ESPACE SAINT-MICHEL

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PALMYRE de Monika BORGMANN et Lokman SLIM

SORTIE NATIONALE : 5 Juin 2019

1h43 – Liban - 2016

 

SYNOPSIS

À la suite du soulèvement populaire contre le régime syrien en 2011, un groupe d’anciens détenus libanais décide de rompre le silence sur leurs longues années passées dans la prison de Palmyre, l’une des plus terribles du régime des Assad.

BIOGRAPHIE DES REALISATEURS

 

Née en Allemagne, Monika Borgmann étudie la philologie arabe et les sciences politiques à Bonn et à Damas. De 1990 à 2001, elle travaille comme journaliste free-lance pour la radio allemande et le journal "Die Zeit". Elle est l’auteure du livre "Saïd Mekbel, une mort à la lettre" (2008) publié aux Éditions Téraède.

Né au Liban, Lokman Slim étudie la philosophie à Paris. De retour au Liban, il fonde la maison d’édition Dar al-Jadeed Publishing qui réunit des écrivains reconnus, débutants et controversés. Il est également essayiste et est une figure de premier plan de la préservation de l’histoire du Liban.

De 2001 à 2004, Monika Borgmann et Lokman Slim travaillent sur leur premier long métrage documentaire, "Massaker", qui sortira en France en 2006 après avoir reçu le Prix Fipresci à la Berlinale 2005.

En travaillant sur "Massaker", ils constatent que le Liban ne dispose ni de centre d’archives ni de bibliothèque nationale. En réponse, ils lancent UMAM Documentation and Research en 2004. "Palmyre" est leur seconde collaboration.

ENTRETIEN AVEC LES REALISATEURS

Pourriez-vous nous parler de la genèse du film ?

Notre partenariat avec les protagonistes du film a débuté en 2008. Il nous a conduit à un certain nombre de collaborations dont l’une des plus intéressantes a été une performance live, "La Chaise allemande", conçue et principalement écrit par eux-mêmes et dont des représentations ont eu lieu à Beyrouth et en Allemagne. Nous avons fourni une assistance technique, mais nous avons fait de notre mieux pour éviter d’intervenir. La genèse de "Palmyre" a, par conséquent, été toute sauf aléatoire.

Quelle influence "Massaker", votre documentaire qui dressait le portrait de six des artisans du massacre de Sabra et Chatila, a-t-il eu sur "Palmyre" ?

Ces deux films ont pour points de départ et d’arrivée la confrontation à la violence extrême dans un contexte politique. Pour "Palmyre", comme pour "Massaker", nous avons tenté de résoudre un mystère. Un mystère qui fait pratiquement partie du paysage - surtout dans cette partie du monde où la violence se propage si régulièrement. Dans "Massaker", il s’agissait de comprendre comment un individu lambda peut soudain devenir le pourvoyeur d’une violence indicible – une violence qui va jusqu’à " faire date " et s’attribue, par là-même, une place incontournable dans " l’Histoire ". Dans "Palmyre", il s’agit notamment de comprendre comment il est possible que des hommes que rien ne destinait a priori à des rôles héroïques puissent surmonter une humiliation et une violence extrêmes.

Le mouvement insurrectionnel en Syrie de 2011 a t-il permis à vos protagonistes de pouvoir enfin s’exprimer sur leur expérience ?

À titre individuel, certains des protagonistes du film avaient déjà évoqué cette période de leur vie. Ali Abou Dehn, notamment, a parlé aux médias tout de suite après sa libération en 2000. Mais c’est la répression brutale du soulèvement en Syrie, largement couverte par la télévision et sur le net, qui a fait ressurgir un grand nombre de souvenirs que ces hommes avaient si difficilement tenté d’oublier. "Palmyre" va bien au-delà d’une prise de parole individuelle. Il représente une expérience collective. Il offre à ces hommes qui ont enduré cette expérience odieuse l’occasion de s’exprimer en utilisant tous les moyens qu’ils jugent nécessaires pour s’approcher de l’expression authentique de leurs émotions.

Comment avez-vous géré les possibles syndromes post-traumatiques que ce film pouvait réactiver chez vos protagonistes ? Ne craigniez-vous pas de passer pour des " apprentis sorciers " ?

Le risque était réel. Nous croyons que la méthode que nous avons employée pour atténuer ce risque a donné cependant des résultats probants. Par exemple, tout au long du processus, nous avons consulté une psychothérapeute, Sabine Sayegh-Jodehl, sur les conséquences possibles d’un tel exercice. Tout autant que la compréhension que ce travail avec elle nous a apportée, la confiance lente mais constante que nous avons construite avec les protagonistes du film a été essentielle. Cette relation positive a finalement donné corps à une véritable collaboration, sans lequel il aurait été impossible pour nous de faire aboutir ce projet. Plutôt que de les voir simplement rejouer leur passé, nous avions besoin que ces hommes prennent réellement possession du film. Nous pensons que le résultat parle de lui-même.

Pourquoi confronter le spectateur à tant de douleur et d’horreur ?

