ESPACE SAINT-MICHEL

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Cinéma Espace Saint-Michel
  
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HOTEL SALVATION de Shubhashish BHUTIANI

SORTIE NATIONALE : 2 mai 2018

1h35 –Inde, Grande-Bretagne – 2016

 

SYNOPSIS

Daya, un vieil homme, sent que son heure est venue et souhaite se rendre à Varanasi (Bénarès), au bord du Gange, dans l’espoir d’y mourir et atteindre le salut. A contrecoeur, son fils Rajiv l’accompagne, laissant derrière lui son travail, sa femme et sa fille.

Arrivés dans la ville sainte, les deux hommes louent une chambre à l’Hôtel Salvation, un endroit réservé aux personnes en fin de vie. Mais le temps passe et Daya ne montre pas de signe de fatigue. Or le directeur de l’établissement a été formel : au bout de quinze jours, ils devront laisser la place aux nouveaux arrivants. Cette attente inopinée est enfin l’occasion pour le père et son fils de se connaître et de se comprendre.

LE MOT DU REALISATEUR

Lorsque j’ai entendu parler de ces hôtels à Vârânasî (Bénarès), j’ai dû me rendre sur place pour y croire. Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre d’un lieu où les clients viennent dans l’espoir de trouver la mort.

À ma grande surprise, ces hôtels étaient tous très modestes, s’intégrant parfaitement au décor de la ville, cachés entre deux allées, parfois difficiles à trouver, avec chacun son propre règlement qui régissait l’ensemble tel un microcosme. Mais la véritable surprise venait des conversations que j’entretenais avec les clients, lorsque j’apprenais leurs histoires respectives.

L’une de ces histoires, celle d’un fils qui dut accompagner son père pour ses derniers jours, a changé ma perception de ces hôtels. J’ai compris que l’Hotel Salvation n’était pas un lieu à proprement parler, mais un endroit façonné par les relations qu’entretenaient ses habitants. Alors que le film aurait pu s’intéresser à n’importe quel client de l’hôtel, Hotel Salvation traite de l’impact de ce lieu sur une famille. Le film explore l’idée de la libération de l’âme et de sa signification au travers de trois générations différentes, à commencer par le patriarche.

Ironiquement, Hotel Salvation n’est pas une question de mort, mais de vie et de relations qui font de nous ce que nous sommes, dans une ville où la mort est parfois vue comme faisant partie intégrante des choses, et parfois même comme une célébration.

A PROPOS DU REALISATEUR

Shubhashish Bhutiani a grandi dans une petite ville himalayenne en Inde et a fait ses études à la Woodstock School à Mussoorie. Après s’être grandement impliqué dans le théâtre en tant qu’acteur, il s’est intéressé à l’écriture et est parti faire des études de réalisation en 2013 à la School of Visual Arts à New York. Son court-métrage de soutenance, Kush a été diffusé en avant-première au Festival International de Film de Venise de 2013 où il a remporté le Orizzonti Award du meilleur court-métrage. Kush a également été dans la short list pour l’Oscar du meilleur court-métrage de fiction en 2014, et a remporté plus de 25 récompenses à l’international dont le prestigieux National Award, décerné par le président de l’Inde en 2013.

Le premier long métrage de fiction de Shubhashish Bhutiani, Hotel Salvation (Mukti Bhawan) a été projeté en avant-première au 73ème Festival International de Film de Venise en 2016.

Le film a obtenu le prix "Enrico Fulchignoni" ainsi que la médaille Gandhi UNESCO en 2016. Hotel Salvation a été présenté dans des festivals renommés, comme le Festival International du Film de Busan 2016, le Festival International du Film de Dubai 2016, le Festival International du Film de Genève, la Berlinale EFM et le Festival du Film de Vesoul où il a remporté le Prix de la Critique.

Shubhashish a également été finaliste pour la récompense Emerging Voices in Cinema du Financial Times / Oppenheimer Funds. Forbes India l’a en outre classé en janvier 2017 dans sa liste des 30 jeunes talents " under 30 " à suivre en tant qu’auteur et réalisateur.

INTERVIEW DU REALISATEUR

Quels sont les thèmes centraux de votre film ?

Le thème important pour moi était d’abord la libération. Il y a la libération spirituelle du père, la libération plus matérielle du fils, prisonnier de son travail et de la technologie, et la libération de la petite fille vis à vis de la tradition, en choisissant de se marier par amour et de travailler.

La réconciliation est aussi un thème central. À la fin votre vie, vous avez tendance à penser à toutes les erreurs que vous avez pu faire. En Inde, et d’autant plus à Vârânasî, c’est important de se délivrer de ces choses-là et de se réconcilier, et c’est exactement ce que cette aventure permet au père et son fils.

Le film évoque également les conflits entre monde moderne et traditions. L’Inde n’a pas encore trouvé l’harmonie entre le respect des traditions ancestrales, représentées dans le film par le père et la ville sainte, et le monde toujours plus moderne, sur-connecté et capitaliste, représenté par le fils et la petite-fille.

Hotel Salvation touche toutes les générations et c’est essentiellement un film sur la vie, la famille et l’amour dans toutes ses dimensions.

Comment le film a-t-il été reçu en Inde ?

En Inde, les films qui restent à l’affiche sont des gros blockbusters hollywoodiens ou Bollywoodiens. Je me suis dit que si mon film tenait deux semaines, je serais content. Il a tenu cinq semaines dans les salles et n’a eu que des bonnes critiques et un excellent bouche à oreille. J’ai voulu faire un film qui toucherait tout le monde, en espérant qu’en sortant de la salle, les spectateurs éprouvent l’envie d’appeler leur famille.

