ESPACE SAINT-MICHEL

7, place Saint-Michel / 75005 Paris
métro Saint-Michel
Tél : 01 44 07 20 49

  
Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
 News/GrillesBandes AnnoncesTarifsContact 
  Untitled Document

 

L’ASSEMBLÉE de Mariana OTERO

SORTIE NATIONALE : 18 Octobre 2017

1h39– France– 2017

SYNOPSIS

Le 31 mars 2016, place de la République à Paris naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s’essayent avec passion à l’invention d’une nouvelle forme de démocratie. Comment parler ensemble sans parler d’une seule voix ?

ENTRETIEN AVEC MARIANA OTERO

Comment est né ce film ?

Présente comme citoyenne dès les prémisses de Nuit debout, je n’ai pas résisté le 1er avril 2016 - 32 mars selon le calendrier Nuit debout - à prendre une caméra. Il n’y a rien à faire, mon rapport au monde passe par le fait de le filmer. Je ne savais pas ce qui était en train de se passer sur cette place de la République mais je comprenais que c’était extraordinaire et méritait d’être raconté. En plein état d’urgence, plusieurs mois après les attentats, cette place qui avait été un lieu de deuil et de commémoration était transfigurée et devenait un lieu de résistance, de réflexion et d’échanges.

Au départ, j’ai pensé que j’allais rendre compte des diverses commissions et initiatives qui se multipliaient chaque jour sur la place, en mettant régulièrement des scènes en ligne sur internet.

Mais très vite j’ai compris que ce format serait insuffisant. Pour apporter un regard différent des médias qui, eux se focalisaient plutôt sur le spectaculaire sans avoir le temps de comprendre de l’intérieur ce qui se pensait sur la place, il fallait donner le temps au temps et faire un film qui donne une forme à ce qui se construisait jour après jour.

C’était ma façon de participer et de m’engager dans ce que je pressentais comme quelque chose d’historiquement important. Il faut dire aussi que je retrouvais à Nuit debout, une problématique qui m’obsède comme citoyenne et qui fait le coeur de mon cinéma depuis 25 ans : comment construire quelque chose ensemble tout en considérant chacun dans sa singularité? Comment réinventer le collectif ?

Cette question résonnait de mille manières à Nuit debout. Rapidement, j’ai choisi de l’aborder à travers ce qui faisait le coeur battant de ce mouvement, la parole et sa circulation, c’est à dire concrètement l’assemblée et la commission qui avait en charge son fonctionnement. Comment parler ensemble sans parler d’une seule voix ?

Telle était une des questions de Nuit Debout, telle serait la question du film dans lequel je me lançais à corps perdu et sans filet.

Il n’y aurait pas de projet écrit au préalable, pas de temps de préparation, pas non plus de possibilité d’être financé en amont. Il faudrait tout improviser sur une durée indéterminée. Pour moi, habituée à repérer, écrire et préparer avant mes tournages, c’était un plongeon dans l’inconnu. Je rompais avec mes pratiques et méthodes habituelles. Mais j’ai décidé de tenter cette nouvelle manière de faire et de laisser de côté toutes mes activités pour me consacrer à ce récit.

À la différence de vos autres films, celui-ci n’est pas construit sur des personnages, pourriez-vous nous expliquer ce parti pris ?

La question qui me guidait pendant le tournage était celle-ci : comment le collectif accueille l’individu, quelle place il lui fait, comment se conjugue le singulier et le pluriel ?

À Nuit debout cette conjugaison était très différente de tout ce que j’avais pu voir et filmer jusqu’ici.

Des centaines de personnes, pas de chef, pas de représentant, pas un qui vaille plus que l’autre.

L’égalité était totale et en même temps la différence et la singularité de chacun étaient reconnues, affirmées.

La sensation très forte que j’ai eue avec ma caméra, c’était que s’intéresser à l’un des membres de ce groupe plus qu’à un autre, était totalement inadapté à ce qui se passait. Sur la place, l’unité de " mesure " c’était la commission, des gens qui se rassemblent sans cesse : une ou un, plus une ou un autre, et ainsi de suite, sans exclusion. J’ai construit le tournage et donc le film avec cette intuition.

