ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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HER JOB de Nikos LABÔT

SORTIE NATIONALE : 1 Mai 2019

1h30 – Grèce, France, Serbie – 2018


SYNOPSIS

Athènes, de nos jours. Panayiota est une femme au foyer, complètement dévouée à son mari et à leurs deux enfants. Elle est peu allée à l’école, ne sait pas lire, a quitté la demeure familiale pour le domicile conjugal, passant d’une domination à une autre. Crise oblige, Panayiota, pour la première fois de sa vie, doit travailler ailleurs qu’à la maison et se risquer ainsi à l’autorité et la subordination, mais aussi à l’amitié, la lutte et le goût de la liberté.

ENTRETIEN AVEC NIKOS LABÔT

Qu’est-ce qui vous a donné envie de raconter le parcours de cette femme ?

Je me suis inspiré d’une histoire vraie, celle d’une femme sans qualification professionnelle qui, en trouvant du travail, a fait la découverte de l’autonomie et de l’indépendance. Son point de vue sur sa situation, au regard des conditions difficiles dans lesquelles elle devait travailler, m’a interpelé. Comment pouvait-elle se sentir devenir quelqu’un dans des conditions de travail si terribles ? Comment supportait-elle cette situation chaque jour ? Elle voyait ce travail comme une chance. Elle en parlait comme de la chose la plus importante de sa vie. L’histoire simple et vraie de cette femme, racontée à travers l’expérience de son premier emploi, était comme une piqûre de vérité dans nos têtes et nos coeurs, révélatrice et bouleversante. C’est ce qui m’a décidé à faire de l’histoire de cette femme-là, un film

Comment décririez-vous Panayiota ?

Panayiota est naïve et romantique. Elle est illettrée, elle en a honte, avec en permanence la peur de mal faire, de ne pas comprendre… Elle est fragile et tout le temps rabaissée par sa famille. C’est une femme au foyer qui aimerait s’émanciper, paradoxalement cette émancipation va, passer dans un premier temps par une autre forme d’aliénation, un travail de manutentionnaire éreintant, la soumission à une hiérarchie qui l’exploite, dont elle va finalement se libérer par un processus de prise de conscience long et complexe. Au fur et à mesure du film on voit les choses changer, à travers de simples détails, dans les plans, les décors, la manière dont l’organisation et les relations au sein du foyer sont bouleversées.

Au départ, crise oblige, Panayiota doit travailler pour subvenir aux besoins des siens. Petit à petit elle développe des liens avec ses collègues logées à la même enseigne. Elle ne se rend pas compte tout de suite que la société qui les emploie les exploite. Elle est même plutôt reconnaissante d’avoir cet emploi. Même prévenue au dernier moment, elle accepte poliment les heures supplémentaires, n’hésitant pas à en redemander. Elle se sent utile et nécessaire, pour elle c’est une révélation et une révolution personnelle.

"Her Job" est construit autour de cette femme en quête d’elle-même qui trouve dans son travail une forme de libération. C’est très intime, on entre dans son quotidien…

Oui, absolument. Je voulais raconter cette histoire de la manière la plus réaliste possible. Dans la vie, les situations se déroulent directement sous nos yeux, en temps réel. Au cinéma, il en est autrement puisque tout est question de représentations. Ce qui m’importait, c’était de réussir à capturer les instants du quotidien de Panayiota, ses émotions qui passent par son visage, ses yeux, des positions de son corps. C’était comme une chorégraphie sentimentale à mettre en place. J’ai travaillé avec la comédienne Marisha Triantafyllidou (Panayiota) pendant près de deux ans, sur les détails physiques, les sentiments qui devaient être exprimés au tournage, sur les dialogues également.

"Her Job" est un film qu’on peut qualifier de " réaliste ". Quels étaient les enjeux liés à ce choix pour vous en tant que scénariste et réalisateur ?

