ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
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LE GRAIN ET L’IVRAIE de Fernando SOLANAS

SORTIE NATIONALE : 10 Avril 2019

1h37 – Argentine– 2018

 

SYNOPSIS

Fernando Solanas voyage caméra aux poings à travers sept provinces argentines à la rencontre des populations locales, d’agriculteurs et de chercheurs qui nous racontent les conséquences sociales et environnementales du modèle agricole argentin : agriculture transgénique et utilisation intensive des agrotoxiques (glyphosate, épandages, fumigations) ont provoqué l’exode rural, la déforestation, la destruction des sols mais aussi la multiplication des cas de cancers et de malformations à la naissance. Le récit de Fernando Solanas évoque aussi l’alternative d’une agriculture écologique en démontrant qu’il est possible de produire de manière saine et rentable des aliments pour tous, sans pesticides, pour reconquérir et préserver nos milieux naturels.


NOTE DU REALISATEUR

La culture intensive du soja ainsi que l’utilisation incontrôlée d’agrotoxiques a eu d’importantes conséquences sociales et environnementales en Argentine, telles que la déforestation de millions d’hectares de forêts, la monoculture et l’exode rurale. La population a été exposée et contaminée par l’épandage aérien. Les contrôles sanitaires dans notre pays sont inexistants. Nous manquons également de programmes de recherche dans les hôpitaux et les universités pour étudier les effets des agrotoxiques sur notre organisme. Les témoignages recueillis sont la preuve qu’une partie de la population a été intoxiquée par les produits utilisés dans l’agriculture, auxquels il faut ajouter les effets néfastes de la nourriture produite avec des produits chimiques tels que les conservateurs, les colorants, les antibiotiques ou les hormones.

Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les céréales qui sont produites avec des pesticides, mais également les fruits et les légumes. Une salade en apparence inoffensive a été pulvérisée avec dix à quinze pesticides. Les publicités vendent les aliments pour leur apparence et non pour ce qu’ils sont en réalité. Les consommateurs achètent de la nourriture sans savoir ce qu’ils mangent. Même si vous consommez du fait-maison, le danger d’être contaminé existe quand même. Tous les aliments que nous mangeons, y compris la viande, contiennent des conservateurs, des arômes, des colorants, des hormones. Et s’il n’y a pas d’hormones, il y a des antibiotiques et des pesticides. Personne ne sait vraiment comment ni avec quoi notre nourriture a été produite. Au cours de mon enquête et de mon tournage, j’ai pu constater la désinformation absolue et le manque de contrôle sur la fabrication des aliments que nous mangeons.


BIOFILMOGRAPHIE DE FERNANDO SOLANAS

Fernando Solanas, né à Olivos en Argentine en 1936, est un cinéaste et homme politique argentin. Auteur réalisateur, scénariste et producteur, il a réalisé 17 longs-métrages.

A la fin des années 1960, il est l’un des fondateurs et théoriciens du groupe argentin Cine Liberación, qui s’inscrit dans un mouvement à échelle continentale - celle de l’Amérique latine - appelant à un " troisième cinéma ", qui ne soit pas une prolongation du cinéma européen ni hollywoodien.

En 1968, il co-réalise clandestinement avec Octavio Getino le documentaire L’Heure des brasiers, manifeste esthétique et politique du mouvement. Ce film majeur, antinéocolonialiste, péroniste et activiste, est interdit jusqu’à la fin de la Dictature de la Révolution argentine en 1973. Il est aujourd’hui considéré comme un classique du documentaire.

Fernando Solanas laisse un témoignage de son exil à Paris pendant la dictature militaire (1976-1983) dans Tangos, l’exil de Gardel (1985), qui est récompensé par le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise. Suivront deux drames remarqués, Le Sud (1988) qui obtient le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes et Le voyage (1992), sélectionné en compétition officielle à Cannes. Parmi ses autres films, on peut citer Le Nuage (1998) et El legado estratégico de Juan Perón (2016). Il reçoit un Ours d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière à Berlin en 2004.

Suite à ses critiques envers la corruption du gouvernement Menem, il subit un attentat en 1991 et reçoit six balles dans les jambes. Fernando Solanas siège comme député du parti de centre-gauche Frepaso (Front pour un pays solidaire) entre 1993 et 1997. Il participe ensuite aux élections présidentielles argentines de 2007, à la tête du mouvement Proyecto Sur, contre Cristina Kirchner dont il critique " la politique économique libérale ". Il est élu sénateur depuis 2013.

En 2002, il débute une nouvelle série documentaire sur la crise économique en Argentine qui se compose de huit films : Mémoire d’un saccage (2004), La dignité du peuple (2005), Argentina Latente (2007), La Proxima Estacion (2008), Tierra sublevada : Oro impuro (2009), Tierra sublevada : Oro negro (2011), La guerra del fracking (2013). Le Grain et l’ivraie (Viaje a Los pueblos fumigados - 2018) en est le dernier volet.

En 2018, il revient au Festival de Cannes présenter une copie restaurée de L’Heure des brasiers.


