ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
PROGRAMME DE LA SEMAINE
Les films commencent 10 minutes après l'heure indiquée (sauf exceptions précisées)
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LES FEMMES DE LA RIVIERE QUI PLEURE de Sheron R. DAYOC

SORTIE NATIONALE : 27 Décembre 2017

1h35 –Philippines – 2017

 

SYNOPSIS

Dans les montagnes de Mindanao, aux Philippines, où les luttes territoriales, les querelles ethniques et la culture des clans déchirent les familles de génération en génération, dans un contexte de conflit armé généralisé, l’insécurité prédomine et chaque sortie devient un danger imminent.

Jeune veuve, Satra est partagée entre le désir de venger la mort de son mari et celle de protéger les siens, la rivière séparant le terrain de sa famille de celle des Ismaels constituant le théâtre de toutes les rancoeurs, mais aussi de toutes les douleurs.

Hommage à ces femmes qui tentent, malgré la perte d’êtres chers, de maintenir l’unité familiale, cette fiction bouleversante met en lumière un de ces nombreux conflits oubliés à travers le monde.

NOTE D’INTENTION

Ma mère a été très importante dans ma vie. Elle m’a exhorté à suivre mon chemin avec courage, force et modestie. C’est elle qui a nous élevés, mes frères et moi, alors que mon père, officier militaire, était souvent absent. Je voyais sa tristesse à chaque fois que mon père partait, et sa joie à chaque fois que nous finissions le repas qu’elle avait préparé. Je voyais sa déception lorsqu’avec mon frère, nous nous battions sans raison. Je constate aujourd’hui que ma mère a fait beaucoup d’efforts et de sacrifices pour garder notre famille forte et unie.

Ma mère a beaucoup influencé mon travail de cinéaste. Les femmes sont un sujet qui traverse l’ensemble de mes films.

Mon récit se construit autour de deux destins de femmes. Il y a Farida, 70 ans, qui s’efforce de mettre un terme à la vendetta qui oppose la famille de Satra à une famille rivale. Elle doit pour cela surmonter sa mémoire défaillante et la complexité de la situation. Satra, quant à elle, jeune veuve d’une trentaine d’années, est tiraillée entre son devoir d’aider les siens dans leur soif de vengeance et son désir de paix et de réconciliation.

Le film se déroule sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines, théâtre d’un long conflit politique qui continue à hanter l’île jusqu’à aujourd’hui, baptisée par beaucoup " Terre Promise ". La colonisation espagnole a introduit la notion de propriété terrienne et a conduit au morcellement du territoire, ce qui a provoqué un déséquilibre des rapports entre les différentes communautés du pays et notamment avec les populations indigènes. Ces bouleversements ont donné lieu à de nombreux conflits sur la propriété aboutissant à des vendettas menées par les hommes, et ceci depuis plusieurs générations.

Fils d’un militaire qui avait pour fonction de maintenir la paix sur l’île, cette réalité m’a beaucoup marqué et questionné. J’ai voulu comprendre les raisons de ces violences. Lors d’un précédent documentaire, j’ai rencontré beaucoup de femmes dont la vie avait été marquée par ces vendettas. Je me suis alors demandé quelle était leur place dans ces conflits. Qui étaient-elles derrière leur père, leur frère, leur mari et leur fils ? Quel était leur point de vue ? De là est né le personnage de Satra, qui représente ces femmes qui continuent à vivre dans l’ombre de la société patriarcale traditionnelle. Par la suite, j’ai découvert que de plus en plus de femmes de Mindanao s’impliquaient dans la vie sociale et politique de l’île, ce qui m’a donné l’idée du personnage de Farida.

Venant du cinéma documentaire, j’ai toujours aimé capturer la vérité et la simplicité d’une scène. Dans mon film, je dois rester fidèle à la réalité, croire en mes personnages, les lieux, les événements et l’histoire.