Au cours du film, des êtres apparaissent puis disparaissent en se fondant au milieu des autres dans le plan suivant, pour réapparaitre au détour d’une autre séquence. J’ai conscience que pour le spectateur cela peut être perturbant. Il s’attache à quelqu’un dans une scène et doit ensuite s’en détacher. Mais c’est le monde de Nuit debout, c’est le mode d’être à Nuit debout. La forme narrative à mon sens ne peut pas ne pas la respecter. Comme le dit très bien quelqu’un dans le film " Nuit debout ce n’est pas un corpus de personnes ". C’est pourquoi, je n’ai pas voulu plaquer une forme narrative traditionnelle avec des personnages, sur un réel qui s’inventait autrement. Je conçois ainsi le documentaire, dans une adéquation de sa forme avec le réel filmé.

Dans " Entre nos mains ", quand les ouvrières apprennent que leur usine va fermer, il leur arrive quelque chose. Qu’elles décident de rentrer ou non dans la coopérative, leur refus ou leur acceptation, fait partie de l’histoire : " ce qui leur arrive " est l’histoire. Elles deviennent donc les personnages du film.

Dans le cas de Nuit debout, ce n’est pas ce qui arrive à ceux qui sont sur la place qui fait histoire, mais " ce qui arrive sur la place ". Le héros ici c’est l’assemblée, c’est la parole : Comment circule-t-elle ? Comment se transmet-elle ? Comment se transforme-t-elle ? Le personnage principal c’est donc la parole dans tous ses états, les états de parole et les états de corps qui l’accompagnent, c’est l’énonciation tout autant que l’énoncé. Les visages de ceux qui écoutent tout autant que les visages de ceux qui parlent. C’est le devenir démocratique de cette assemblée.

Comment s’est passé très concrètement le tournage ?

Beaucoup des conditions qui me sont essentielles pour tourner un film n’étaient a priori pas réunies…(rires) À commencer par le nombre de caméras et de " périscopeurs " présents sur la place qui se plaçaient sans vergogne devant mon objectif et compliquaient ma relation aux personnes filmées. En plus, la plupart des gens impliqués dans le mouvement se méfiaient des médias à qui ils reprochaient de s’intéresser à la violence plutôt qu’à la réflexion et au travail sur la place de la République. En pleine commission, lors de débats parfois houleux, je devais expliquer que j’étais réalisatrice et non reporter télé. Pas simple de le faire en quelques minutes, au milieu du brouhaha.

Après quelques semaines, pour nous simplifier la vie, avec mon ingénieur du son nous avons décidé de nous accrocher dans le dos des tissus indiquant que nous n’étions pas les médias mais des documentaristes indépendants !

Il a aussi fallu souvent faire avec la violence policière qui s’est exercée tout au long du mouvement de façon incroyable, que ce soit contre les manifestants, la presse ou les cinéastes.

J’ai subi, comme beaucoup d’autres, plusieurs fois les gaz lacrymogènes et les grenades de désencerclement, en manifestation ou aux abords de la place. J’ai été aussi empêchée de filmer et emmenée au commissariat avec mon équipe après que l’on m’ait confisqué pendant plusieurs heures mon matériel, sous le prétexte mensonger qu’il était interdit de filmer. Bref les conditions n’étaient pas idéales. Malgré ces difficultés, j’ai continué de tourner jour après jour car je me sentais portée par le désir qui circulait sur la place. Et j’avais un atout : le temps. Contrairement aux medias qui s’en sont allés quand la foule des curieux a commencé à refluer, j’ai continué à filmer en ignorant combien de temps cela durerait, quelle forme cela prendrait, et où tout cela irait. Impossible d’anticiper comme sur mes autres films. Là, je filmais à l’instinct en tenant ce fil de l’assemblée, de la parole, de l’écoute et de la démocratie, véritables personnages de ce film.

