ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
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UN BERGER ET DEUX PERCHÉS À L’ELYSÉE de Philippe LESPINASSE et Pierre CARLES

SORTIE NATIONALE : 23 Janvier 2019

1h40 – France – 2018


SYNOPSIS

L’ancien berger, Jean Lassalle, décide de se présenter à l’élection présidentielle. Ni une ni deux, Pierre Carles et Philippe Lespinasse, deux réalisateurs étiquetés de gauche, mais un peu perdus politiquement, décident de passer à l’action :

Ils se proclament ses conseillers de campagne, avec l’ambition secrète de révéler sa vraie nature, celle d’un révolutionnaire anticapitaliste, égaré chez les centristes depuis 30 ans !

Et si Jean Lassalle, après tout, était un Correa à la sauce béarnaise ?

Contre toute attente, le montagnard se qualifie pour le premier tour ! Victoire ? Nos " spin doctors " pieds nickelés et leur champion ne sont pas au bout de leurs surprises…


ENTRETIENS RECIPROQUES ( et vice et versa)

Pierre Carles : À présent que cette aventure a pris fin, du moins pour nous, qu’est-ce qui t’a pris, qu’est-ce qui nous a pris, de vouloir faire de Jean Lassalle le Président de la République ?

Philippe Lespinasse : Oui c’est sûr, après Rafael Correa, le président de l’Equateur et le sociologue béarnais Pierre Bourdieu, les spectateurs vont se demander si on n’a pas perdu la boule ! ll ne faut pas oublier l’atmosphère de déréliction politique dans laquelle nous étions avant l’élection présidentielle de 2017 : le tapis rouge pour les candidats néo-libéraux comme Juppé puis Fillon, avant qu’ils ne trébuchent ; puis les grands médias ouvrant un boulevard à la candidature de droite masquée d’Emmanuel Macron ; les candidats de gauche Hamon, Mélenchon, Poutou, Artaud qui n’envisageaient pas de faire front commun ; les thématiques identitaires et sécuritaires au moment des attentats terroristes djihadistes qui vermoulaient tout le débat… Dans ce contexte absolument déprimant - personne n’imaginait à l’époque que Mélenchon pouvait approcher la barre des 20 % au premier tour - et avoir une chance de se qualifier pour le second tour il n’était pas complètement illogique de se demander qui était finalement le candidat de droite le plus progressiste ou humaniste et se mettre à son service. Ça pouvait être Jean Lassalle. De fil en aiguille on s’est laissé prendre et on a cru au miracle. Maintenant, on peut aussi dire que les deux cinglés qui s’accrochent à Lassalle ne sont pas Carles et Lespinasse à 100 %. Nous sommes aussi devenus des personnages de fiction, " chemin faisant ". Carles et Lespinasse incarnent par ailleurs ces citoyens un peu paumés qui ne trouvent pas leur compte dans l’offre politique actuelle et qui auraient souhaité qu’un homme d’origine modeste, non issu des grandes écoles mais passé par l’école de la vie, rurale, paysanne, puisse être élu par le peuple français pour diriger le pays.

Pierre Carles : Ça aurait pu être Philippe Poutou, ouvrier dans l’industrie automobile et candidat lui aussi à la présidentielle.

Philippe Lespinasse : Sauf que Poutou, qui figure aussi dans notre film, que l’on apprécie bien toi et moi, ne cherchait pas à être Président de la République, contrairement à Jean Lassalle qui, lui, y a cru jusqu’au bout. Et l’équipe de campagne du parti politique de Poutou, le NPA, ne nous aurait probablement pas permis de filmer leur candidat avec une aussi grande liberté. Avec Lassalle, il y avait une possibilité de cinéma qu’il n’y avait avec aucun autre candidat.

Pierre Carles : Ça, ce n’était pas difficile vu qu’il n’y avait pas de staff ou presque, du moins lorsqu’on l’a rencontré. Son staff, c’était nous en partie. On pensait qu’il y avait un moyen de perturber le scénario inéluctable du maintien au pouvoir de ces énarques coupés du monde social, les Hollande, Juppé, Macron… de tous ces fils ou filles à papa sortis des grandes écoles ou des études de droit, inféodés aux élites économiques. Ne pouvait-on imaginer un avenir plus réjouissant ? C’était l’objectif du film qui raconte la rocambolesque épopée d’un berger qui aspirait à diriger le pays. Quand Jean Lassalle m’appelle et me propose de l’accompagner, il nous propose d’entrer de plain-pied dans une légende en train de s’élaborer.

