ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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MIDNIGHT RAMBLERS de Julian BALLESTER

SORTIE NATIONALE : 11 Juillet 2018

0h57 –France– 2017

SYNOPSIS

Nuit après nuit, Kye, Tobie, Paul, Kim et Tattoo errent dans le labyrinthe des avenues et des ruelles de Montréal. Ils se soutiennent les uns les autres et la drogue les accompagne tous. C’est un échappatoire et en même temps, ce qui les empêche de s’en sortir. Kye, la plus jeune, rêve parfois d’un ailleurs.

ENTRETIEN AVEC LE REALISATEUR

Comment avez-vous rencontré les cinq protagonistes de "Midnight Ramblers" ?

Nous nous sommes rencontrés par hasard, dans la rue... En fait je dois commencer par expliquer que je n’avais pas prévu de faire un film sur le thème de l’addiction ou de la drogue. Au départ, j’étais parti à Montréal avec une idée très large en tête : faire un film autour de l’errance nocturne, et dont le titre serait " Midnight Ramblers ". Mais à part ce titre et la nuit, je n’avais aucune idée du film dans lequel j’allais m’embarquer. Au bout de quelques mois, j’ai fait la rencontre de Paul et on s’est tout de suite liés d’amitié. En fait, Paul a été comme une porte d’entrée dans la rue, c’est à travers lui que j’ai rencontré Kim, sa femme, puis Kye, Tobie et Tattoo. En les voyant quotidiennement, je me suis donc retrouvé à intégrer le monde de la rue des toxicomanes du centre-ville de Montréal, un monde qui fonctionne comme une petite société parallèle à l’intérieur de la ville. Le fait que Paul m’ait fait confiance m’a donné une certaine légitimité à être là, et a permis d’éliminer les réticences qu’auraient pu avoir les autres personnes de la rue au moment d’accepter ou non ma présence. J’ai la sensation que les gens se sont dit : " si Paul lui fait confiance, on peut lui faire confiance aussi ".

Quand et pendant combien de temps avez-vous tourné ce film ?

J’ai tourné "Midnight Ramblers" sur environ une année, entre septembre 2015 et juin 2016. Pour moi, c’était très important de se donner autant de temps. Lorsque j’ai rencontré mes personnages, c’est une des premières choses que je leur ai expliquées : je serai là pour une longue durée, on pourra prendre notre temps, et on se verra beaucoup. C’est comme ça que j’envisage la réalisation d’un documentaire, ça ne peut être qu’un processus de long terme, au cours duquel mes protagonistes et moi allons nous voir énormément, avec et sans la caméra. Au fil des semaines puis des mois passés ensemble, notre relation a commencé à aller bien au-delà du simple film documentaire. Filmer "Midnight Ramblers", c’était comme filmer un groupe d’amis. D’autant que j’étais seul avec eux pendant toute cette année de tournage.

Pourquoi avez-vous choisi de tourner seul ?

Lorsque j’ai rencontré mes cinq personnages et que j’ai commencé à passer du temps avec eux, j’ai vite compris qu’il y avait une certaine urgence à les filmer, étant donné la précarité de leur situation. Leur vie évoluait très vite et était complètement imprévisible : malheureusement, comme j’ai pu m’en apercevoir durant et après le tournage, je n’étais pas à l’abri qu’un de mes personnages disparaisse du jour ou lendemain. Il fallait donc démarrer le film tout de suite, " ici et maintenant ", dans les conditions de cet " ici et maintenant ", c’est à dire en filmant seul, et en prenant le son moi-même. Je n’avais pas le temps de m’entourer d’une équipe technique, ni de passer par une réelle phase de repérage ou d’écriture. Finalement, cette faiblesse de moyen est devenue la force du film, car c’est ce qui a permis d’obtenir une très forte intimité avec mes cinq protagonistes.

On se sent justement une extrême proximité entre vous et vos cinq personnages. Comment avez-vous géré la question de la distance avec eux ?

En réalité, je me suis vraiment laissé guider par mon intuition et par ce que je ressentais en étant avec eux. Dans la mesure où j’étais dans l’urgence de démarrer mon film très vite, je n’ai pas réellement eu le temps de me poser ces questions. Je ne me suis jamais consciemment demandé quelles échelles de plans j’allais utiliser, à quelle distance physique j’allais me positionner, à quel moment j’allais couper ou non la caméra. J’ai simplement filmé ces gens comme on film des gens qu’on aime. C’est pour ça que la distance est si proche, qu’il y a autant de gros plans sur les visages, qu’il y a des silences, et que le rythme général du film nous laisse le temps d’être réellement avec eux.

Il y a des scènes difficiles dans le film, comme les scènes de consommation de drogue. Comment avez-vous appréhendé les scènes de shoot ?