Comment avez vous monté le film ?

Je savais que le montage serait chronologique et que le film serait en partie mais en partie seulement une chronique. " L’Assemblée " est née d’un événement, la loi El Khomry, et a toujours eu à subir et à prendre en compte les événements extérieurs, comme le " 49.3 " ou la violence policière. Du coup, la réflexion à plus long terme était toujours interrompue par les urgences et l’assemblée devait toujours remettre au lendemain ce qu’elle essayait de résoudre, de mettre en place et de construire. La question est d’ailleurs posée dans une des scènes du film : la priorité est-elle de se battre contre la loi El Khomry ou bien de réfléchir par exemple à l’organisation d’une Assemblée Constituante ou d’un processus de vote ? Je voulais faire sentir cette pression des événements au quotidien.

Et plus généralement, il me semblait important de mettre face à face d’un côté la violence du gouvernement avec l’utilisation du " 49.3 " qui ôtait la parole à l’Assemblée Nationale et l’utilisation de la violence policière qui ôtait la parole aux manifestants, et de l’autre, un mouvement citoyen qui, à l’inverse, cherchait à réinventer une assemblée démocratique et citoyenne où la parole de chacun était prise en compte.

Mais je ne voulais pas m’en tenir à cette chronique. Et c’est pour cela que le montage a été relativement complexe. Il ne s’agissait pas seulement de relater le mouvement jour après jour, avec toutes ses répétitions même si c’était important que celles-ci existent, mais aussi d’en dégager, au delà de ce qui faisait son foisonnement, ce qui en a été son essence et ses questionnements fondamentaux. Le film donne mon interprétation de ce qu’a été ce mouvement.

J’y ai mis des scènes qui, selon moi, donnent à comprendre la multiplicité des enjeux et des questions posés par Nuit debout.

Nuit debout a t-elle été un échec ?

Je ne crois pas. Sauf à considérer que Nuit debout aurait du résoudre en trois mois, les problèmes qui se posent depuis des décennies à notre fonctionnement démocratique. Ensuite Nuit debout ne s’est pas totalement interrompu. Très concrètement, des groupes et des réseaux qui s’étaient créés à Nuit debout continuent de se rencontrer. Mais plus profondément, Nuit debout aura marqué une génération et contribué à politiser toute une frange de la population qui s’était éloignée de la politique " politicienne " des partis. Ce qui a été réfléchi sur les places a irrigué la campagne de 2017 : des thèmes qui ont été travaillés à Nuit debout comme le salaire à vie, la 6ème république, le tirage au sort, la reconnaissance du vote blanc, se sont invités massivement dans la campagne de 2017 alors que les campagnes précédentes avaient été dominées par la sécurité.

C’est pourquoi Nuit debout et ce printemps 2016 s’avéreront peut-être un tournant dans l’histoire de la 5ème république.

Au-delà des 60 commissions qui ont coexisté et traitaient des questions relatives à l’économie, l’organisation des entreprises et du travail, le salariat, l’éducation, la justice, l’écologie, le féminisme… Nuit debout a crié, chanté, pensé le nécessaire renouvellement de nos institutions démocratiques. Nuit debout est le début de cette remise en question de nos institutions qui à mon avis devrait s’imposer dans les années à venir. Et en cela, ce printemps 2016 a ouvert un chemin.

MARIANA OTERO, REALISATRICE BIO-FILMOGRAPHIE

Née en 1963, Mariana Otero, après des études de cinéma à l’IDHEC, se passionne pour le documentaire. Elle réalise plusieurs films pour Arte dont " Non-Lieux " et " La loi du collège " qui est le premier feuilleton documentaire de la chaîne. Entre 1995 et 2000 elle vit au Portugal où elle réalise " Cette télévision est la vôtre ". En dévoilant le fonctionnement de la plus grande télévision commerciale du pays la SIC, ce film créera une énorme polémique. Puis elle revient en France et se tourne vers le cinéma avec " Histoire d’un secret ". Ce film, au terme d’une enquête sur un secret de famille, révèle un tabou politique et social. Il sera primé dans de nombreux festivals internationaux. En 2010, elle réalise " Entre nos mains " qui raconte comment des salariées découvrent une nouvelle liberté en essayant de transformer leur entreprise en coopérative. Ce film sera nommé aux Césars du Meilleur Documentaire en 2011.