Philippe Lespinasse : Moi, je défends l’idée un peu folle de " poétiser " le monde. Position narquoise, peut-être, mais la seule qui nous encourage à vivre encore, en s’appareillant à quelques semblables, amis, collaborateurs, amoureux et amoureuses, enfants… pour des projets plus vitaux qu’il n’y paraît. Lassalle, ce n’est pas tant une proposition politique singulière, qu’un réceptacle formidable à toutes les utopies. Il ne dit rien et nous nous engouffrons dans cette possibilité " poétique ". J’ai filmé Lassalle comme un auteur d’art brut qui fait de la politique tandis que toi, tu as vu en lui un projet de nouvelle société, dans la continuité de tes films sur l’Equateur de Rafael Correa ou le prochain sur la guérilla des FARC en Colombie. Il pouvait y avoir dans Jean Lassalle une sagesse commune, cette " common decency " propre aux gens d’origine modeste si chère à Georges Orwell. Il aurait gagné - peut-être - s’il s’en était tenu à ces principes de " bon sens ". Bon, je m’emballe un peu… A moi à présent de t’interroger : et toi, comment analyses-tu ce qui s’est passé pendant ce tournage ?

Pierre Carles : Pourquoi s’être rapproché de Lassalle ? Comme tu l’as dit, dans une période de droitisation de la société française où certains avaient réussi à faire croire à une grande partie de la population que l’immigration était la source de quasiment tous les problèmes - plutôt que les cadeaux fiscaux accordés aux plus riches, l’augmentation obscène des profits des GAFA ou des grosses entreprises exemptées d’impôts ou presque… - nous nous sommes auto-persuadés que l’exberger pyrénéen était le seul susceptible de pouvoir porter une candidature de type pacifiste-progressiste, irriguée par ce qu’avaient réussi à faire en Amérique Latine Rafael Correa ou Evo Morales. On s’est aussi dit que Lassalle pouvait avoir l’écoute des classes populaires qui votent Front National. Il pouvait discuter avec eux, sans être forcément d’accord, sans partager leur avis, mais sans les stigmatiser. Il était aussi susceptible de convaincre les classes moyennes angoissées par le sentiment de déclassement social de leurs enfants, puisqu’il en fait partie ; bref, il pouvait être entendu par une majorité de la population française. Voilà une des explications de notre choix. "Un berger et deux perchés à l’Elysée ?" raconte toutes les étapes de cet engagement.

Philippe Lespinasse : C’est un peu sérieux comme présentation, non ? On y croit à peine, d’ailleurs.

Pierre Carles : Mais elle était sérieuse notre entreprise pro-lassallienne ! Pendant longtemps, souviens-toi, on prenait bien au sérieux notre rôle, on ne se voyait pas comme des " perchés ", on était aussi impliqué que lui dans cette histoire. Il faut toujours se méfier des analyses rétrospectives, de notre tendance à réécrire l’histoire après coup. Quand dans le film tu expliques à Nina Faure que Lassalle serait un nouveau De Gaulle mâtiné de " révolutionnaire sud-américain ", tu ne plaisantes pas. Il n’y avait pas de cynisme de notre part. Si nous avions été conscients de l’absurdité de notre démarche, le film serait une mauvaise fiction, et peut être même que nous aurions jeté l’éponge en cours de route.

Philippe Lespinasse : Je ne suis pas tout à fait d’accord puisque dès le départ nous avons filmé les à-côtés, les coulisses, le hors champ. Nous avons senti qu’il y avait un potentiel narratif et humoristique dans ce " making of " d’une campagne présidentielle. Nous nous sommes aperçus au montage que nous tenions une comédie documentaire politique. Je crois que tu as retrouvé " la grinta ", l’envie de marrade de tes premiers films. Réaliser une comédie dans le cadre politique c’est difficile – Frank Capra l’a merveilleusement réussi avec "Monsieur Smith au Sénat", dont nous nous sommes inspirés, l’histoire d’un idéaliste que rien ne prédestine aux plus hautes fonctions et qui découvre les dessous du pouvoir. Dans notre cas, le choix d’entrer dans l’image et dans l’histoire pour créer un trio comique s’est imposé. Mais il y a aussi d’autres raisons, celles que tu as formulées lors de la présentation du film au festival du cinéma méditerranéen de Montpellier…