Lorsque je me suis rendu compte que la drogue allait devenir l’élément central du film, je me suis dis que j’étais en train de m’aventurer vers un sujet qui a déjà énormément été traité, et qui véhicule déjà sa propre imagerie. Il était clair que je voulais éviter les images typiques qui sont associées à l’héroïne, à savoir le gros plan sur la veine, le sang, et tout ce qui relève du sensationnel. J’avais le sentiment que tout ça était déjà suffisamment vu, et qu’on avait pas besoin de ces images pour comprendre ce qui est en train de se passer. Surtout ça ne correspondait pas à la manière dont les shoots se passent dans la réalité de la rue : dans les films de fiction, un shoot est toujours montré comme un événement, comme quelque chose de très spectaculaire, alors que dans la réalité des toxicomanes ce geste est quelque chose d’extrêmement banal et quotidien, ce qui évacue d’emblée l’aspect spectaculaire qu’on lui attribue d’habitude. Du coup, dans "Midnight Ramblers" les scènes de consommation de drogue sont bien présentes, mais on ne voit jamais réellement la piqure. Il y avait une question de respect dans cette démarche, et également la volonté de coller à une réalité qui n’est pas forcément aussi spectaculaire que ce qu’on pourrait penser.

Vos personnages sont parfaitement conscients de leur situation et sont capables d’en parler avec une grande lucidité. Comment cette parole a t-elle émergé du tournage ?

C’est en effet une parole très personnelle, dans laquelle mes personnages se livrent beaucoup, et ils sont effectivement capables de poser des mots très justes et très sensibles sur les problèmes auxquels ils font face. Il m’a fallu de nombreux mois de tournage avant de pouvoir recueillir cette parole. Pour eux, c’était le temps nécessaire pour pouvoir se livrer pleinement à ma caméra, et pour moi c’était le temps nécessaire pour les connaitre suffisamment et ainsi poser les bonnes questions. Ce qui me frappait le plus, au cours de nos discussions, c’est que les problèmes dont ils me parlaient étaient des problèmes qui nous concernaient tous, au-delà du fait d’être toxicomane ou de vivre dans la rue. Ce qui revenait souvent, c’était une incapacité à gérer ses émotions ou sa souffrance, mais aussi des questions liées à la confiance en soi, à la solitude, au vide. Souvent, cette parole naissait de conversations qu’on avait hors des tournages, puis je leur expliquais que j’aimerais que ces mots fassent partie de notre film. Alors, on prenait un moment pour s’installer dans une ruelle et on abordait de nouveau ce sujet face à la caméra. J’aime ces moments de parole parce que le discours des personnages n’aborde jamais frontalement la drogue mais emprunte des chemins un peu détournés pour en parler. Cela permet d’offrir au film une parole qu’on n’attend pas forcément de la part de toxicomanes.

Le film est exclusivement nocturne, pourquoi avoir choisi de filmer Montréal la nuit ?

Au départ, la nuit n’avait pas forcément une signification précise, c’était seulement une intuition, une envie d’atmosphère nocturne. J’aime beaucoup la nuit, et j’avais donc simplement envie de faire le genre de film que j’aimerais voir. Mais filmer la nuit n’était pas uniquement un caprice esthétique. Tout d’abord, l’essentiel de l’activité de mes personnages est nocturne : dans le quartier où ils vivent, c’est à la nuit tombée qu’on fait le plus d’argent. Mais surtout, au fur-et-à mesure du tournage, j’ai trouvé dans la ville nocturne un écho aux questions qui animent les cinq protagonistes du film. Il faut savoir que le film se passe dans un quartier du centre-ville de Montréal où se concentrent tous les lieux de consommation, les boutiques, les hôtels cinq étoiles, les banques, les restaurants et les clubs branchés. À mes yeux, c’était un lieu assez déshumanisé, émotionnellement vide, presque hostile. Visuellement, ça me permettait de venir renforcer les propos de mes personnages : en effet, comment pourrait-on gérer ses émotions dans un lieu aussi déshumanisé ? Comment ne pas se sentir seul dans un lieu aussi vide ? La nuit me permettait aussi de filmer la ville comme si c’était une ville fantôme. Dans le film, on ne voit pratiquement personne en dehors des cinq personnages, et au montage, ce vide nous permettait de faire résonner leurs propos, de les faire respirer. Enfin dans cette nuit montréalaise, il y avait aussi tout le réseau des petites ruelles sombres qui sont les lieux où les toxicomanes se shootent. J’ai beaucoup aimé y filmer, car quoi qu’on puisse en penser, ces lieux sont l’espace privilégié des toxicomanes, c’est leur territoire au sein de la ville, leur parenthèse au milieu du quotidien de ce quartier, un espace obscure, calme, et silencieux, dans lequel nous pouvions nous réfugier pour parler et faire émerger la parole du film.

Kye est la plus jeune des cinq protagonistes, et on sent qu’elle a une place à part dans le film. Etait-ce une volonté de votre part ?

