ESPACE SAINT-MICHEL

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PROGRAMME DE LA SEMAINE
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LUNE DE MIEL de Ioana URICARU

SORTIE NATIONALE : 13 Mars 2019

1h28 – Roumanie, Canada, Allemagne, Suède – 2018


SYNOPSIS

Mara, une mère célibataire de trente ans, originaire de Roumanie, travaille comme infirmière aux États-Unis. Elle ne possède qu’un visa temporaire - déjà expiré - mais, après son mariage avec Daniel, un de ses patients, Mara se sent enfin le droit de partir elle aussi à la poursuite du "rêve américain"…


BIOGRAPHIE D’IOANA URICARU

Née dans la Roumanie totalitaire de Ceaucescu, Ioana Uricaru émigre par la suite aux Etats-Unis où elle obtient un Master of Fine Arts à la School of Cinematic Arts de Los Angeles, dans le département Film and Television Production program.

Elle réalise en 2005 son premier court métrage, "Who Loves The Sun" (2005), suivi de "Schattenkind" (2006) et "The Sun and The Moon" (2007). Le film est présenté à Hollywood, au Festival de l’American Film Institute, et dans des festivals européens, dont le Festival international de films de femmes de Créteil en mars 2009.

Elle participe avec quatre autres réalisateurs roumains de la même génération au film collectif "Les Contes de l’âge d’Or", présenté à Cannes, la même année, dans la section Un Certain Regard, écrit et produit par Cristian Mungiu. Il est composé de six histoires courtes évoquant l’époque de la Roumanie communiste.

Ioana Uricaru réalise en 2018 "Lune de Miel", tourné aux Etats-Unis et également produit par Christain Mungiu.


INTERVIEW DE LA REALISATRICE

Pouvez-vous nous dire pour quelle(s) raison(s) vous avez décidé de vous atteler à un tel sujet avec "Lune de Miel"?

C'est une histoire inspirée de ma vie d’immigrée aux Etats -Unis. Je voulais absolument faire un film qui aurait pour sujet une roumaine qui essaie de trouver sa voie en Amérique, car c'était quelque chose que je connaissais bien, surtout du point de vue émotionnel.

Votre film prend également une résonance particulière avec le mouvement #MeToo. Qu’en pensez-vous?

Au début, c'était surtout un film sur l'immigration, puis c’est devenu de plus en plus un film qui traite de la condition de la femme. Quand j'ai commencé le travail sur la première version du scenario, il y a huit ans, ce sujet n'etait pas trop présent dans les médias. Et, en effet, quand le scandale Weinstein a débuté, nous étions déjà en tournage. Donc d'une certaine façon c'est une coïncidence que Lune de Miel traite d'un sujet qui est d’ actualité - c'est impossible de planifier une chose comme ça, mais je crois que ça signifie qu'il y avait des problèmes dans la société américaine qui ont attiré mon attention, et qui attendaient de surgir dans la conscience publique.

Quel est le sens du titre français "Lune de miel"?

C'est une allusion un peu ironique à la différence entre ce qu'on imagine, ou que l’on souhaite, et la réalité - la réalité de l'immigration- qui, dans ce cas précis, se superpose avec une vraie lune de miel après le mariage de Mara.

Pouvez-vous nous dire comment vous avez trouvé vos acteurs, Malina Manovici que l’on découvre (même si elle a joué dans "Baccalauréat") et le jeune garçon?

J'ai organisé des auditions en Roumanie pour les trois rôles roumains - Mara, Dragos et Aniko. J'ai sélectionné les finalistes avec lesquels on a lu tout le scenario. J'ai aussi fait des lectures à deux, - Malina avec des postulants pour Dragos. Malina a aussi fait des essais pour le rôle d’ Aniko, d'ailleurs. Elle m'a convaincue qu'elle pouvait apporter de l'authenticité au personnage. Pour Milan, qui joue Dragos, c'est son premier rôle au cinéma, et il a vraiment été formidable. Il a compris, dès le début,que c'était un vrai travail, et il a été d'un professionnalisme impeccable.

