ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
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REMBRANDT FECIT 1669 de Jos STELLING

SORTIE NATIONALE : 19 Juillet 2017

1h51 – Pays-Bas - 1977

SYNOPSIS

Le film raconte la vie du maître légendaire Rembrandt van Rijn (1606-1669), à partir de son arrivée à Amsterdam en tant que peintre reconnu. On y découvre les démêlés amoureux et les difficultés financières d’un homme tourmenté.

Jos Stelling excelle au niveau de la reconstitution de l'époque et réussit le prodige de faire passer la caméra d'un plan vivant à un détail pictural sans qu'on s'en aperçoive, faisant de chaque plan une véritable reproduction de tableau de maître. La caméra devient pinceau, la réalité est saisie, donnant l'illusion d'être celle du XVIIe siècle.

INTERVIEW DE JOS STELLING

D’où vous est venue l’envie de faire un film sur Rembrandt ? Etaient-ce particulièrement les peintures de Rembrandt qui vous attiraient ?

Depuis tout petit, je me suis toujours senti attiré par Rembrandt. J’aimais bien peindre et dessiner, copier les oeuvres du Maître. La grande exposition mondiale à Amsterdam pour le 350e anniversaire de Rembrandt, que j’ai vue avec ma mère à l'âge de neuf ans, m’a beaucoup marqué.

Ma mère joue dans le film le rôle de la mère de Rembrandt. D’ailleurs elle lui ressemble beaucoup. Mon frère Frans, qui est lui-même peintre, interprète le rôle du jeune Rembrandt, et Ton de Koff, un ami marchand d’objets d’art, le vieux Rembrandt. Ton est mort juste après la fin du tournage. Il était déjà bien malade pendant le tournage, ce fut très émouvant. Maintenant, Rembrandt fait en quelque sorte partie de ma famille.

Rembrandt était le héros de ma jeunesse. Pour moi et pour bien d’autres Hollandais, le XVIIe siècle est une période très importante. A l’école, les leçons d’histoire mettaient en avant le patrimoine hollandais de ce siècle en or. La splendeur théâtrale et métaphysique, le jeu avec la lumière comme composante dramatique, et le pouvoir de Rembrandt de sortir du cadre de l’image dans des tableaux sombres et intimes, font de lui un phénomène sans égal.

Avez-vous entrepris des recherches particulières avant de tourner ? Avez-vous demandé à votre équipe de voir certains films ou peintures ?

Les préparations pour le film ont pris plusieurs années et étaient très intenses. Nous avons pris des photos de nombreux portraits avec de la lumière "à la Rembrandt" et avec les vêtements d’époque. On a auditionné des centaines de figurants. De la musique originale hollandaise datant du XVIIe siècle contribuait à recréer l'atmosphère de l’époque.

On a voulu être aussi authentiques que possible. La liste officielle des biens de Rembrandt saisis par les huissiers nous a bien aidés. On retrouve d’ailleurs un grand nombre de ces biens dans ses peintures.

Les musées nous ont prêté ses oeuvres. On s’est beaucoup documentés sur la peinture de Rembrandt. Il était très important d’être sûr que les peintures figurant dans le film étaient de véritables Rembrandt. A la fin du XVIIIe siècle, environ 1600 peintures étaient attribuées à Rembrandt. C’était beaucoup trop. A l’époque, souvent, c’était le Maître qui signait les peintures de ses élèves. Au début du XIXe siècle, les historiens d’art ont réduit le nombre à 800. En fait, il y aurait 300 véritables oeuvres de Rembrandt. Dans le film, toutes les peintures sont de vrais Rembrandt ; j’en suis très fier. Finalement on reconnaît facilement un vrai Rembrandt.

Malgré un bon contact avec le chef opérateur, nous n’avons pas collaboré très étroitement.

J’ai fait des recherches avec mon directeur artistique, Gert Brinkers, avec qui je travaille depuis le début de ma carrière. Il m’a beaucoup aidé. Mon frère Frans, qui jouait le rôle du jeune Rembrandt, a reçu une formation d’historien d’art, et Ton de Koff, l’interprète de Rembrandt vieux, connaissait le sujet sur le bout des doigts. Ils n’auraient jamais accepté d’erreurs… Eux aussi m’ont beaucoup aidé grâce à leur connaissance, leur pouvoir d’entrer dans la peau de Rembrandt et leur patience.