Dans le scénario, j’ai essayé de m’en tenir à des dialogues simples. En revanche, durant les répétitions et sur le tournage, j’ai laissé la place à des moments d’improvisation, pour un jeu plus vivant et spontané. Je voulais rester fidèle à l’évolution et aux émotions du personnage principal. J’ai posé ma caméra au plus près des acteurs, physiquement et émotionnellement. Les comédiens se savaient filmés le plus souvent en plan moyen, j’étais près d’eux tout le temps.

Ensuite au montage, avec Dounia Sichov, nous avons dû saisir le tempo des émotions du personnage de Panayiota.

Comment en êtes-vous venu à travailler avec Marisha Triantafyllidou ?

J’ai auditionné beaucoup d’excellentes actrices. Au casting, je ne donnais pas d’indications sur mon héroïne, je voulais voir ce qu’une actrice pouvait instinctivement apporter au rôle. J’avais remarqué l’éclat avec lequel Marisha faisait remonter des aspects du personnage qui étaient encore inconnus ou invisibles. J’ai vu chez elle la même force qui passait à travers l’apparente fébrilité de Panayiota. Marisha semblait porter elle aussi un lourd fardeau. C’est une personne et une actrice magnifique, capable de donner corps à un personnage simple, à peine soignée, quasiment invisible.

Le contexte économique du film est à souligner. La crise frappe fort. En devenant femme de ménage dans un centre commercial, Panayiota doit faire face au monde du travail, impitoyable et compétitif, ainsi qu’à des schémas de domination patriarcale persistants au sein-même de son propre foyer.

Lors de cette dernière décennie, la Grèce a beaucoup changé. Je le vois tous les jours. Cela touche aussi ma famille, mes amis. Je suis affecté par tout ça, mais "Her Job" n’est pas un film sur la crise elle-même, elle est au second plan. J‘ai avant tout voulu montrer ce que les gens ressentent dans cette situation, ses effets disons. L’histoire de Panayiota décrit l’absurdité d’un système qui n’est pas seulement le cancer de la Grèce mais qui touche le monde capitaliste confronté à la rentabilité à tout prix. Dans ce sens, on peut voir "Her Job" comme un film politique, pas seulement parce qu’il se déroule sur fond de crise, mais parce qu’il décrit la décomposition de la société à travers la perte des emplois et du lien social. Ce sont les effets de la crise sur les personnages qui m’intéressaient, leur impact, et pas seulement économique.

Que peut-il sortir de positif de tout ce gâchis ?

Le paradoxe est bien là, c’est la crise qui oblige à Panayiota, par la force des choses à sortir de chez elle. Mais c’est sa force à elle qui lui permet d’ouvrir les yeux sur sa situation et de restaurer l’image négative qu’elle avait d’elle-même. Le travail au sein des entreprises d’entretien gérées par des compagnies privées est terrible. Pendant la crise, c’est allé en empirant. J’ai rencontré plusieurs travailleurs dans ce milieu, à qui j’ai fait lire le scénario. Ces histoires d’exploitation sont connues de tous, on peut les lire dans les journaux. Ainsi va la vie. Certains essaient de se battre, à l’image des deux syndicalistes avec lesquelles travaille Panayiota. Beaucoup restent silencieux face à la menace bien réelle de se faire virer s’ils bougent une oreille. Et comment nourrir sa famille si plus de salaire ? Quelqu’un comme Panayiota n’a a priori pas de conscience politique, elle n’analyse pas ce qui se passe, elle subit c’est tout. Quant au patriarcat, je dirais que la famille de Panayiota est un parfait stéréotype de la famille grecque. Kostas, son mari, ne supporte pas d’être sans emploi alors que sa femme en a décroché un. Il sait que toute la famille a besoin de cet argent, et que sa femme travaille pour subvenir à leurs besoins. Je voulais être juste vis-à-vis de ce personnage. Ce n’est pas qu’un macho, c’est un type fragile et préoccupé. C’est aussi une victime.

Quels étaient les principaux défis durant le tournage du film ?

