allouache (Co-scénariste, productrice), Salima Abada (rôle principal) et Gilles Boulanger (distributeur).



LAS MARIMBAS DEL INFIERNO de Julio Hernandes CORDON - (VOSTF)
Tous les jours : 15h10 (sauf vendredi), 22h15 (sauf vendredi et lundi)

TASTE OF CEMENT de Ziad KALTHOUM - (VOSTF)
Tous les jours (sauf vendredi) : 19h00

Jeudi 18 Janvier : Séance de 19h00 suivie d’un débat en présence de Geneviève Garrigos, ancienne présidente de Amnesty International.

Dimanche 21 Janvier : Séance de 19h00 suivie d’un débat en présence de Anne Grange réalisatrice du film tadmor et Nadine Naous, réalisatrice du film libanais Home Sweet Home.

DERRIERE LES FRONTS de Alexandra DOLS - (VOSTF)
Vendredi : 20h55

Vendredi 19 Janvier : Séance de 20h55 suivie d’un débat avec la réalisatrice Alexandra Dols et Alain Gresh, directeur du journal en ligne OrientXXI, auteur, avec Hélène Aldeguer de " Un chant d’amour. Israel-Palestine, une histoire française ". Débat animé par le journaliste et écrivain Nadir Dendoune

SALLE 2

THARLO, LE BERGER THIBETAIN de George OVASHVILI - (VOSTF)
Tous les jours : 16h10, 18h20
Mercredi, Jeudi, Dimanche, Mardi : 14h00
Vendredi, Samedi, Lundi : 12h35

VIENNE AVANT LA NUIT de Robert BOBER - (VOF)
Vendredi, Samedi, Lundi : 14h45

ENSEIGNEZ À VIVRE ! de Abraham SEGAL - (VOF)
Vendredi, Lundi : 20h30

Vendredi 19 Janvier : Séance de 20h30 suivie d’un débat avec des élèves et des enseignants du Lycée Autogéré de Paris (LAP).

Lundi 22 Janvier : Séance de 20h30 suivie d’un débat avec Bruno Brisebarre (représentant de la Fédération des Comités de Parents d’Elèves au Val d’Oise (FCPE 95), au Comité EconomiqueSocial et Environnemental d’Ile-de-France (CESER).

LES FEMMES DE LA RIVIERE QUI PLEURE de Sheron DAYOC - (VOSTF)
Jeudi, Dimanche : 20h30

MENINA de Cristina PINHEIRO - (VOSTF)
Mardi : 20h30

MARIANA de Marcela SAID - (VOSTF)
Mercredi, Samedi : 20h30