ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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FAHAVALO, MADAGASCAR 1947 de Marie-Clémence PAES

SORTIE NATIONALE : 30 Janvier 2019

1h30 – France, Madagascar - 2018

 

SYNOPSIS

On appelait "fahavalo" - ennemis - les Malgaches insurgés contre le système colonial français en 1947. Aujourd'hui, la réalisatrice Marie-Clémence Andriamonta-Paes nous emmène à la rencontre des derniers témoins. Ils nous racontent leur lutte pour l'indépendance et leurs longs mois de résistance dans la jungle, seulement armés de sagaies et de talismans.

CONTEXTE

En août 1946, des milliers de soldats malgaches enrôlés dans l’armée française rentrent enfin à Madagascar, convaincus que de Gaulle va leur donner l’indépendance. Quand ils sont renvoyés dans les plantations coloniales, certains prennent la tête d’une insurrection, violemment réprimée par les autorités françaises. Les rebelles résistent pendant dix-huit mois dans la forêt, galvanisés par les chamanes et le savoir-faire des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale.

TRAITEMENT

Les images d’archives inédites filmées dans les années 40 dialoguent avec les scènes de la vie quotidienne dans les villages aujourd'hui. Les récits des anciens et la musique hypnotique de Régis Gizavo nous transportent dans ce passé refoulé. Le film propose de découvrir le point de vue des Malgaches sur cet épisode méconnu de l’histoire partagée entre l’Europe et l’Afrique.

ENTRETIEN AVEC LA REALISATRICE

Il est des sujets probablement plus aisés à filmer que d’autres. En choisissant de raconter l’insurrection des Malgaches et la terrible répression du pouvoir colonial français en 1947 dans son prochain film documentaire (Fahavalo, Madagascar 1947), la réalisatrice et productrice Marie-Clémence Paes a pris le parti de lever les tabous et les silences sur ces événements pour mieux les questionner.

En travaillant sur ce sujet, vous questionnez également votre propre identité ?

Évidemment ! Je suis le fruit d’une histoire coloniale. Née d’une mère malgache et d’un père français, je suis donc métisse et mariée à un Brésilien. Pour beaucoup de personnes, je ne suis ni Malgache ni Française. Je me sens pourtant 200%, c’est-à-dire 100% Malgache et 100% Française. Selon moi, cette double culture est un énorme avantage et non un handicap. En choisissant ce sujet, j’aimerais raconter les années 1940 du point de vue des Malgaches, notamment des soldats, car je n’ai jamais entendu que la version française de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale à l’école.

Pourquoi le genre documentaire vous semble-t-il le plus adapté pour évoquer les questions mémorielles ?

Le documentaire est un genre puissant pour le questionnement. Ils sont des "machines à réfléchir" et non à distraire. Or, le travail de mémoire ne devrait pas être exclusivement celui des universitaires mais celui de chaque citoyen, de chaque être humain. Le cinéma est un genre populaire qui peut toucher beaucoup de personnes, quel que soit leur niveau d’instruction. J’aime beaucoup cette citation de Churchill, qui était pourtant un dirigeant plutôt libéral : " celui qui ignore son passé est condamné à le revivre ". Il est très important que le réel aide à transmettre les enseignements du passé. Le cinéma documentaire permet de porter avec force le passé jusqu’à nos yeux et nos oreilles, notamment grâce aux archives et aux témoignages.

Pourquoi les crimes commis durant la colonisation en Afrique, et particulièrement celui-ci à Madagascar, sont-ils encore si douloureusement présent dans les mémoires alors qu’ils sont si peu racontés dans le cinéma documentaire ?

Je ne suis pas sûre que les crimes coloniaux soient si douloureusement présents dans les mémoires à Madagascar, par contre ils font de l’ombre et continuent d’affecter la vie des gens à leur insu. Nous sommes maintenant la troisième génération et alors que la quatrième génération arrive, ceux qui ont vécu les épisodes douloureux de l’histoire coloniale n’ont pas pu ou pas voulu transmettre ce qu’ils ont vécu. Les raisons sont multiples et souvent très personnelles. Certains voulaient essayer d’oublier à jamais, par culpabilité peut-être, ou par ignorance, voire par amour pour leurs enfants afin de les protéger. Dans certaines familles, ce sujet est toujours un tabou, un silence tacite par crainte de revivre les douleurs du passé mais aussi par habitude car il fallait se taire pour survivre. La censure et la répression après les événements de 47 ont durablement installé un climat de suspicion et la pratique de la délation, contribuant à épaissir le silence autour des témoignages.