Personnellement, j’ai visité des musées dans le monde entier, de San Fransisco à Saint Pétersbourg. Le plus impressionnant était la visite à la National Gallery à Londres, où l’on peut voir le dernier autoportrait de Rembrandt. Je suis allé spécialement à Londres et j’en ai fait une sorte de pèlerinage. Ce n’est pas sans raison que le film emprunte son titre à cette peinture : Rembrandt fecit 1669, l’année de sa mort.

Comment avez-vous réussi à être si proche de la lumière de Rembrandt ?

La lumière sur le plateau était autant que possible la lumière naturelle. Ainsi, on a éclairé les petits détails à l’aide de bougies et de lampes de poche, et on a tourné avec le plus grand diaphragme (avec toutes les restrictions conséquentes). On a filmé à travers un vieux miroir craquelé pour obtenir l’effet craquelé du vernis.

Comme point de départ, on a pris l’obscur et on a rempli l’image avec de la lumière quand c’était vraiment nécessaire. Le spectateur cherchera tout d’abord la lumière, même si ça vient d’un petit coin de l’image.

Ce qui est beau chez Rembrandt, c’est que la lumière ne vient souvent pas de l’extérieur de la peinture, mais est bloquée dans l’image. Rembrandt a été probablement inspiré par la peinture du Caravage mettant en scène Jésus comme source lumineuse par exemple dans Le Souper d'Emmaüs. La lumière est un personnage à part entière dans sa peinture.

Aviez-vous vu les autres films sur Rembrandt, par exemple celui de Alexandre Korda (1936) avec Charles Laughton, avant le tournage ?

Le film de Korda est pour moi très daté. Il est en noir et blanc, avec des décors mouvants et des toiles peintes. Le film de Korda est trop narratif, ce qui pour moi est le moins intéressant. C’est pourquoi il a raté l’essentiel à mon avis. Mais, après tout, il est sûrement impossible de faire un film objectif sur un artiste vivant ou sur un personnage célèbre. La vérité est presque toujours faussée d’avance. Peut-être aurait-il été mieux de faire un film sur Rembrandt du point de vue d’un de ses élèves, un peu comme Salieri avec Mozart. Cela m’aurait permis une liberté beaucoup plus grande et j’aurais été moins bloqué par le souci d’authenticité.

Quelle est votre oeuvre préférée de Rembrandt ?

Ses autoportraits, et notamment son dernier. Rembrandt y est tellement vulnérable. Mais toutes ses peintures ont pour moi une beauté et une vigueur sans précédent. Cependant, ce qui me vient tout de suite à l’esprit quand je pense à l’oeuvre de Rembrandt, c’est Le Syndic des drapiers.

BIOGRAPHIE DE JOS STELLING

Jos Stelling s'est créé au cours des années une forte réputation tout en donnant à sa carrière un tour particulier.

Né à Utrecht en 1945, il est un cinéaste autodidacte. Après avoir tourné deux documentaires et sept films en 8 et 16 mm, il met huit ans à réaliser son premier film, Marieken van Nieumeghen, adaptation d’un miracle de la littérature hollandaise médiévale. Jos Stelling réunit un groupe d’amis les week-ends pour tourner ce qu’il appelle un documentaire du Moyen-Age. Il rassemble les invalides et les personnes âgées, leur retire leurs prothèses et leurs fausses dents, les habille de haillons et organise une beuverie dans une grange délabrée, boueuse, et au milieu de porcs égarés. Il s'agit de l'histoire d'une jeune femme qui a vécu avec le diable pendant sept ans et qui est secourue par la Vierge Marie. Marieken van Nieumeghen a été montré en sélection officielle à Cannes en 1975, une première pour un film hollandais.

Son film suivant, Elckerlyc (Tous les hommes), s'inspire aussi d'une pièce médiévale du même nom. Tourné sur plus de trois semaines dans un château du XIIIe siècle près de Gand, c’est un film plus modeste dans sa conception et sa réalisation. Son projet suivant, Rembrandt Fecit 1669, remporte des prix à Asolo et Cork, et avec De Pretenders, surprend la critique comme le public.

