ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
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 UN PAESE DI CALABRIA, de Shu AIELLO et Catherine CATELLA

SORTIE NATIONALE : 8 Février 2017

1h31 –France, Italie, Suisse – 2016

SYNOPSIS

Comme beaucoup de villages du sud de l’Italie, Riace a longtemps subi un exode rural massif. Un jour, un bateau transportant deux cents kurdes échoue sur la plage. Spontanément, les habitants du village leur viennent en aide. Petit à petit, migrants et villageois vont réhabiliter les maisons abandonnées, relancer les commerces et assurer un avenir à l’école.

C’est ainsi que chaque jour depuis 20 ans, le futur de Riace se réinvente.

ENTRETIEN AVEC SHU AIELLO & CATHERINE CATELLA

Comment avez-vous entendu parler de la petite ville de Riace ?

Catherine Catella : En 2006, nous écoutions une émission de Daniel Mermet à la radio et nous avons trouvé formidable l’idée qu’un village sans doute pauvre puisse revivre grâce à l’accueil des migrants.

Shu Aiello : Mes grands-parents sont d’origine calabraise et Catherine est fille de Siciliens. Nous avions envie d’explorer la question de l’exil et de l’émigration. Nous sommes parties à Riace pour voir de nos yeux ce qui paraissait être une utopie incroyable.

Comment est née l’idée du film ?

SA : Nous ne supportions plus d’entendre dans les informations le vocabulaire utilisé autour de l’immigration. Les mots comme " flux de migrants, débarquement, pression migratoire " nous scandalisent.

CC : C’est insupportable de ne penser qu’en chiffres, sans tenir compte du destin de chaque personne qui émigre. Riace est apparue comme un contreexemple. Là-bas, depuis vingt ans, l’accueil n’est pas vécu comme une source de division, mais au contraire comme la possibilité de partager l’histoire commune du village.

SA : En faisant le portrait de ce village, nous pouvions montrer qu’accueillir de nouveaux habitants n’empêche pas de garder son identité. Nous avons pu filmer des gens simples, plutôt pauvres, qui ont l’intelligence du coeur mais aussi le pragmatisme de penser que l’étranger peut être une chance dans un village désertifié et vieillissant. Ce sont des gens qui ont la mémoire de l’exil des leurs, et qui ont l’habitude de regarder la mer.

Combien de temps a duré le tournage ?

CC: Après un premier repérage en avril 2012, il y a eu cinq sessions de tournage d’une dizaine de jours.

SA : Nous voulions filmer différents temps de vie et assister aux évènements importants du village : les élections, la fête si symbolique des saints patrons du village Cosmo et Damiano, venus de Syrie… un signe.

Qui est à l’origine de ce village d’accueil des migrants ?

SA : En 1998, un bateau avec 200 Kurdes à bord a échoué sur la plage. Domenico Lucano, alors conseiller municipal d’opposition, et une poignée d’habitants ont décidé de les accueillir et de créer une dynamique au sein du village.

CC : Ensemble, avec les nouveaux arrivants, les maisons ont été restaurées. Elles ont servi tant au tourisme qu’à l’accueil des migrants. L’association Città Futura est née. Elle liait l’accueil des immigrés et le développement du village. Domenico a été élu et, depuis, il est toujours maire de Riace. Le village s’est transformé, l’école a rouvert, les magasins se sont maintenus...

Cette décision d’accueil n’a pas rencontré d’opposition ?

SA : Curieusement, l’opposition politique n’a jamais remis en question l’accueil des migrants. Pour une raison avant tout pragmatique : les écoles du village, les épiceries et autres commerces ont rouvert, les habitants majoritairement très âgés ont eu des aides à domiciles, quelques jeunes ont retrouvé un peu de travail… Personne ne veut renoncer à cette renaissance.

CC : Chacun a compris que c’était une vraie opportunité ! La seule opposition silencieuse est celle de la mafia qui voit d’un mauvais oeil se perdre de potentiels "esclaves" pour leurs grandes exploitations.

Quels sont les rapports entre la mafia calabraise et l’émigration ?