Les scènes irréelles sont traitées de manière naturaliste, sans artifice. La frontière entre les mondes réel et irréel reste mince, les deux mondes du visible et de l’invisible s’interpénétrant sans distinction. Les éléments irréels sont à la fois perceptibles dans les visions du personnage de Farida mais aussi dans l’environnement où se déroule l’action du film.

La terre est un élément essentiel du récit. Sujet de convoitise, elle apparaît comme un personnage, tour-à-tour aride, fertile, abandonnée, cultivée, délimitée, creusée. Elle exprime l’attachement que les personnages entretiennent avec elle. Les éléments visuels de la nature, comme l’apparition d’un buffle blessé, la mosquée en ruine, la rivière boueuse, dessinent un univers magique, sauvage et violent, qui renforce la dramaturgie. Au-delà du parcours de chaque personnage, se trouve le cycle incessant de la nature et de la vie. Le conflit qui ronge les deux familles les amène à délaisser la culture de leur terre pour mener leur guerre fratricide.

Cette terre, cette vie, valent-elles vraiment tous ces sacrifices ?

Les acteurs du film sont des non-professionnels. Ce choix est essentiel dans la recherche d’une certaine authenticité. J’ai travaillé à partir des histoires personnelles de chacun pour construire les personnages de mon film.

 

Sheron Dayoc

MINDANAO : UNE REGION EN CONFLIT

Située dans le sud des Philippines, Mindanao, est la deuxième île la plus importante de l'archipel par sa superficie (97 530 km2) et sa population (près de 22 millions d’habitants). On y compte plus de 70% de chrétiens (très majoritairement catholiques), 21% de musulmans et 5% d’indigènes (répartis en 17 groupes ethniques).

Mindanao est aussi le théâtre de nombreux conflits provoqués par l’exclusion sociale et la marginalisation, l’expropriation et l’aliénation des ressources naturelles, une gouvernance ineffective, une application déplorable des lois et l’inégalité devant l’accès aux services de première nécessité.

A l’heure actuelle, la violence s’illustre dans différentes formes à Mindanao : dans la lutte communiste contre le gouvernement philippin, dans les rivalités entre familles et clans (rido), dans la revendication des terres ancestrales par les communautés indigènes, dans la criminalité et le banditisme purs et simples, et dans la terreur perpétrée par les groupes extrémistes.

En l’occurrence, la lutte armée prônée depuis des décennies par quelques groupes islamistes (dont certains ont fait allégeance à Daech) en faveur de la reconnaissance d’un état moro (nom donné aux musulmans des Philippines), le Bangsamoro, demeure la source des conflits les plus violents à Mindanao.

Sur les cinquante dernières années, on compte dans cette région plus de 140 000 morts et des millions de déplacés.

Ces conflits trouvent leur genèse dans l’histoire de Mindanao, qui est la terre natale de différents peuples indigènes, convertis à l’Islam il y a des siècles : les " Moros ", comme ils furent appelés par les colons espagnols après l’invasion de l’Espagne par les Maures.

Les Moros, disposant de leurs propres structures de gouvernance sous les sultanats, ont vaillamment résisté à la colonisation et n’ont jamais cessé d’être autonomes. Après la défaite de l’Espagne au terme de la guerre hispano-américaine, en 1898, l’Espagne céda ce qui lui restait de ses territoires d’outre-mer au vainqueur, en vertu du Traité de Paris, ces territoires incluant le Sultanat de Maguindanao (couvrant toute l’île de Mindanao). La résistance moro perdura face aux nouveaux colons, américains, jusqu’à l’indépendance.

Dans la première partie du XXème siècle, le gouvernement philippin initia un programme d’installation à destination de migrants, majoritairement chrétiens, en provenance des îles de Luçon et Visayas. Les nouvelles lois autorisant les migrants à posséder et exploiter des terres attirèrent de nombreuses personnes. Ce programme était ainsi appliqué au détriment des populations locales, occupant les terres de manière ancestrale et sans connaissance de ces nouvelles lois foncières. Les descendants de ces migrants chrétiens sont aujourd’hui majoritaires à Mindanao, provoquant le déplacement des Moros et des populations indigènes.