A ce propos, est-il facile de faire jouer un enfant aussi jeune?

Ce n’est pas difficile de faire jouer Milan Il a une intelligence émotionelle et une maturité qui sont tout a fait remarquables, ce qui est le cas du personnage de Dragos d'ailleurs. En plus, il a appris très vite la technique et l’organisation d’un tournage. Il a aidé l’équipe comme un acteur adulte professionel..

Est-ce que vous travaillez avec un scénario très écrit, ou laissez vous une part d’improvisation aux acteurs sur le plateau?

Il n’y a eu aucune improvisation. J'ai beaucoup insisté pour qu'on tourne le scénario de façon fidèle et précise. On a parfois discuté avec les acteurs, mais quand un comédien me dit qu'il ne peut pas dire les mots du scénario, ou qu'il ne les comprend pas, pour moi c'est le signe qu'on a du travail à faire ensemble, et pas qu'il faut changer les mots.

Diriez-vous qu’il est plus difficile pour une femme de faire un premier long-métrage?

Réaliser un premier long-métrage est toujours incroyablement difficile, dans tous les pays. Mais c’est vrai que ça l’est peut-être encore plus aux États-Unis, car il n’y a aucune aide à la réalisation cinématographique - pas de subventions suffisamment importantes, ni de fondations, de bourses, d’agences gouvernementales ou d’organismes publics : le seul moyen de financer votre film est de voyager à travers le monde pour trouver les fonds dont vous avez besoin. Les modes de financement d’un petit film indépendant - comme Lune de miel - sont très différents d’un continent à l’autre.

Aux États-Unis, c’est le genre de votre film et le nom de l’acteur célèbre que vous avez engagé pour y jouer qui est important ; en Europe, ces critères ne sont presque pas pris en compte, ce qui importe c’est que vous ayez un scénario accrocheur et que vous ayez déjà participé à des festivals. Concernant les femmes, les statistiques montrent que le cinéma est un des domaines où elles sont encore très largement minoritaires - aux États-Unis encore plus qu’en Europe. Quand j’étais étudiante en école de cinéma, en Roumanie, j’ai été pendant quatre ans la seule femme à suivre des études de réalisation, et la première admise dans la section depuis de très nombreuses années. Les choses ont un peu évolué nous avons été deux roumaines à présenter nos premiers films à la Berlinale : Adina Pintillie (avec Touch Me Not) et moi. Mais il est certain que j’ai eu de la chance. Je n’ai pas eu l’impression qu’être une femme soit un obstacle à la réalisation de ce premier film : les producteurs et les membres de l’équipe étaient très contents et excités d’embarquer sur ce bateau dont j’étais la capitaine. Ils m’ont fait confiance. Il n’y avait qu’une personne sur les 100 impliquées dans ce projet qui n’était pas à l’aise à 100% à l’idée de travailler avec une femme réalisatrice. Mais je sais qu'il en va autrement pour de très nombreuses femmes qui essaient de faire carrière dans ce secteur et, au vu de mon expérience, c’est encore plus difficile aux États-Unis qu’en Europe. Cela dit, j’ai moi aussi eu a subir mon lot de remarques sexistes… Je ne sais pas si vous connaissez le site "Shit People Say to Women Directors"? C’est un site où les femmes cinéastes peuvent poster anonymement les commentaires et actes dont elles ont été la cible au travail. J’y ai ajouté quelques posts.

Est-il difficile de monter un tel projet qui est une coproduction entre plusieurs pays (Allemagne, Canada, Roumanie, Suède)?