Kye est effectivement un personnage à part. Elle venait d’avoir 18 ans lorsque je l’ai rencontrée, son addiction était encore récente, et elle était à une étape de sa vie qui lui permettait d’envisager un avenir, contrairement aux quatre autres personnages du film. Elle avait encore des rêves, le projet de sortir de l’héroïne, de voyager, et en tant que réalisateur je me suis tout de suite accroché à ça pour donner une sorte de fil conducteur au film. L’important n’était pas de savoir si elle allait s’en sortir, mais de savoir qu’elle allait essayer de le faire, et moi je voulais la suivre sur ce chemin. Ainsi, Kye permettait de donner une petite dose d’espoir au film, dans une atmosphère et un univers pourtant très sombre. Elle a un côté lumineux, ne serait-ce que par ses cheveux bleus, son sourire, ses yeux qui scintillent encore. Sans elle, le film aurait sans doute été plus dur et pessimiste.

NOTE D’INTENTION DU REALISATEUR

Au départ de ce projet, il y avait un décor, la nuit, et un titre, Midnight Ramblers. Il y avait aussi Montréal, ville dans laquelle j’avais vécu six mois, et qui fut le terrain privilégié de mes errances nocturnes. Lorsque je suis revenu en Europe, je me remémorais les buildings, les néons, la lumière des lampadaires sur les trottoirs enneigés, et à deux pas des grandes avenues, des ruelles obscures, mystérieuses, presque inquiétantes. J’ai alors décidé de retourner dans cette ville pour partir à la rencontre de la nuit montréalaise et de ceux qui la peuplaient.

Sans-abris, jeunes fêtards, prostitué(e)s, chauffeurs de taxi, stripteaseuses, mes recherches m’ont conduit à des personnes et des réalités variées. Mes repérages ressemblaient à de longues nuits d’exploration urbaine, à la quête d’une ambiance, d’une image, d’une rencontre. Dans l’effervescence d’un samedi soir, sur un parking du centre-ville, j’ai fait la connaissance de Paul et de Kim. Après quelques nuits passées avec ce couple de la rue, mon sujet s’est révélé à moi. Des gestes rapides et précis, rendus banals par l’ha-bitude, une seringue qui pénètre une veine, en quelques secondes la drogue frappe, et, l’espace d’une vingtaine de minutes, mes deux nouveaux amis planent bien au delà de leur réalité, de celle de la rue et de celle du reste du monde... Cet univers n’était pas celui que j’étais venu chercher, je ne l’avais à vrai dire même pas envisagé. Mais désormais, il ne s’agissait plus d’explorer la nuit dans son ensemble, mais de pénétrer une nuit en particulier, celle de Paul et Kim, celle des consommateurs de drogues des rues et des ruelles du centre-ville de Montréal

DISTRIBUTEUR : LES VALSEURS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 18 au 24 Juillet 2018

SALLE 1

LES AMANTS CRUCIFIES de Kenji MIZOGUCHI - (VOSTF)
Mercredi : 13h00
Vendredi : 22h05
Lundi : 15h00

AU GRE DU COURANT de Mikio NARUSE - (VOSTF)
Mercredi : 14h50
Dimanche : 20h10
Lundi : 16h55

LA PENDAISON de Nagisa OSHIMA - (VOSTF)
Mercredi : 16h55
Lundi : 12h55

RAN de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Mercredi, Samedi, Lundi : 20h40
Dimanche : 15h25

LE GRONDEMENT DE LA MONTAGNE de Mikio NARUSE - (VOSTF)
Jeudi : 13h00
Mardi : 16h35

LA RUE DE LA HONTE de Kenji MIZOGUCHI - (VOSTF)
Jeudi : 14h45
Samedi, Mardi : 13h00
Dimanche : 22h15

LE CHATEAU DE L’ARAIGNEE de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Jeudi : 16h20
Mardi : 20h10

CONTES CRUELS DE LA JEUNESSE de Nagisa OSHIMA - (VOSTF)
Jeudi : 20h10
Dimanche : 13h35
Mardi : 22h05

SANJURO de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Jeudi : 21h55

JE NE REGRETTE RIEN DE MA JEUNESSE de Akira KUROSAWA - (VOSTF)
Vendredi : 13h50
Mardi : 14h35

LA VIE D’O’HARU, FEMME GALANTE de Kenji MIZOGUCHI - (VOSTF)
Vendredi : 15h50
Samedi : 16h35

NUAGES EPARS de Mikio NARUSE - (VOSTF)
Vendredi : 20h10
Samedi : 14h35

SALLE 2

BRODRE : MARKUS ET LUKAS de Aslaug HOLM - (VOSTF)
Tous les jours : 13h25 (sauf samedi), 20h00

HEDY LAMARR de Alexandra DEAN - (VOSTF)
Tous les jours : 15h20
Mercredi, Samedi, Lundi : 19h00
Jeudi, Vendredi, Dimanche, Mardi : 18h20

TROIS CONTES DE BORGES de Maxime MARTINOT - (VOSTF)
Tous les jours : 17h00
Mercredi, Vendredi, Dimanche, Mardi : 21h55

JERICO, LE VOL INFINI DES JOURS de Catalina MESA - (VOSTF)
Tous les jours : 18h30
Jeudi, Samedi, Lundi : 21h55


FILLES DU FEU de Stéphane BRETON - (VOSTF)
Samedi : 13h50