Nous ne sommes pas certains que le sujet de ce film soit moins horrible ou douloureux que les nouvelles que nous recevons tous les jours sur nos smartphones ou ailleurs ! Elles semblent simplement plus tolérables en quelque sorte que la grande dose immersive que propose "Palmyre", et qui peut paraître insupportable - incroyable même - pour certains spectateurs. Honnêtement, nous croyons que la grande dose administrée par "Palmyre" - une overdose pour certains - est absolument nécessaire pour transmettre au public la nature perverse des horreurs que ces hommes, jour après jour, ont endurées et que beaucoup d’autres continuent d’endurer.

Pouvez-nous parler de votre travail commun au sein d’UMAM Documentation and Research ?

Une fois "Massaker" achevé, nous avons créé une ONG basée à Beyrouth, UMAM Documentation and Research, à travers laquelle nous interrogeons divers aspects de la mémoire du Liban habitée par la guerre. Heureusement - et malheureusement -, notre travail sur le Liban a fini, à la faveur ou à la défaveur des ondes de choc qui traversent la région, par devenir une forme de prototype pour des pays voisins touchés de façon similaire par la violence. Compte tenu des nombreux facteurs dont nous avons parlé précédemment, la Syrie s’est aussi imposée dans le champ de notre travail.

La situation politique a radicalement changé au Moyen-Orient entre le début de la production du film et aujourd’hui. Non seulement l’équilibre des forces est différent en Syrie et dans toute la région, mais les relations des grandes puissances avec le régime syrien n’ont cessé d’évoluer...

Nous sommes forcés d’admettre que ce que nous voyons aujourd’hui ne représente pas seulement l’effondrement du printemps arabe, mais aussi la prédominance d’une contre-révolution que l’on justifie par la nécessité de lutter contre le terrorisme. Apparemment, le terrorisme n’est toujours pas reconnu comme le sous-produit des décennies d’injustice auxquelles le Moyen-Orient a été soumis... avec la bénédiction de la communauté internationale. Par ailleurs, la situation syrienne - emprisonnement, torture, lutte pour la survie -est, hélas !, très similaire à celles vécues par les populations d’autres pays de la région tels que l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Iran, entre autres. Peu de temps avant son assassinat en 1977, un journaliste avait demandé au responsable politique libanais Kamal Joumblatt ce qu’il pensait de l’état du monde arabe. Et il avait répondu : "La grande prison à ciel ouvert, vous voulez dire ? ". Si "Palmyre" ressemble à un cri dans le désert, alors ce cri très viscéral résonne dans un véritable désert.

Le cinéma était-il la meilleure forme d’expression pour parler de ce que vos protagonistes ont vécu ?

Le cinéma est une forme d’expression qui n’est ni spontanée, ni naturelle. Elle exige de nous tout ce que nous savons sur le sujet. Mais il nous donne néanmoins la sensation qu’au-delà des mots, nous avons pu dire précisément ce qui devait être dit, même à travers la voix des autres, et ce, sous une forme beaucoup plus concrète que nous ne l’avions imaginé.

 

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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 19 au 25 Juin 2019

SALLE 1

ANNA, UN JOUR de Zsofia SZILAGYI - (VOSTF)
Tous les jours: 13h20, 15h05, 16h55, 20h20, 22h05

J’VEUX DU SOLEIL de Gilles PERRET et François RUFFIN - (VOF)
Tous les jours (sauf vendredi): 18h50

HER JOB de Nikos LABOT - (VOSTF)
Vendredi : 18h40

SALLE 2


PERMACULTURE, LA VOIE DE L’AUTONOMIE de Carinne COISMAN et Julien LENOIR - (VOF)
Tous les jours: 15h25, 16h45 (sauf mercredi, jeudi, lundi), 18h00, 20h35 (sauf vendredi, samedi, mardi)

Jeudi 20 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Bruno Parmentier, économiste, écrivain, ancien directeur d’école d’agriculteur d’Angers et conférencier : " Nourrir l’humanité ? "

Samedi 22 Juin : Séance de 18h00 suivie d’un débat en présence de Christophe Bichon, coordinateur des Estivales de permaculture et salarié de l’association le Sens de l’humus.

L’ENSEIGNANTE de Denis DERCOURT - (VOSTF)
Mercredi, Jeudi, Lundi : 16h40
Vendredi : 20h35

Vendredi 21 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Denis Dercourt, réalisateur du film.

PALMYRE de Monika BORGMANN et Lokman SLIM - (VOSTF)
Samedi, Mardi : 20h35

Samedi 22 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Anne Grange, co-productrice du film.

Mardi 25 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence du Dr Ghada Hatem-Gantzer, chirurgien spécialiste des femmes victimes de violence. Thème du débat : Intégrité/Désintégration physique et violences corporelles.

LE FILS de Alexander ABATUROV - (VOSTF)
Tous les jours: 19h15

THE REPORTS ON SARAH & SALEEM de Muayad ALAYAN - (VOSTF)
Tous les jours: 13h00

LES CHINOIS ET MOI de Renaud COHEN - (VOSTF)
Mercredi : 21h50

LA MISÉRICORDE DE LA JUNGLE de Joel KAREKEZI - (VOF)
Dimanche, Lundi : 21h50