En 2013, elle réalise " A ciel ouvert " un film qui permet de comprendre la vision singulière du monde d’enfants psychiquement et socialement en difficulté. En prolongement du film, elle écrit avec Marie Brémond le livre " A ciel ouvert, entretiens ".

Par ailleurs, elle a enseigné aux Ateliers Varan dont elle est membre depuis 2000, à la Femis, à l’université de Jussieu, au Creadoc (Université de Poitiers/ Angoulême) où elle a été responsable du Master 2 Documentaire de Création pendant six ans (2006-2012), à l’ECAL (Lausanne) etc…

Elle est membre de l’Acid dont elle a été co-présidente de 2010 à 2012.

2017 : L’ASSEMBLEE

Festival de Cannes ACID 2017, Festival Résistances de Foix 2017

Etats Généraux du film documentaire de Lussas 2017,

Festival FilmMaker de Milan 2017, Festival du film français à Lisbonne 2017

2013 : A CIEL OUVERT

Rencontres Cinéma de Gindou, Etats Généraux du Documentaire (Lussas),

Mention Festival Traces de vie, Zurick Film Festival , DocAviv (Tel Aviv), Edoc (Quito), Festival International du film de Rio de Janeiro,

Festival de films de femmes de Pékin

2010 : ENTRE NOS MAINS

Programmation Acid Festival de Cannes, Etats Généraux du Documentaire (Lussas), La Rochelle, Festival de Tübingen, Doc Lisboa, Agadir, Buenos Aires, Linds…

Nommé aux César 2011 dans la catégorie meilleur documentaire

2003 : HISTOIRE D’UN SECRET

Festival Festin d’Aden, Lussas, La rochelle, Locarno, Nyons, Buenos Aires, Festival de films de femmes, Primé aux festivals de Valladolid, Florence, Belo Horizonte…

1997 : CETTE TELE VISION ES T LA VOTRE

Mention Spéciale au Festival de Vic-Le-Comte

1994 : LA LOI DU COLLE GE

Prix du Meilleur Film aux 5ème Rencontres du Cinéma Documentaire à Lisbonne

"Jury’s Tip" Prix Europa, 1995

1991 : NON-LIEUX

Prix du Meilleur Documentaire au Festival Cinéma et Banlieue de Vaulx-en-Velin

DISTRIBUTEUR: EPICENTRE FILMS



 


Untitled Document

LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 20 au 26 Septembre 2017

SALLE 1

LA MORT SE MERITE de Nicolas DROLC - (VOF)
Tous les jours : 13h35 (sauf dimanche), 17h20, 20h30, 22h10
Dimanche : 13h00

Mercredi 20 Septembre : Première à 20h30 suivie d’une rencontre avec Serge Livrozet, protagoniste du film et du réalisateur Nicolas Drolc.

Vendredi 22 Septembre : Séance de 20h30 suivie d’un débat.

LAURENT ET SAFI de Anton VASSIL - (VOF)
Tous les jours : 15h15, 20h05

REMBRANDT FECIT 1669 de Jos STELLING - (VOSTF)
Dimanche : 13h10

SALLE 2

HOME de Fien TROCH - (VOSTF)
Tous les jours : 14h40, 18h10

DANS LES PAS DE TRISHA BROWN de Marie-Hélène REBOIS - (VOSTF)
Tous les jours : 13h10 (sauf dimanche), 16h40, 19h00

Jeudi 21 et Mardi 26 Septembre : Séance de 19h00 suivie d’un débat en présence de Marie-hélène Rebois, réalisatrice du film.

KOBLIC de Sebastian BORENSZTEIN - (VOSTF)
Tous les jours : 22h10