C'était difficile de trouver une solution de tournage en dehors des Etats Unis, car on a pas pu tourner là-bas à cause de problèmes de visa de travail (!!). Donc on a eu beaucoup de chance de trouver un co-producteur canadien ainsi que beaucoup de soutien du gouvernement canadien et québécois. Il a été difficile de garder la foi malgré les années d’incertitude et les moments où j’ai sérieusement douté que le film puisse voir le jour. Et s’adresser pendant le tournage aux membres de l’équipe de différentes nationalités en quatre langues différentes, ou encore organiser la post-production dans trois pays où j'ai dû voyager pendant que je travaillais comme professeur à l'université du Vermont, ça a été très éprouvant mais aussi très énergisant.

Vous avez participé, il y a quelques années, à un film collectif, "Les contes de l'âge d'or". Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours?

J'ai commencé à travailler sur l'idée de Lune de Miel juste après la première cannoise de Les Contes de l’âge d’Or , j'étais à l’époque à Paris pour la Résidence de la Cinéfondation. L'année suivante, j'ai realisé le court métrage, Stopover, écrit par Christain Mungiu et qui a été présenté à Sundance. Ensuite, j'ai failli commencé le tournage de Lune de Miel, mais le montage financier n'a pas fonctionné et j'ai dû tout recommencer à zéro. Quand le financement des quatre pays et du fonds Eurimages s’est mis en place, tout est allé très vite. En mai, nous faisions des repérages à Montréal, et à Noël nous avions la copie digitale finalisée.

Quels sont vos prochains projets?

J'ai deux ou trois idées que je suis en train d’écrire, l’une d’elles a pour cadre la fin de la Seconde Guerre mondiale et analyse à nouveau l’Amérique et l’américanité sous le prisme de l’utopie et celui de la réalité; et surtout j’aimerais ne pas attendre encore huit ans avant de faire un nouveau film!

IOANA URICARU et " LUNE DE MIEL " : UN SENTIMENT DE PRÉCARITÉ

Depuis le début de ses démarches pour entrer dans l'Union européenne - qui s'est concrétisé le 1er janvier 2007 -, la Roumanie a perdu 3 millions d'habitants.

"Pour un pays de 22 millions d'individus (en 2017), c'est un grand choc à vivre dans une période très courte, indique la cinéaste Ioana Uricaru. De nombreuses personnes qui travaillaient dans la construction et dans le milieu de la santé ont quitté le pays. La Roumanie a aussi perdu beaucoup d'ingénieurs et de médecins."

Lune de Miel raconte l'histoire de Mara (Mãlina Manovici), une jeune femme qui, installée aux États-Unis depuis quelques mois, épouse l’un de ses patients d'une clinique de réadaptation où elle travaille. Pleine d'espoir, elle fait venir de Roumanie son fils Dragos, 9 ans. Mais le conte de fées tourne au drame. Son parcours vers l'obtention d'une carte verte est semé d'embûches, d'abus, de violences. Un faux pas de plus et Mara risque de sombrer dans l'abîme.

"Un thème qui m'intéresse beaucoup, c'est le sentiment de précarité. Mara est plongée dans une situation provisoire, très vulnérable et même dangereuse. Elle fait des choix et prend des risques sans toujours penser aux conséquences."

À la fois intense et tout en retenue, Mãlina Manovici n'en est ici qu'à son deuxième rôle au cinéma.

"Je l'ai choisie après de nombreuses auditions en compagnie de Milan Hurduc (le garçon qui interprète Dragos), dit la réalisatrice. La chimie entre Mãlina et Milan est évidente. Elle est très crédible en jouant ce personnage aux choix aventureux."

Ayant elle-même émigré de la Roumanie vers les États-Unis, la cinéaste se sentait à l'aise avec la matière, même si, reconnaît-elle, "la plupart des Roumains qui ont quitté leur pays se sont installés ailleurs en Europe". Il est très difficile d'entrer aux États-Unis. Mais, comme je connaissais le sujet, j'étais en mesure d'écrire des scènes et des dialogues applicables à cette réalité."

