ESPACE SAINT-MICHEL

7, place Saint-Michel / 75005 Paris
métro Saint-Michel
Tél : 01 44 07 20 49

  
Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
 News/GrillesBandes AnnoncesTarifsContact 
  Untitled Document

TOMBÉ DU CIEL de Wissam CHARAF

SORTIE NATIONALE : 15 Mars 2017

1h10 – France, Liban– 2016

SYNOPSIS

Après 20 ans de séparation, Samir, ancien milicien présumé mort, réapparaît dans la vie d’Omar, son petit frère devenu garde du corps à Beyrouth. Entre drame et comédie, Samir doit se confronter à un pays qui ne lui appartient plus.

BIOGRAPHIE DU REALISATEUR

Wissam Charaf cinéaste autodidacte libanais et français basé entre Beyrouth et Paris.

Après avoir travaillé dans des radios indépendantes à Beyrouth a la fin des annés 80, il part pour Paris en 1998. Il travaille comme monteur et cadreur de reportages pour la chaine ARTE. Depuis, il a couvert la plupart des zones de conflit comme le Liban et le proche-orient mais aussi le Darfour, l’Afghanistan ou la Corée du Nord. Pendant cette période il a également été asssistant réalisateur sur des vidéo-clips (Sinead O’Connor, Asian Dub Foundation, Noir Désir entre autres) réalisés par Henri-Jean Debon.

Il a réalisé 4 court-métrages : Hizz Ya wizz, Un héros ne meurt jamais, l’Armée des fourmis, et Après ainsi qu’un documentaire It’s all in Lebanon. Ces films ont participé a de nombreux festivals, comme Locarno, Belfort, Clermont-Ferrand, Visions du Reel, Carthage, Rotterdam, Dubai et d’autres.

Tombé du ciel, qui fait sa première mondiale à la Sélection ACID du Festival de Cannes 2016 est son premier long-métrage.

ENTRETIEN AVEC WISSAM CHARAF

Beaucoup de films libanais parlent encore de la guerre civile. C’est un thème récurrent alors que celle-ci est terminée depuis plus de 20 ans.

La guerre civile a façonné l’existence des gens de ma génération. Je suis né en 1973 et la guerre a éclaté en 1975. Les combats ont durablement et profondément marqué mon enfance et aujourd’hui, cela coule de source de voir ce conflit qui a fait plus de 200 000 morts planer sur les oeuvres artistiques de ma géneration. On ne sort pas indemne d’une telle expérience. Tombé du ciel n’aborde pas cette thématique frontalement. Il l’aborde plutôt d’une façon décalée, qui touche à la fable et au fantasme, L’héritage de la guerre influe énormément sur le quotidien du Liban d’aujourd’hui.

Comment aborder ce va-et-vient incessant entre le passé guerrier et le présent pacifié?

La guerre, qui fait partie du passé, revient en creux, sans même qu’on le fasse exprès, dans le Liban contemporain du film. Car ce sont des personnages qui ont refoulé la guerre en eux. Mais on ne peut pas refouler éternellement. Du coup, la guerre débarque ponctuellement, par des explosions de violence mais également par des moments d’apathie là où il faudrait agir. On a l’impression de danser au bord d’un volcan. Et le film nous installe précisement dans cette zone volcanique qu’est le Liban d’aujourd’hui. Beyrouth, c’est une zone indécise, cette ville ressemble parfois à un asile de fous à ciel ouvert. C’est comme une belle fille un peu cinglée qu’on a envie d’aimer mais dont on a peur qu’elle pète un câble un matin, sans prévenir. Un beau pays paumé qui vit dans le chaos, une société anxieuse et bipolaire en proie à tous genres d’extrêmes. On rêve de porter un flingue comme Omar, on rêve de faire de la politique mafieuse comme Yasmine ou bien on sombre dans l’alcool et on rêve de partir comme Rami. Ni repères ni perspectives et ça ne vient pas de nulle part, cette perte de repères. C’est à mon avis parce que notre société est réellement traumatisée par la guerre civile. Il n’y a pas eu de travail de mémoire. Au Liban on n’est pas en paix avec notre passé. Tout ce qu’on s’est contenté de faire, c’est essayer d’oublier.

Vous avez tourné au format carré, pourquoi ce choix?