Le plus important a été de créer un personnage en apparence simple et ordinaire qu’on pourrait ne pas remarquer, et en même temps, lui trouver des nuances afin que l’on en saisisse la profondeur. Que l’on comprenne qu’il s’agit d’une personne pleine d’amour et de force. C’est un personnage porteur d’espoir.

Comment se porte le cinéma indépendant grec aujourd’hui ?

Depuis une dizaine d’années, le cinéma grec se porte très bien à l’étranger. Il est représenté dans les grands festivals internationaux, et sa distribution hors du territoire est bien menée. Nous avons quantité de bons films et de bons réalisateurs ici. Malheureusement, le public grec y est peu sensible car nous avons un problème de distribution. Nous avons les moyens de faire des films, et des institutions existent, comme le Greek Film Centre. Mais j’ai souvent la sensation qu’il faudrait faire plus. Avec plusieurs camarades cinéastes, nous avons essayé d’informer l’équivalent du CNC grec de cette situation concernant la distribution nationale. J’espère que les choses vont évoluer, et je ne parle pas seulement d’argent ici, mais bien d’une stratégie de distribution et de promotion à repenser. Les enjeux de la distribution des films en Grèce sont un vrai défi, pour le présent et l’avenir.

Propos recueillis par Ava Cahen.

BIOGRAPHIES

Nikos Labôt

Nikos Labôt a étudié la réalisation à Athènes. Il a travaillé comme assistant réalisateur de longs et courts métrages en Grèce et en France. Il a tourné des vidéoclips, trois courts métrages et un documentaire de création. "Her Job" est le premier long métrage de fiction qu’il réalise.

Marisha Triantafyllidou

Marisha Triantafyllidou est née à Tashkent, en Ouzbékistan et a grandi à Thessalonique, en Grèce. Elle est une actrice reconnue tant au cinéma qu’à la télévision. Elle vit et travaille à Athènes.

DISTRIBUTEUR : JOUR2FETE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 19 au 25 Juin 2019

SALLE 1

ANNA, UN JOUR de Zsofia SZILAGYI - (VOSTF)
Tous les jours: 13h20, 15h05, 16h55, 20h20, 22h05

J’VEUX DU SOLEIL de Gilles PERRET et François RUFFIN - (VOF)
Tous les jours (sauf vendredi): 18h50

HER JOB de Nikos LABOT - (VOSTF)
Vendredi : 18h40

SALLE 2


PERMACULTURE, LA VOIE DE L’AUTONOMIE de Carinne COISMAN et Julien LENOIR - (VOF)
Tous les jours: 15h25, 16h45 (sauf mercredi, jeudi, lundi), 18h00, 20h35 (sauf vendredi, samedi, mardi)

Jeudi 20 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Bruno Parmentier, économiste, écrivain, ancien directeur d’école d’agriculteur d’Angers et conférencier : " Nourrir l’humanité ? "

Samedi 22 Juin : Séance de 18h00 suivie d’un débat en présence de Christophe Bichon, coordinateur des Estivales de permaculture et salarié de l’association le Sens de l’humus.

L’ENSEIGNANTE de Denis DERCOURT - (VOSTF)
Mercredi, Jeudi, Lundi : 16h40
Vendredi : 20h35

Vendredi 21 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Denis Dercourt, réalisateur du film.

PALMYRE de Monika BORGMANN et Lokman SLIM - (VOSTF)
Samedi, Mardi : 20h35

Samedi 22 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Anne Grange, co-productrice du film.

Mardi 25 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence du Dr Ghada Hatem-Gantzer, chirurgien spécialiste des femmes victimes de violence. Thème du débat : Intégrité/Désintégration physique et violences corporelles.

LE FILS de Alexander ABATUROV - (VOSTF)
Tous les jours: 19h15

THE REPORTS ON SARAH & SALEEM de Muayad ALAYAN - (VOSTF)
Tous les jours: 13h00

LES CHINOIS ET MOI de Renaud COHEN - (VOSTF)
Mercredi : 21h50

LA MISÉRICORDE DE LA JUNGLE de Joel KAREKEZI - (VOF)
Dimanche, Lundi : 21h50