Pour les Moros, il s’agit d’une "injustice historique", qui a contribué à des siècles de privation et de marginalisation des populations moros et indigènes et qui doit être résolue par la création d’un état autonome, le Bangsamoro. C’est cette revendication qui est à l’origine de violents et interminables conflits à Mindanao jusqu’à ce jour.

NOTES DE PRODUCTION

La région de Mindanao, au sud des Philippines, où se côtoient plusieurs communautés et confessions, est le théâtre de nombreux conflits depuis la fin des années 60.

Il faut remonter à la période coloniale pour saisir la complexité des enjeux qui sont en premier lieu d'ordre territorial, le sous-sol de la région étant particulièrement fertile et riche en minerais.

C'est dans ce contexte que les affrontements se sont multipliés, entre indépendantistes musulmans et forces armées nationales, populations indigènes et migrants de première ou seconde génération, aggravés par une culture de clans et l'apparition de groupuscules islamistes, les grands propriétaires philippins et les multinationales agroalimentaires, forestières et minières n'hésitant pas à jouer des tensions entre les communautés pour prendre le contrôle des richesses naturelles.

En près de cinquante ans, on compte ainsi dans cette région, marquée par les vendettas et représailles à l'issue fatale, plus de 140 000 morts et des millions de déplacés.

La famille de Satra est impliquée dans une guerre de clans contre la famille Ismael, le conflit les opposant provoquant des représailles incessantes à l’issue fatale de part et d’autre –une situation récurrente dans cette région du monde où ce type de conflit a un nom (provenant du dialecte maranao) : rido.

Satra est profondément secouée par le meurtre récent de son époux, Hasmullah. Farida, la médiatrice et doyenne de la communauté, tente de dissuader la famille de Satra de tomber dans le piège mortel du rido, une vie ayant été perdue du côté de chacune des deux familles. Mais Mustafa, le père de Satra, ne peut se résoudre à en rester là, au nom de l’honneur de la famille, et va même jusqu’à vendre les bijoux de sa fille pour se procurer une mitraillette.

" Les Femmes de la rivière qui pleure " est une authentique illustration de la culture de guerre, endémique à Mindanao, provoquant morts, expropriations et déplacements de familles. Et d’un point de vue sociologique, c’est un phénomène qui mine la communauté locale.

Les interprètes choisis par Sheron Dayoc en savent quelque chose : tous sont des non-professionnels et natifs de cette région. Ainsi, le père de Laila Ulao, qui interprète le rôle de Satra dans le film et qui dans la vie réelle est infirmière, a été assassiné. Dans l’autre famille, c’est une femme qui a été brûlée vive.

Quant à l’interprète du rôle de Farida, Sharifa Pearlsia Ali-Dans, elle a été Secrétaire Adjointe du Département de l’Intérieur et du Gouverment Local de la Région Autonome en Mindanao Musulmane (ARMM) et responsable de la mise en place du programme local Gender and Development pour l’égalité des femmes. Quand elle a été contactée par la production du film, elle pensait être sollicitée pour un cameo. Quelle ne fut pas sa surprise en apprenant qu’elle était requise sur le tournage du film durant deux semaines ! Mais elle n’a pas hésité une seconde, en se disant que le cinéma pouvait constituer un vecteur pédagogique puissant.

En disséquant une tradition locale qui confère aux hommes le pouvoir de décision –et donc de vie ou de mort– et où l’on attend des femmes qu’elles se contentent de suivre l’autorité patriarcale, Sheron Dayoc met en fin de compte en évidence la futilité tragique de la guerre, dans cette région oubliée du monde, qui compte inéluctablement parmi ses victimes des innocents pris entre deux feux.

"Si l'on ne finit pas la guerre, la guerre nous finira." - H. G. Wells

A PROPOS DE SHERON DAYOC

Sheron Dayoc a reçu une éducation protestante, fait ses études dans un lycée catholique et a grandi à Zamboanga, une ville à l’ouest de l’île de Mindanao, aux Philippines, où cohabitent bon an mal an Chrétiens et Musulmans. Il est diplômé de philosophie.