ENTRETIEN AVEC LE REALISATEUR

Le Grain et l’ivraie s’inscrit dans une série documentaire que vous avez commencé à réaliser dans les années 2000 sur la crise en Argentine. Comment le thème du modèle agricole argentin et ses conséquences sur l’écologie et la santé humaine s’est-il imposé pour ce dernier volet ?

Nous avons décidé de faire ce film il y a plusieurs années quand nous nous sommes aperçus de la désinformation et des conséquences dramatiques sur la santé de la population dues à l’épandage massif de glyphosate et des pesticides en général en Argentine. Le sujet était grave mais nous n’avions pas réussi à trouver de financement ni en Argentine, ni en Europe : coproduire ce film n’intéressait personne. L’agro-industrie avait beaucoup investi en publicité pour faire la promotion de son modèle de production avec des semences transgéniques et empoisonnées. C’est une des raisons pour lesquelles on ignore tout des dégâts causés sur la santé, sur les sols et la nature en général. Depuis 2013, je préside la commission du développement durable au Sénat argentin, où arrivent de très nombreuses plaintes à ce sujet. Et depuis, nous avons voyagé dans toutes les régions affectées par ce problème pour mieux connaître et évaluer la situation.

Le film s’est-il construit ou a-t-il évolué au gré de vos rencontres ?

Tous mes films sont un travail de recherche avec un objectif précis, mais ils se construisent au fur et à mesure : ici tout s’est d’abord fait lors des repérages, des prises de contact avec les victimes, les agriculteurs, les professionnels, c’est à dire avec les personnages du film. Ce n’est que plus tard que nous sommes revenus les voir pour tourner. Tout ce processus enrichit et modifie le film en permanence.

Vous n’avez cessé de dénoncer la corruption à travers vos films. Le fait d’être sénateur vous donne t- il plus de liberté ou est-ce une contrainte pour réaliser un film comme celui-ci ?

Bien entendu, le fait d’être sénateur a facilité un certain nombre de démarches auprès de nos contacts et avec l’ensemble des lieux publics. Mais cela a aussi freiné notre enquête, notamment dans les campagnes ou auprès des industriels parce que peu souhaitent voir ces pratiques mises en lumière : ils craignent particulièrement d’être dénoncés ou critiqués.

Votre activité de cinéaste et documentariste vous aide-t-elle à être un homme politique mieux en prise avec le réel ?

Vous avez raison, le travail du cinéaste documentaire est de rendre visible une réalité à laquelle nous n’avons pas accès et contribue à donner un point de vue politique juste et complet d’une situation.

Pourquoi les hommes politiques et les multinationales sont les grands absents du film ?

La proposition du film était de donner une voix à ceux qui n’en n’ont pas dans les médias. Notre cinéma ne consiste pas à démontrer ce qui est "objectif", mais à donner de l’espace et de la visibilité aux victimes comme à leurs assassins. Depuis mon premier film "L’Heure des brasiers", nous avons pris le parti de défendre les marginaux, ceux qui se font exploiter, ceux qui ont été agressés, ceux que l’on entend jamais. La voix de ceux qui ont le pouvoir, de ceux qui jouent avec la santé de la population, nous l’entendons tous les jours à la télévision ou dans les journaux. Mes films documentaires ne sont pas vus à la télévision en Argentine, ni dans les multiplexes commerciaux de mon pays, et sortent uniquement dans les salles indépendantes de l’Institut du Cinéma (INCAA). La majeure partie de leur diffusion a lieu dans des circuits culturels ou institutionnels : ils sont montrés dans les écoles, les universités, les syndicats et les ONG.

Pourquoi est-il essentiel d’évoquer dans le film le sort des populations indigènes ?

Depuis des siècles les peuples autochtones souffrent de tous les types d’injustice et la plus grave d’entre elles est la dépossession de leurs terres. Les indigènes sont les meilleurs gardiens de nos forêts parce qu’ils y habitent et y trouvent leur nourriture. Leurs terres sont vendues et on les expulse. Ils sont les victimes d’un génocide silencieux.

Votre documentaire retrace la situation et le modèle agricole choisi par l’Argentine en évoquant des pratiques qui sont désormais mondialisées. Quelles actions les citoyens peuvent-ils mener pour transformer ce modèle et agir plutôt que subir ?

Le modèle industriel agricole-transgénique-agrotoxique que nous subissons ici en Argentine est le même que celui de l’ensemble des peuples d’Amérique Latine, d’Europe, du Canada ou des Etats- Unis. Cela fait plus d’un demi-siècle que l’industrie chimique a envahi l’industrie alimentaire avec ses conservateurs, colorants, exhausteurs de goût, antibiotiques etc… La somme de tout ce que nous ingérons chaque jour conjuguée à la batterie de pesticides que contiennent nos légumes, nos céréales, nos fruits ou notre viande forment un cocktail toxique qui au fil du temps nous rend malade et nous tue. Si ceux qui vivent en ville ou à la campagne faisaient faire des analyses spécifiques pour détecter ces substances, ils seraient surpris

de trouver la plupart de ces substances toxiques dans leur corps. Leurs effets, qui agissent comme un poison lent, se voient à long terme et se manifestent par des malformations génétiques, des cancers, de l’hyperthyroïdie, par des formes de la maladie d’Alzheimer, par des lésions du système neurologique central etc…

Vous avez opté pour une image dé-saturée et l’utilisation d’objectifs grands angles, pouvez- vous nous expliquer ces choix ?

