ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
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RIO CORGO de Sergio DA COSTA et Maya KOSA

SORTIE NATIONALE : 26 Juillet 2017

1h35 –Portugal, Suisse - 2015

SYNOPSIS

Baroudeur, aventurier, compteur infatigable, Silva a fait tous les métiers, arpenté toutes les routes. Arrivé dans un petit village au nord du Portugal, il se lie d’amitié avec une jeune fille, Ana, fascinée par cet homme, bercée par la multitude d’histoires qu’il lui raconte, toujours avec poésie et fantaisie. Ana plonge dans cet univers, peuplé d’êtres surnaturels, de magie. Mais d’étranges crises commencent à affaiblir Silva. Elles le mènent à l’hôpital, où une dizaine de femmes bienveillantes pénètrent en lui. Le sauveront-elles ?

ENTRETIEN AVEC MAYA KOSA ET SERGIO DA COSTA


Comment est né ce film ?

Il est né, comme pour bien d’autres films, d’une rencontre. Mais aussi de la nécessité de sortir d’une impasse.

Au printemps 2012, nous sommes en repérages dans le village d’origine de Sergio, situé au centre du Portugal. Nous développons un portrait rural, mais nous peinons à trouver nos personnages. Un jour, lors d’une pause dans un bar, monsieur Silva fait son entrée. Il est vêtu d’un costume noir, d’un grand sombrero et de santiags décorées par ses soins, exactement comme dans le film.

Il commande sa liqueur favorite et la représentation commence. Il réalise quelques tours de magie et avec sa canne dorée secrètement aimantée, il fait des farces, comme de saisir la monnaie des personnes attablées. Bien alcoolisé, nous lui proposons de le ramener en voiture chez lui, dans un village voisin. Nous le revoyons le lendemain et lui proposons de participer au film. Silva accepte et plusieurs jours de suite, nous tournons de petits essais. Puis, Silva nous annonce que le propriétaire de la maison où il vit le met à la rue. Il accepte la nouvelle sans états d’âme; d’ailleurs, il a déjà un plan. Une nouvelle maison l’attend dans le nord du pays. Le destin est de notre côté, nous partons avec lui dans une région que nous connaissons jusqu’ici uniquement à travers le cinéma. Il s’agit de la terre mythique de Trás-Os-Montes.

Comment est né le personnage de Silva ?

Au moment de notre rencontre, Silva est déjà un personnage, qu’il a façonné toute sa vie. Nous n’avons cherché qu’à l’adapter pour le cinéma. Outre son apparence excentrique, ce qui nous a séduit c’est sa personnalité, son imagination et le contenu riche des ses aventures passées, qu’il restitue de manière très poétique et avec beaucoup d’humour.

Cependant, au fil de l’élaboration du film, Silva change. Le personnage lumineux de notre première rencontre s’estompe sous l’effet d’un traitement médical lourd aux neuroleptiques. Il est soigné pour ses visions, qui disparaissent peu à peu à son grand regret. Silva a l’impression que quelque chose s’éteint en lui. Cet état le mine et il constate: " Je ne suis plus celui que j’ai été ".

Lors du tournage, qui s’écrit au fil des jours, notre travail consiste à " réanimer " Silva. Tout le monde est dans la lutte. Nous cherchons à faire émerger l’ancien Silva tant bien que mal en donnant à voir la tension qui existe entre le Silva du passé et celui du présent. Silva est certes au crépuscule de son existence, mais il résiste et défie la mort, en s’autorisant le choix du moment pour partir.

Le film parle de cette négociation entre la vie et la mort.

Pourquoi avoir choisi cette région du Portugal ?

En suivant Silva, nous découvrons la région montagneuse Trás-OsMontes, très explorée par les cinéastes portugais, ce qui a priori nous met la pression. Nous arrivons en voiture dans le village de Relvas, et là, sur une route sinueuse qui mène à un petit bourg sans issue, naît le premier plan du film et le village devient le décor principal.

Les éléments semblent s’emboiter, nous avons trouvé notre personnage principal et le village, qui nous marque immédiatement. Nous entamons ensuite des repérages en nous éloignant progressivement du village pour découvrir les alentours. Le costume que porte Silva s’intègre à merveille dans les paysages que nous arpentons. Trás-Os-Montes se révèle comme un espace parfait pour un vagabond, un personnage de marcheur. C’est également ici, que Silva a grandi, il a parcouru à pied avec son père les chemins qui mènent d’un village à l’autre, à la recherche de travail.

Quelles types d’interactions souhaitiez-vous créer entre Silva et Ana ?