Votre film participe-t-il à un travail de deuil collectif qui permettrait de re-créer des liens entre les générations ?

Si le film pouvait contribuer à faire émerger les conversations dans les familles, ce serait effectivement une bonne chose. Certains ignorent que leurs grand-parents ou même que leurs parents ont été directement touchés par la répression et par les crimes de guerre. Les récits sont parfois difficiles et douloureux mais ce questionnement est nécessaire et salutaire, à l’instar d’une thérapie. Le film n’est pas là pour délivrer un message, mais pour engager l’autre à s’interroger, à poser des questions. En parler est important car la parole peut nous aider à surmonter le deuil.

BIOGRAPHIES

La réalisatrice : Née d’une mère malgache et d’un père français, Marie-Clémence Andriamonta-Paes a grandi à Madagascar. Après des études de sociologie à Nanterre et de marketing au CELSA-Sorbonne, elle crée en 1988 Laterit Productions avec Cesar Paes, société de production, de distribution et d'édition indépendante, qui vise à partager les cultures de Madagascar, du Brésil, d’Afrique et des îles.

Le chef opérateur : Cesar Paes est un documentariste brésilien né à Rio de Janeiro. Il signe l’image de ses propres films et en tant que chef opérateur il a travaillé avec Raoul Peck, Jean-Henri Meunier, Sandra Kogut, Camille Mauduech, Julio Silvão Tavares...

 

DISTRIBUTEUR : LATERIT PRODUCTION



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 20 au 26 Mars 2019

SALLE 1

RÉSISTANTES de Fatima SISSANI - (VOF)
Tous les jours: 12h55, 15h55, 17h20, 20h20, 21h45 (sauf samedi)

Mercredi 20 Mars : Première à 20h20 en présence de la réalisatrice et de la psychanalyste Alice Cherki, suivie d’un débat.

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Youcef Brakni, militant des Quartiers populaires et membre du collectif Adama.

Lundi 25 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Françoise Vergès, politologue et militante féministe.


LUNE DE MIEL de Ioana URICARU - (VOSTF)
Tous les jours: 14h20, 18h45, 21h35 (sauf vendredi et lundi)

THE RAFT de Marcus LINDEEN - (VOSTF)
Samedi : 21h45

SALLE 2


FUKUSHIMA, LE COUVERCLE DU SOLEIL de Futoshi SATO - (VOSTF)
Tous les jours: 15h00, 20h00

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h00 suivie d’un débat avec Kolin Kobayashi, journaliste indépendant, président de l’Association Echo Echanges, membre du comité d’organisation du Forum social mondial antinucléaire, il est le représentant du film en France. Thème : " Le poids du lobby nucléaire. "

Lundi 25 Mars : séance de 20h00 suivie d’un débat avec Yuki Takahata, journaliste, auteur et traductrice, également militante au sein du réseau "Sortir du nucléaire ". Thème " Fukushima, 8 ans après ; l’impact sur la population locale. "

NOUR de Khalil DREYFUS ZAAROUR - (VOSTF)
Mercredi, Samedi, Dimanche: 16h40
Jeudi, Lundi : 13h20

CASTING de Nicolas WACKERBARTH - (VOSTF)
Mercredi, Samedi : 13h20

KABULLYWOOD de Louis MEUNIER - (VOSTF)
Vendredi, Mardi : 16h45

FAHAVALO, MADAGASCAR 1947 de Marie-Clémence ANDRIAMONTA-PAES - (VOSTF)
Tous les jours : 18h20

AMAL de Mohamed SIAM - (VOSTF)
Jeudi, Lundi : 16h45
Vendredi, Mardi : 13h30

UN BERGER ET DEUX PERCHÉS À L’ELYSÉE ? de Philippe LESPINASSE et Pierre CARLES - (VOF)
Dimanche : 13h10