La décolorisation des images, les optiques et l’écriture de la caméra font partie d’une proposition cinématographique et d’un goût. Ce n’est évidemment jamais tout à fait la même chose à chaque film même si je me suis toujours défini avec la famille des optiques grand-angle. Concernant les images dé-saturées, elles me paraissaient les plus pertinentes pour aller au coeur de la tragédie dans laquelle le film nous amène. J’appartiens à une génération qui s’est formée dans les salles de cinéma et qui partageait collectivement les émotions d’une projection. J’aime le cinéma et je fais des films pour le grand écran même si aujourd’hui cela va à contre sens de ceux qui voient les films sur un téléphone portable. Un auteur de cinéma, comme un peintre ou un poète, s’identifie grâce aux couleurs qu’il utilise, aux formes, aux mots, à l’univers, aux sujets et aux personnages qu’il convoque. La langue que j’ai choisie pour ma série de longs- métrages documentaires qui a débuté avec "Mémoire d’un saccage" en 2004 est une fusion de genres cinématographiques : j’ai utilisé les méthodes propres au cinéma direct, au témoignage documentaire et celles de la fiction.

Premier producteur agricole d’Europe, la France est également touchée de plein fouet par les pesticides. Peut-on raisonnablement comparer notre cas au cas argentin ?

Je ne connais pas suffisamment le cas français pour en faire une comparaison. En Argentine il règne une grande impunité : la population est désemparée parce que les gains générés par le soja et les céréales transgéniques financent également l’Etat. Dans tous les pays qui utilisent ces poisons (en Europe, en Inde, en Chine, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Amérique Latine) les citoyens doivent se mobiliser pour obtenir leur interdiction. Nous devons tout faire pour éviter que Monsanto, Bayer et les géants de l’agro-chimie continuent à s’enrichir en mettant en danger la vie des populations et notre planète. Par conséquent, pour préserver notre santé et notre patrimoine naturel, nous devons développer de nombreuses alternatives pour tendre vers le 100% bio.

DISTRIBUTEUR : NOUR FILMS



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 20 au 26 Mars 2019

SALLE 1

RÉSISTANTES de Fatima SISSANI - (VOF)
Tous les jours: 12h55, 15h55, 17h20, 20h20, 21h45 (sauf samedi)

Mercredi 20 Mars : Première à 20h20 en présence de la réalisatrice et de la psychanalyste Alice Cherki, suivie d’un débat.

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Youcef Brakni, militant des Quartiers populaires et membre du collectif Adama.

Lundi 25 Mars : Séance de 20h20 suivie d’un débat en présence de Françoise Vergès, politologue et militante féministe.


LUNE DE MIEL de Ioana URICARU - (VOSTF)
Tous les jours: 14h20, 18h45, 21h35 (sauf vendredi et lundi)

THE RAFT de Marcus LINDEEN - (VOSTF)
Samedi : 21h45

SALLE 2


FUKUSHIMA, LE COUVERCLE DU SOLEIL de Futoshi SATO - (VOSTF)
Tous les jours: 15h00, 20h00

Vendredi 22 Mars : Séance de 20h00 suivie d’un débat avec Kolin Kobayashi, journaliste indépendant, président de l’Association Echo Echanges, membre du comité d’organisation du Forum social mondial antinucléaire, il est le représentant du film en France. Thème : " Le poids du lobby nucléaire. "

Lundi 25 Mars : séance de 20h00 suivie d’un débat avec Yuki Takahata, journaliste, auteur et traductrice, également militante au sein du réseau "Sortir du nucléaire ". Thème " Fukushima, 8 ans après ; l’impact sur la population locale. "

NOUR de Khalil DREYFUS ZAAROUR - (VOSTF)
Mercredi, Samedi, Dimanche: 16h40
Jeudi, Lundi : 13h20

CASTING de Nicolas WACKERBARTH - (VOSTF)
Mercredi, Samedi : 13h20

KABULLYWOOD de Louis MEUNIER - (VOSTF)
Vendredi, Mardi : 16h45

FAHAVALO, MADAGASCAR 1947 de Marie-Clémence ANDRIAMONTA-PAES - (VOSTF)
Tous les jours : 18h20

AMAL de Mohamed SIAM - (VOSTF)
Jeudi, Lundi : 16h45
Vendredi, Mardi : 13h30

UN BERGER ET DEUX PERCHÉS À L’ELYSÉE ? de Philippe LESPINASSE et Pierre CARLES - (VOF)
Dimanche : 13h10