Sheron Dayoc s’est fait connaître avec des films documentaires, notamment " The Crescent Rising ", récompensé au Festival de Busan en 2016, qui évoquait déjà la vie des femmes de Mindanao, et dont " Les Femmes de la Rivière qui Pleure " est le prolongement sous forme de fiction. Son premier long-métrage de fiction, " Ways of the Sea " (Halaw) a remporté le prix NETPAC au Festival de Berlin en 2011 et a été présenté dans plus de 40 festivals internationaux.

Sheron Dayoc a créé sa propre société de production, Southern Lantern Studios.

DISTRIBUTEUR : DISSIDENZ FILMS

 



 


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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 17 au 23 Janvier 2018

SALLE 1

ENQUETE AU PARADIS de Merzak ALLOUACHE - (VOSTF)
Tous les jours (sauf vendredi) : 12h50, 16h35, 20h40
Vendredi : 13h35, 16h00, 18h30

Mercredi 17 Janvier : Première à 20h40 suivie d’un débat en présence de Merzak Allouache (réalisateur), Bahia Allouache (Co-scénariste, productrice), Salima Abada (rôle principal) et gilles Boulanger (distributeur).

Mardi 23 Janvier : Séance de 20h40 suivie d’un débat en présence de Merzak Allouache (réalisateur), Bahia Allouache (Co-scénariste, productrice), Salima Abada (rôle principal) et Gilles Boulanger (distributeur).



LAS MARIMBAS DEL INFIERNO de Julio Hernandes CORDON - (VOSTF)
Tous les jours : 15h10 (sauf vendredi), 22h15 (sauf vendredi et lundi)

TASTE OF CEMENT de Ziad KALTHOUM - (VOSTF)
Tous les jours (sauf vendredi) : 19h00

Jeudi 18 Janvier : Séance de 19h00 suivie d’un débat en présence de Geneviève Garrigos, ancienne présidente de Amnesty International.

Dimanche 21 Janvier : Séance de 19h00 suivie d’un débat en présence de Anne Grange réalisatrice du film tadmor et Nadine Naous, réalisatrice du film libanais Home Sweet Home.

DERRIERE LES FRONTS de Alexandra DOLS - (VOSTF)
Vendredi : 20h55

Vendredi 19 Janvier : Séance de 20h55 suivie d’un débat avec la réalisatrice Alexandra Dols et Alain Gresh, directeur du journal en ligne OrientXXI, auteur, avec Hélène Aldeguer de " Un chant d’amour. Israel-Palestine, une histoire française ". Débat animé par le journaliste et écrivain Nadir Dendoune

SALLE 2

THARLO, LE BERGER THIBETAIN de George OVASHVILI - (VOSTF)
Tous les jours : 16h10, 18h20
Mercredi, Jeudi, Dimanche, Mardi : 14h00
Vendredi, Samedi, Lundi : 12h35

VIENNE AVANT LA NUIT de Robert BOBER - (VOF)
Vendredi, Samedi, Lundi : 14h45

ENSEIGNEZ À VIVRE ! de Abraham SEGAL - (VOF)
Vendredi, Lundi : 20h30

Vendredi 19 Janvier : Séance de 20h30 suivie d’un débat avec des élèves et des enseignants du Lycée Autogéré de Paris (LAP).

Lundi 22 Janvier : Séance de 20h30 suivie d’un débat avec Bruno Brisebarre (représentant de la Fédération des Comités de Parents d’Elèves au Val d’Oise (FCPE 95), au Comité EconomiqueSocial et Environnemental d’Ile-de-France (CESER).

LES FEMMES DE LA RIVIERE QUI PLEURE de Sheron DAYOC - (VOSTF)
Jeudi, Dimanche : 20h30

MENINA de Cristina PINHEIRO - (VOSTF)
Mardi : 20h30

MARIANA de Marcela SAID - (VOSTF)
Mercredi, Samedi : 20h30