Comment est née l’histoire du film ?

Après mes années d’école de cinéma à New-York, je voulais réaliser mon premier long-métrage en Inde. En rentrant chez moi, j’ai décidé de me rapprocher de ma famille que j’avais l’impression de ne plus connaître, puis de renouer avec mon pays en voyageant du sud de l’Inde jusqu’à Vârânasî (Bénarès). C’est là que j’ai découvert les hôtels du Salut où les mourants louent une chambre pour 15 jours et repartent chez eux s’ils ne sont pas morts entre temps. Je n’en revenais pas que cela puisse exister. Et j’ai décidé d’écrire un film là-dessus.

Adil Hussain est un acteur très connu. Comment avez-vous réussi à l’engager sur le film ?

Mon père qui est l’un des producteurs du film a réussi à le contacter et lui a pitché l’histoire. Adil a accepté de me rencontrer autour d’un thé. Je lui ai dit " Je n’ai pas fini le scénario, mais voilà le film que je veux faire et voilà ton personnage. On tourne dans deux mois, non négociable ". C’est un homme très philosophique, et après dix minutes, il m’a dit " Envoie-moi le script une fois terminé et faisons-le ". J’étais très heureux, et il a été d’un grand soutien.

En Occident, la mort est pour beaucoup un sujet tabou. Comment est-elle perçue en Inde ?

C’est dur à dire car on est 1.3 milliards d’habitants en Inde et chacun a sa propre philosophie et sa propre religion, donc je parlerai spécifiquement de Vârânasî où nous avons tourné le film.

C’est un endroit magnifique pour explorer la mort, peut-être le lieu le plus approprié pour cela. Les enfants vont à l’école et croisent les morts au quotidien sans être dérangés. C’est tellement inhérent à l’air de la ville. Vârânasî est un lieu où les gens célèbrent la mort, car ils la voient comme un succès. Mourir dans cette ville sainte offre le Salut et, en Inde, cela signifie libérer son âme du cycle des réincarnations. La mort n’est donc plus un tabou. C’est davantage une source de bonheur, une célébration, un succès. Vârânasî est très ouverte à la mort, mais ce n’est pas partout comme cela dans le pays. Nous, les humains, sommes très sensibles au sujet et ne voulons pas trop en parler...

Comment expliquez-vous la maturité de votre réalisation ?

J’aimerais vous dire que j’ai tout fait tout seul, mais c’est vraiment un travail collaboratif. Le scénario s’est construit avec les précieux conseils de mon entourage puis de mon équipe pendant le tournage. J’ai aussi beaucoup discuté avec des personnes âgées pour enrichir mes personnages et les rendre plus authentiques.

Était-ce important pour vous de traiter le sujet avec humour et légèreté ?

Oui. Quand j’ai entendu parler de cet hôtel du Salut, où au bout de 15 jours, tu retournes chez toi si tu n’es pas mort, ça m’a fait rire. Sur place, il y avait même un règlement intérieur. Tu dois manger de la nourriture végétarienne, être silencieux... presque comme à l’école ! En réalité, je n’avais pas vraiment besoin de créer des gags. L’humour venait naturellement de l’endroit et des circonstances : mes personnages devant vivre ensemble malgré leurs différences.

À peine 26 ans et déjà un long-métrage à succès... avez-vous des films préférés qui vous ont influencé ?

C’est toujours la question la plus difficile pour moi… mais un film français en particulier a changé ma vie : Les Quatre Cents Coups. Je l’ai découvert très jeune et il a changé ma façon de voir les choses et les films. Le cinéma français m’a beaucoup influencé. J’ai adoré étudier la Nouvelle Vague en école de cinéma et beaucoup de ces films font partie de mes préférés. Je pourrais en parler des heures durant.

DISTRIBUTEUR : JUPITER FILM



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 18 au 24 Avril 2018

SALLE 1

JEAN ZIEGLER de Nicolas WADIMOFF - (VOF)
Tous les jours : 13h35 (sauf samedi), 15h15, 17h00, 20h30, 22h10 (sauf vendredi, mardi)

Vendredi 20 Avril : Séance de 20h30 en présence de Niels Andersson, éditeur et analyste politique, Ami de Jean Ziegler et membre d’Attac.

DEMONS IN PARADISE de Jude RATNAM - (VOSTF)
Vendredi : 13h25
Dimanche, Mardi : 18h45

MALA JUNTA de Claudia HUAIQUIMILLA - (VOSTF)
Mercredi, Vendredi : 18h45

L’INSOUMIS de Gilles PERRET - (VOF)
Jeudi, Samedi, Lundi : 18h45

ENQUETE AU PARADIS de Merzak ALLOUACHE - (VOSTF)
Samedi : 12h55

SALLE 2

SOUTHERN BELLE de Nicolas PEDUZZI - (VOSTF)
Tous les jours : 13h10 (sauf vendredi), 16h40, 21h50

APRES L’OMBRE de Stéphane MERCURIO - (VOF)
Tous les jours : 18h15

MOBILE HOMES de Vladimir de FONTENAY - (VOSTF)
Tous les jours : 14h45 (sauf vendredi), 20h00

VIENNE AVANT LA NUIT de Robert BOBER - (VOF)
Vendredi : 15h10