De Pretenders, petit film plus ou moins autobiographique, se penche sur le week-end de l’été 1962 quand Marilyn Monroe se suicida. " J’ai choisi cet événement car il marque pour moi la fin des "attitudes" des années 50 et le vrai début de l’esprit des années 60. "

Ce film fait définitivement de Jos Stelling un cinéaste et fut particulièrement bien reçu dans les festivals internationaux.

Avec L'Illusionniste, son film suivant, c'est le succès tant national qu'international. Il fait ce film en collaboration avec Freek de Jonge, comédien et artiste de café-théâtre le plus populaire de Hollande. Il reçoit en 1984 le Veau d'Or pour la meilleure fiction hollandaise et reçoit, entre autres, des prix aux festivals d'Orléans et de Sao Paulo.

Adaptation libre du thème de Caïn et Abel, L’Illusionniste est situé dans un paysage hollandais archétypal et mythique : des étendues de pâturages et d’eau.

C’est dans un poste de surveillance isolé que se passe L’Aiguilleur. La vie paisible d’un aiguilleur dévoué se trouve dérangée alors qu’une femme descend d’un train par erreur.

Cette comédie poétique sur le désir refoulé et une passion déferlante est à nouveau un succès international, récompensée par le prix du Jury des Journées du Cinéma Hollandais, le prix du public à Sao Paulo et Fantasporo.

Il tourne ensuite Le Hollandais volant, sélectionné en compétition pour le Festival de Venise en 1995, et un court-métrage pour le programme "Contes Erotiques" de la chaîne de télévision allemande WDR qui a remporté le Veau d’Or à Utrecht, un Griffon d’Or à Saint Pétersbourg et la Rose d’Or de la presse à Montreux. Jos Stelling a depuis également réalisé No Planes, no trains (1999), Duska (2007) et La Jeune fille et la mort (2012).

En dehors d'être l'un des réalisateurs hollandais les plus originaux, Jos Stelling a fait énormément pour la vie culturelle hollandaise à travers l'enthousiasme qu'il a mis à créer et organiser Les Journées du Cinéma Hollandais. Ce festival a lieu tous les ans sous son patronage à Utrecht, en septembre. Il est également le propriétaire de deux salles de cinéma Art et Essai au coeur d’Utrecht : le Springhaver au rez de chaussée de ses bureaux, et le Louis Hartlooper Complex, installé dans un ancien commissariat.

DISTRIBUTEUR : ED DISTRIBUTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 28 Juin au 4 Juillet 2017

SALLE 1

Grande Finale des " Joutes du court-métrage " : Jeudi 29 Juin à 20h00 (tarif unique à 5 euros)

SONGS FOR MADAGASCAR de Cesar PAES - (VOSTF)
Tous les jours : 13h35, 15h15, 16h55, 20h30, 22h05 (sauf jeudi)

Jeudi 29 Juin, séance de 20h30 suivie d’un débat en présence de César Paes, réalisateur et de l’équipe du film.

Vendredi 30 Juin, séance de 20h30 suivie d’un débat en présence de Monique Rakotoanosy, fondatrice de l’observatoire des médias à Madagascar

Lundi 3 Juillet, séance de 20h30 suivie d’un débat avec pour thème : " Madagascar dans la world music ? "

UN JEUNE PATRIOTE de Du HAIBIN - (VOSTF)
Tous les jours : 18h35

SALLE 2

LA MADRE d’Alberto MORAIS - (VOSTF)
Tous les jours : 13h20, 16h40 (sauf samedi), 20h00 (sauf jeudi)

UN JOUR NOUVEAU de Seyyed Reza MIR-KARIMI - (VOSTF)
Tous les jours : 15h00 (sauf samedi), 18h20, 21h35 (sauf jeudi)

LA SOCIALE de Gilles PERRET - (VOF)
Samedi : 15h05

MAÏ MORIRE d’Enrique RIVERO - (VOSTF)
Samedi : 16h45