Pierre Carles : Il m’a fallu la dernière Coupe du monde de football pour que je comprenne l’autre raison pour laquelle j’avais pris fait et cause pour la candidature de Lassalle à l’Elysée. En Russie l’équipe de France a gagné la compétition mais on a préféré le jeu débridé, non calculé, de " petites " équipes comme la Belgique ou la Croatie. En jouant trop défensivement, en calculant beaucoup, la France n’a pas soulevé l’enthousiasme des foules. La Hollande de 1978 qui jouait hyper-offensif, très collectif, avec des joueurs qui portaient des brassards noirs en guise de protestation contre la dictature en Argentine où se jouait cette année-là la Coupe du monde, avait une autre gueule. Peu importe qu’elle n’ait rien gagné. Pareil pour l’équipe de France de football : c’est l’équipe emmenée sur le terrain par Michel Platini, celle de 1982 et 1986, qui nous donne des raisons d’être fiers, bien plus que celle de 1998 ou de 2018. Ces dernières sont des équipes où tout est calculé et programmé. Pas étonnant que Cantona en 1998 et Benzéma en 2018, tous les deux têtus et peu diplomates, comme Jean Lassalle, ne figuraient pas dans l’équipe. Avec ces deux joueurs, on n’aurait probablement jamais gagné la Coupe du monde de football mais au moins on l’aurait perdue avec brio. Voilà la France qu’aurait dû incarner Jean Lassalle : un mélange de Poulidor, de Cantona, de Benzéma, de Platini, de Don Quichotte et de Jeanne d’Arc. Dans le même ordre, la France aurait cessé de bomber le torse sur la scène internationale, aurait cessé de faire illusion, n’emmerderait plus personne. De sixième puissance économique mondiale et de membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU, nous serions passés en quelques années à trentième puissance mondiale, soit la place de la Belgique ou du Portugal. Nous serions devenus un petit pays n’ayant plus les moyens de son arrogance, qui ne ferait plus de mal à personne, ou en tout cas moins de mal qu’il n’en fait aujourd’hui. Voilà l’utopie qu’aurait pu porter Lassalle.

BIOGRAPHIE DE PIERRE CARLES

En vingt ans, Pierre Carles a réalisé ou coréalisé une dizaine de longs-métrages documentaires dans lesquels il est question de critique des médias ( Pas vu pas pris, 1998 / Enfin pris ?, 2002 / Les Ânes ont soif, 2004 / Fin de concession, 2010 ), de remise en cause du salariat ( Attention danger travail, 2003 / Volem rien foutre al païs, 2007 ), de lutte armée ( Ni vieux ni traîtres, 2006 ). Il est également l’auteur de portraits de personnalités subversives comme le sociologue Pierre Bourdieu ( La Sociologie est un sport de combat, 2001 ), le professeur Choron ( Choron dernière, 2009 ), le peintrephotographe Pierre Molinier ( à venir ). Ses derniers films se déroulent au Béarn ( Un berger et deux perchés à l’Elysée ?, 2018 ) et en Amérique du Sud ( On revient de loin, 2016 Equateur / FARC : l’avenir dure longtemps, 2020 Colombie, en cours de tournage ).

BIOGRAPHIE DE PHILIPPE LESPINASSE

Passionné de cabanes, d’art populaire et d’art brut, Philippe Lespinasse est grand reporter et réalisateur, spécialiste en naufrages, en chasses à la baleine, en guerres pétrolières, en pirogues trouées et en chalutiers perdus. ( Le sang du Nigéria, prix du public Figra 2012, Les Forçats de la lagune, prix de l’investigation festival du scoop d’Angers 2014 ). Il a réalisé un long métrage sur des auteurs d’art brut, André et les martiens et pratique le football tous les vendredis dans son village qu’il quitte pour faire des films avec Pierre Carles, notamment Tant Pis Tant Mieux, Roger mort et vif ( en montage ), et Un berger et deux perchés à l’Elysée ?.

DISTRIBUTEUR : JOUR2FÊTE



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 10 au 16 Juillet 2019

SALLE 1

MARIUS de Marcel PAGNOL - (VOF)
Mercredi, Samedi, Mardi : 13h30, 20h30
Jeudi, Dimanche : 18h15
Vendredi, Lundi :
15h45

FANNY de Marcel PAGNOL - (VOF)
Mercredi, Samedi, Mardi : 15h45
Jeudi, Dimanche :
13h30, 20h30
Vendredi, Lundi :
18h10

CESAR de Marcel PAGNOL - (VOF)
Mercredi, Samedi, Mardi : 18h00
Jeudi, Dimanche :
15h45
Vendredi, Lundi :
13h15, 20h30

SALLE 2


LA GRAND-MESSE de Méryl FORTUNAT-ROSSI et Valéry ROSIER - (VOF)
Tous les jours: 13h10 (sauf jeudi, samedi et mardi), 15h50, 20h15

Jeudi 11 Juillet, séance de 20h15 suivie d’un débat en présence du réalisateur Méryl Fortunat-Rossi.

ANNA, UN JOUR de Zsofia SZILAGYI - (VOSTF)
Tous les jours: 18h30, 21h30 (sauf vendredi, samedi)

PERMACULTURE, LA VOIE DE L’AUTONOMIE de Carinne COISMAN et Julien LENOIR - (VOF)
Tous les jours: 14h30, 17h10

VILLE NEUVE de Félix DUFOUR-LAPERRIERE - (VOF)
Jeudi, Samedi, Mardi: 13h05

J’VEUX DU SOLEIL de Gilles PERRET et François RUFFIN - (VOF)
Samedi : 21h30

LE FILS de Alexander ABATUROV - (VOSTF)
Vendredi : 21h30