Comme pour la " réanimation " de Silva, avec la présence d’Ana, qui vit aussi à Relvas, nous reconstituons une amitié qui a existé entre eux préalablement au film. Cette amitié est née de la fascination d’Ana pour Silva. Dans le film, nous creusons l’évolution de cette relation basée sur une curiosité grandissante de la jeune fille pour un personnage extraordinaire. Silva, dans l’antichambre de la mort, trouve dans l’écoute d’Ana une manière de transmettre son héritage, de garder en vie celui qu’il fut.

Le film travaille différents imaginaires, différentes représentations - quelque chose entre une attention naturaliste à laquelle vient s’ajouter un décollement face au réel, une dynamique poétique voire onirique. Pouvez-vous en parler d’avantage ?

Le film articule des faits liés à la biographie du protagoniste principal et des éléments fantasmagoriques insufflés par son imaginaire. Le détachement du réel naît de notre désir de mettre en scène les visions de Silva, de manière artisanale pour coller à son univers. L’imaginaire de Silva entre en résonnance avec notre approche du réel en tant que cinéastes. Notre représentation de la réalité dans le film est intiment liée à notre manière de l’observer : faire émerger la part poétique et onirique qui se cache dans le quotidien. Ici, en partageant avec le spectateur l’expérience du quotidien halluciné du personnage.

Pourquoi ce décrochage final ?

Dans la dernière partie du film, le rythme s’accélère et la mort de Silva se fait pressentir, notamment avec la scène à l’hôpital, où se manifeste la dernière vision. Silva sort de l’hôpital, peut-être uniquement dans son imagination, et il marche dans de vastes paysages. C’est une manière pour nous de rendre hommage à sa vie passée, quand il se déplaçait de village en village et traversait plaines, forêts et montagnes.

Il s’agit en somme d’une projection du devenir du personnage. Il retourne d’où il vient, à la liberté, à la nature, qui est son véritable refuge. Le film permet à Silva de réaliser un désir qu’il ne peut plus accomplir dans la réalité : s’échapper.

Quel rapport entretenez-vous avec le cinéma portugais ?

Lors de nos études, nous avons été tous deux saisis par les films de Pedro Costa, et le choc esthétique qu’a représenté cette découverte. S’il y a influence, elle se joue ici, essentiellement dans le désir de créer de l’épique, du grandiose à partir de la marge.

Depuis, le cinéma portugais fait partie de notre quotidien. Et il est vrai que nous partageons avec de nombreux cinéastes portugais, toutes générations confondues, une approche décomplexée face à l’idée du réel, à sa représentation.

Des cinéastes tels que João César Monteiro ou Miguel Gomes, nous ont appris à nous détacher du naturalisme souvent contraignant pour laisser se déployer notre imagination.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

MAYA KOSA

2015 : Rio Corgo (avec Sergio Da Costa)

2012 : Aux bains de la reine (avec Sergio Da Costa)

2010 : L’Ingénieur et la Prothésiste

2008 : Ulica Pogodna

 

SERGIO DA COSTA

2015 : Rio Corgo (avec Maya Kosa)

2012 : Aux bains de la reine (avec Maya Kosa)

2010 : Snack-bar Aquário

2009 : Entretien avec Almiro Vilar da Costa

 

DISTRIBUTEUR : NORTE DISTRIBUTION

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 28 Juin au 4 Juillet 2017

SALLE 1

Grande Finale des " Joutes du court-métrage " : Jeudi 29 Juin à 20h00 (tarif unique à 5 euros)

SONGS FOR MADAGASCAR de Cesar PAES - (VOSTF)
Tous les jours : 13h35, 15h15, 16h55, 20h30, 22h05 (sauf jeudi)

Jeudi 29 Juin, séance de 20h30 suivie d’un débat en présence de César Paes, réalisateur et de l’équipe du film.

Vendredi 30 Juin, séance de 20h30 suivie d’un débat en présence de Monique Rakotoanosy, fondatrice de l’observatoire des médias à Madagascar

Lundi 3 Juillet, séance de 20h30 suivie d’un débat avec pour thème : " Madagascar dans la world music ? "

UN JEUNE PATRIOTE de Du HAIBIN - (VOSTF)
Tous les jours : 18h35

SALLE 2

LA MADRE d’Alberto MORAIS - (VOSTF)
Tous les jours : 13h20, 16h40 (sauf samedi), 20h00 (sauf jeudi)

UN JOUR NOUVEAU de Seyyed Reza MIR-KARIMI - (VOSTF)
Tous les jours : 15h00 (sauf samedi), 18h20, 21h35 (sauf jeudi)

LA SOCIALE de Gilles PERRET - (VOF)
Samedi : 15h05

MAÏ MORIRE d’Enrique RIVERO - (VOSTF)
Samedi : 16h45