C’est d’abord un choix esthétique, un choix personnel. Je trouve les images en 1.33 plus belles, plus proches de la réalite, plus crues. C’est également un cadre qui semble emprisonner, fixer des limites de champ plus étroites sur les côtés et ainsi faire transparaître une vie plus étriquée que la normale. Mais c’est aussi un cadre qui oblige, si on veut y faire passer une énergie, à aller dans la profondeur, au propre comme au figuré.

Dans l’histoire de ce film, tout semble gratuit et à la surface, mais en fait rien ne l’est. Il faut chercher en dessous, dans le refoulement, dans l’héritage qui transparaît en creux. Au Liban, tous les jeunes rêvent de partir. Et dans le film, on arrive difficilement à se défaire du cadre que constitue l’héritage de la guerre civile. Du coup, quand les deux frères arrivent à trouver une place dans ce cadre, c’est une place discutable et c’est là que se situe mon intérêt, dans cette zone trouble.

Les deux frères fonctionnent différemment dans ce cadre de l’héritage de la guerre.

Samir, prisonnier de son passé, débarque dans le présent avec la silhouette décharnée d’un vautour. Il n’arrive plus à faire sa vie dans le présent qui le rejette. A la fin du film, il quitte enfin le cadre par une sortie de champ, de la même manière qu’il y est entré, par une entrée de champ. Il marche, tombe, saute, nage, se fait porter, louvoie en permanence. C’est le seul personnage qui arrive à franchir les limites du cadre, de l’héritage, le seul qui arrive à s’en aller.

De son côté, Omar est déjà dans le cadre depuis sa première apparition dans le film. Il est bien là, enchaîné à son quotidien morose, à son héritage. Son corps, ses poils, sa carrure, son mutisme, ses sursauts de violence donnent au personnage une chair, un ancrage dans le présent. Mais il est également prisonnier du passé. Il s’approprie maladroitement une existence qui aurait pu être la sienne, dans un espace-temps fantasmé, s’il était né quelques années avant, s’il était plus assuré, s’il savait mieux remonter un flingue... Il refoule, et semble résigné à le faire. Sauf un soir de fête, autour d’une piscine, pendant que personne ne regarde. Les paroles de la chanson qu’on entend sur la scène du baiser disent en libanais : "Mets tes lèvres sur mes lèvres, personne ne regarde, approche..."

Comment aborder la comédie burlesque et la nostalgie dans le même film ?

C’est un film à deux tons qui oscille sur une ligne tenue entre deux émotions voisines : rire et tristesse. L’un est tapi au creux de l’autre en permanence. Le film traite de petites choses terribles, d’une manière qui se rapproche d’un obscur désespoir, le tout sur un ton de dérision comique, de comédie foutraque qui évite à tout prix le drame social au premier degré. Au montage, il a fallu doser ce double ton. Avec William Laboury, le monteur, Martin Rit, le chef-opérateur et Mariette Desert, la co-scénariste, nous discutions chaque version de montage pour essayer d’en tirer la sève, le mélange adéquat de burlesque et de mélancolie.

Quelle est votre approche du comique?

Ce sont des blagues qui peuvent aller du vulgaire (un rot ou un vomissement) à un comique de situation (un homme dans un salon de pédicure) jusqu’à une citation d’un film de João Cesar Monteiro (Antigone with the wind) ou encore l’absurdité d’un vendeur de voitures qui apprend l’allemand en lisant Mein Kampf. Les situations et les gags sont parfois tellement loufoques et improbables que je me devais de les traiter frontalement, sobrement, sans pour autant être sec ou austère, afin qu’elles passent pour des évidences. Il faut, dans ce genre d’exercice, couper au bon moment, éviter que le gag s’essouffle, qu’il ne devienne lourd. Sinon, on se rend immédiatement compte que c’est complètement tiré par les cheveux.

C’est un film de fantômes, une idée assez classique, sauf que vous injectez vos fantômes dans la réalité sans effets spéciaux.

C’est une parodie du film de genre qui utilise la figure centrale du revenant. Quelque part, tous les personnages du film sont des fantômes, menant des existences risiblement absurdes. Ils ont une part de comique, mais aussi une part inquiétante, imprévisible.