TOURNÉ À MONTREAL

"Signe que le pays de l'Oncle Donald contrôle sévèrement ses frontières, le projet d'y tourner le film ne s'est pas concrétisé, plusieurs comédiens et techniciens n'ayant pas obtenu de permis de travail. On s'est alors tourné vers le Québec. Montréal, qui "joue" une ville américaine, est facilement reconnaissable, tout comme certains endroits de la Rive-Sud. La SODEC et Téléfilm ont participé au financement et le générique laisse voir que plusieurs artisans du septième art québécois ont travaillé sur ce long métrage. Le Canada a été une belle doublure. Nous y avons été très bien accueillis et nous avons reçu beaucoup d'appui."

Lune de Miel est produit par Cristian Mungiu, cinéaste roumain récompensé par une Palme d'or à Cannes, en 2007, avec son oeuvre 4 mois, 3 semaines, 2 jours.

"Cristian est très important pour moi, dit la cinéaste. Nous avons étudié le cinéma ensemble, et il a un immense talent. J'ai beaucoup appris à ses côtés."

Lorsque nous lui soulignons que son film comporte quelques longs plansséquences dialogués, ce que nous avions déjà remarqué chez le cinéaste Radu Muntean, un de ses compatriotes, la cinéaste éclate de rire.

"C'est peut-être parce que nous, Roumains, adorons parler et écouter les gens. À la télévision roumaine, nous avons des talk-shows diffusés durant de longues heures. Moi, je vois mes longs plans-séquences comme un refus d'être manipulatrice. Je laisse les choses aller, sans essayer de dire au spectateur ce qu'il doit comprendre."

André Duchesne La Presse

DISTRIBUTEUR : ASC DISTRIBUTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 20 au 26 Mars 2019

SALLE 1

RÉSISTANTES de Fatima SISSANI - (VOF)
Tous les jours: 12h55, 15h55, 17h20, 20h20, 21h45 (sauf samedi)

Mercredi 20 Mars : Première à 20h20 en présence de la réalisatrice et de la psychanalyste Alice Cherki, suivie d’un débat.

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Youcef Brakni, militant des Quartiers populaires et membre du collectif Adama.

Lundi 25 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Françoise Vergès, politologue et militante féministe.


LUNE DE MIEL de Ioana URICARU - (VOSTF)
Tous les jours: 14h20, 18h45, 21h35 (sauf vendredi et lundi)

THE RAFT de Marcus LINDEEN - (VOSTF)
Samedi : 21h45

SALLE 2


FUKUSHIMA, LE COUVERCLE DU SOLEIL de Futoshi SATO - (VOSTF)
Tous les jours: 15h00, 20h00

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h00 suivie d’un débat avec Kolin Kobayashi, journaliste indépendant, président de l’Association Echo Echanges, membre du comité d’organisation du Forum social mondial antinucléaire, il est le représentant du film en France. Thème : " Le poids du lobby nucléaire. "

Lundi 25 Mars : séance de 20h00 suivie d’un débat avec Yuki Takahata, journaliste, auteur et traductrice, également militante au sein du réseau "Sortir du nucléaire ". Thème " Fukushima, 8 ans après ; l’impact sur la population locale. "

NOUR de Khalil DREYFUS ZAAROUR - (VOSTF)
Mercredi, Samedi, Dimanche: 16h40
Jeudi, Lundi : 13h20

CASTING de Nicolas WACKERBARTH - (VOSTF)
Mercredi, Samedi : 13h20

KABULLYWOOD de Louis MEUNIER - (VOSTF)
Vendredi, Mardi : 16h45

FAHAVALO, MADAGASCAR 1947 de Marie-Clémence ANDRIAMONTA-PAES - (VOSTF)
Tous les jours : 18h20

AMAL de Mohamed SIAM - (VOSTF)
Jeudi, Lundi : 16h45
Vendredi, Mardi : 13h30

UN BERGER ET DEUX PERCHÉS À L’ELYSÉE ? de Philippe LESPINASSE et Pierre CARLES - (VOF)
Dimanche : 13h10