SA : La mafia fait travailler des immigrés sur de grandes plantations maraîchères dans des conditions proches de l’esclavage. L’exemple de Riace risque d’influencer ces travailleurs surexploités.

CC : D’ailleurs la mafia fait pression sur le maire et Città Futura : un espace communal saccagé, criblé de balles, des véhicules brûlés, les chiens du fils de Domenico empoisonnés... Mais Domenico résiste avec l’ensemble de la population à ses côtés. L’accueil et la lutte contre la mafia font partie du même combat politique.

SA : Heureusement, le faible enjeu économique que représente Riace et la résistance du maire tiennent la mafia à distance. Même si elle se livre à des intimidations, la réponse collective du village désarme la loi du silence.

Quelle est cette mystérieuse narratrice dont on entend la voix ?

CC : Elle s’inspire de la voix de Rosa Maria, la grandmère calabraise de Shu, enregistrée sur une vieille cassette audio. Dans son récit, j’ai retrouvé celui de mes parents, émigrés siciliens.

SA : En deux siècles 40 millions d’Italiens ont quitté leur pays. Le plus grand exode du 20ème siècle ! Heureusement pour eux, même s’ils ont connu de nombreux drames, ils ne sont pas morts par milliers en mer. Et les pays qui les ont reçus - parfois très durement - ne les ont pas mis systématiquement en camps ou refoulés. Comme eux, les Irlandais, les Polonais et tant d’autres ont tenté une vie meilleure ailleurs.

CC : Les chansons traditionnelles racontent souvent les épopées de ces migrants italiens.

Cette forte solidarité est-elle spécifique à la Calabre ? à Riace ?

CC : C’est effectivement un village où il y a une forte vitalité. C’est en partie lié au projet d’accueil qui a donné une nouvelle énergie au village, avec des jeunes et des enfants, une activité incessante, une nouvelle équipe de foot !! Mais c’est aussi lié aux traditions très fortes de Riace qui continuent à tisser du lien dans la communauté.

SA : En se libérant du poids de la fermeture (dont la mafia est un des moteurs), en s’ouvrant aux autres, les habitants de Riace ont choisi d’affronter la vie avec ses aléas et ses difficultés, et cela les rend forts.

Entretien réalisé par Laetitia Mikles pour l’Agence ECLA

BIOGRAPHIES DES REALISATRICES

Shu Aiello a longtemps travaillé au sein de 13 Productions ; elle a collaboré avec des réalisateurs tels que A. Segal, J.-L. Comolli, I. Pasternak. Très intéressée par les questions de société et d’identité posées par l’Histoire coloniale française, notamment en outre-mer, Shu Aiello a réalisé une vingtaine de documentaires sur ces sujets.

Réalisatrice et monteuse de documentaires, héritière d’une double culture française - italienne, Catherine Catella se consacre depuis longtemps aux questions de l’exil à travers différents médias : films, musiques et expositions.

DISTRIBUTEUR : ALOEST DISTRIBUTION

 

 

 

 

 

 

  

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K 

Programmation du cinéma du 19 au 25 Juillet 2017

SALLE 1

REMBRANDT FECIT 1669 de Jos STELLING - (VOSTF)
Tous les jours : 13h45, 15h45, 17h50, 19h55, 21h55

SALLE 2

KOBLIC de Sebastian BORENSZTEIN - (VOSTF)
Tous les jours : 13h20, 16h45, 20h10, 21h50 (sauf vendredi et samedi)

SONGS FOR MADAGASCAR de Cesar PAES - (VOSTF)
Tous les jours : 18h30

UN JOUR NOUVEAU de Seyyed Reza MIR-KARIMI - (VOSTF)
Tous les jours (sauf jeudi et dimanche) : 15h05

LA MADRE d’Alberto MORAIS - (VOSTF)
Vendredi: 21h50

UN JEUNE PATRIOTE de Du HAIBIN - (VOSTF)
Samedi : 21h50

LA SOCIALE de Gilles PERRET - (VOF)
Dimanche : 15h10

MAÏ MORIRE d’Enrique RIVERO - (VOSTF)
Jeudi : 15h10