Mais si on veut parler du fantôme principal (Samir), son apparition se fait de manière graduelle. De petits dysfonctionnements font leur apparition dans la logique d’un quotidien très présent. Et peu à peu, l’aspect fantomatique vient phagocyter le présent jusqu’à devenir le ton dominant. Quant à la réaction d’Omar vis-à-vis de ce fantôme, elle est stoïque. On est probablement surpris d’abord par son "acceptation" de ce fantôme, mais ce que j’ai voulu dire par là, c’est qu’au final les grandes douleurs sont muettes.

Enfin, pour la prise de conscience du frère sur sa nature irréelle, j’ai voulu procéder par une méthode d’élimination : il se rend compte tout seul qu’il y a quelque chose qui cloche chez lui. Il a rempli le cahier des charges d’un être qui n’est pas humain. Et il en tire ses conclusions.

Votre direction d’acteurs est très sobre. Y a-t-il une direction d’acteurs?

Je choisis mes comédiens en fonction de ce qu’ils dégagent, sans qu’ils n’aient grand chose à faire. Raed Yassin, qui joue le rôle d’Omar, c’est d’abord un corps. Un corps d’oriental en surpoids, un corps poilu, qui sue, qui pivote sur lui-même sans tourner le cou à droite ou à gauche. C’est très impressionnant. Et dans ses yeux, il y a un regard extrêmement enfantin. Il est complètement hors normes. C’est un comédien qui a joué dans presque tous mes court-métrages. Quant à Rodrigue Sleiman, qui joue le rôle de Samir, il ne fait pas son âge, il flotte entre la trentaine et la cinquantaire, c’est ce qui m’a le plus touché chez lui, cette incertitude. Aux deux comédiens, mais aussi aux autres rôles, j’ai demandé d’en faire le moins possible, de rester sobre, de ne pas penser à la psychologie ou aux émotions. C’est ainsi qu’ils ont pris leur force, en disant simplement leur texte, comme ils le diraient dans la vie de tous les jours, et en se débarrassant de tout le superflu. Cela en a désarçonné plus d’un au début, car le sur-jeu est une habitude bien implantée dans le corpus des comédiens libanais, mais au final tout le monde a trouvé ça comme un changement somme toute assez rafraîchissant.

Entretien réalisé à Beyrouth, Mai 2016.

DISTRIBUTEUR : EPICENTRE FILMS

 

 

 

 

 

 

 

 



 


Untitled Document

 

LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K 

Programmation du cinéma du 24 au 30 Mai 2017

SALLE 1

PAUL SHARITS, FOU OU GENIE de François MIRON - (VOSTF)
Tous les jours : 14h10, 20h30

Mercredi 24 et Samedi 27 Mai : Séance de 20h30 suivie d’un débat avec Enrico Camporesi, attaché de conservation au Centre Pompidou et titulaire d’un doctorat sur la méthodologie de la restauration du film d’artiste.

Lundi 29 Mai : Séance de 20h30 suivie d’un débat en présence de Pip Chodorov, réalisateur et éditeur de films.

LES PIEDS SUR TERRE de Batiste COMBRET et Bertrand HAGENMULLER - (VOF)
Tous les jours : 15h45, 18h35

LA VENGERESSE de Bill PLYMPTON et Jim LUJAN - (VOSTF)
Vendredi, Lundi : 17h20

MAÏ MORIRE d’Enrique RIVERO - (VOSTF)
Jeudi, Samedi : 17h15

PAS COMME DES LOUPS de Vincent POUPLARD - (VOF)
Tous les jours : 13h00

SALLE 2

14 ANS, PREMIER AMOUR d’Andreï ZAYTSEV - (VOSTF)
Tous les jours : 13h05, 16h40, 20h05

MISTER UNIVERSO de Tizza COVI et Rainer FRIMMEL - (VOSTF)
Mercredi, Vendredi, Samedi, Lundi : 18h50
Jeudi, Vendredi, Dimanche, Mardi : 15h00

UN PAESE DI CALABRIA de Shu AIELLO et Catherine CATELLA - (VOSTF)
Mercredi : 15h00
Jeudi, Dimanche, Mardi : 18h50

LA SOCIALE de Gilles PERRET - (VOF)
Mercredi, Dimanche, Mardi: 17h15
Samedi, Lundi : 15h05