ESPACE SAINT-MICHEL

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L’ENSEIGNANTE de Denis DERCOURT

SORTIE NATIONALE : 5 Juin 2019

1h17 –Allemagne – 2019

 

SYNOPSIS

À Berlin, un jeune migrant souhaite apprendre l’allemand. Mais l’enseignante qu’il choisit suit une méthode originale qu’elle veut appliquer à la lettre. À mesure que les leçons progressent, l’élève devient l’esclave de l’esprit pervers de son éducatrice…

BIOGRAPHIE DU REALISATEUR

Fils d’un producteur de cinéma et d’une mère professeur de piano, Denis Dercourt obtient, parallèlement à ses études de musique au Conservatoire de Paris, une licence de Philosophie puis un diplôme des Beaux-Arts. De 1988 à 1993, il est alto solo au sein de l’Orchestre Symphonique Français. Depuis, il enseigne la musique de chambre au Conservatoire de Strasbourg. 1997 marque ses débuts de réalisateur avec le moyen métrage "Le Déménagemen"t. En 1998, il fonde, avec son frère Tom Dercourt, la société " Les films à un dollar " et se fait remarquer avec "Les Cachetonneurs", une comédie dramatique qui retrace les péripéties d’instrumentistes qui courent le cachet. Après "Lise et André", road movie mettant en scène une mère prête à tout pour sauver son fils, la musique se retrouve à nouveau au centre de ses trois longs métrages suivants : "Mes enfants ne sont pas comme les autres" (2003), "La Tourneuse de pages" (2006), son plus gros succès à ce jour, et "Demain dès l’aube" (2009) présenté, comme son précédent, dans la section Un Certain Regard à Cannes. Quatre ans plus tard, Denis Dercourt revient coup sur coup avec deux films : "La Chair de ma chair" et "Pour ton anniversaire", l’histoire de deux adolescents qui scellent un pacte irréversible à l’époque de la DDR. Puis il réalise en 2015, "En équilibre", avec Albert Dupontel et Cécile de France, d’après l’histoire vraie de Bernard Sachsé, ancien cascadeur devenu paraplégique après une chute de cheval lors d’un tournage. En 2018, il dirige les cinq premiers épisodes de Deutsch-les-Landes, une série comique franco-allemande pour Amazon Prime sur les clichés et stéréotypes véhiculés l’un sur l’autre par les deux pays, avant de finaliser "L’Enseignante" début 2019.

ENTRETIEN AVEC LE REALISATEUR


Comment t’est venue l’idée du film ?

J’ai commencé à l’imaginer pendant l’hiver 2015. À Berlin, où j’habite, les premières vagues de réfugiés arrivaient de la frontière bavaroise, pour être affectés dans différents centres à travers la ville. Le soir les hommes sortaient malgré le froid. Généralement, ils étaient par petits groupes, mais il y en avait aussi qui erraient seuls dans les rues désertes. Quand on les croisait, ils donnaient l’impression de vivre un cauchemar éveillé. C’est cette image qui a donné sa première impulsion au film. Dans la journée, ces hommes avaient dû suivre des cours de langue allemande - qui n’est pas la langue la plus facile à apprendre - où on leur inculquait aussi des notions élémentaires concernant la culture du pays. En commençant à imaginer le film, il paraissait évident que j’allais jouer avec ces références plus ou moins explicites qu’on demandait aux migrants de s’approprier : la musique de Wagner et Strauss, les contes de Grimm, etc.

J’ai su, par ailleurs, dès le départ, comment le récit allait se clore, peut être parce qu’il y avait cette phrase du poète Paul Celan qui ne me quittait pas : " La mort est un maître d’Allemagne ". Visuellement, je voulais aussi qu’on retrouve une référence au tableau le plus célèbre de la culture nihiliste, "L’Île des morts" de Arnold Böklin, qui est accroché dans un des musées de la ville.

Comment s’est passée l’écriture ?

J’ai commencé par écrire, tourner, puis monter dans la foulée, la scène de la première leçon où l’enseignante rencontre son élève et lui explique ce qu’est la " pédagogie actionnelle ", principale méthode utilisée dans les cours d’intégration pour les migrants.

Puis j’ai voulu prendre le temps de réfléchir à la manière dont j’allais aborder l’arc narratif qui allait conduire le spectateur au final que j’avais déjà en tête, une approche très différente de mes films précédents. Finalement, j’ai imaginé pour chaque scène plusieurs solutions que j’ai jouées chaque fois aux dés. Tous les oulipiens, qu’ils soient écrivains ou plasticiens, connaissent les avantages de cette méthode, notamment en ce qu’elle empêche de retomber dans les travers d’une logique trop discursive. Mais, pour un cinéaste, elle est difficile à mettre en oeuvre, et la contrainte qu’elle fait peser sur les acteurs, par ricochet, est très forte.

Justement, comment as-tu choisi tes deux acteurs principaux, Julia Franzke et Olivier Dovergne ?

Dans le quartier du nord de Berlin où j’habite, il y a une tradition de théâtre populaire tout à fait unique. Chaque mois, les acteurs créent un nouvel épisode à des pièces de théâtre qui fonctionnent comme des séries. Pour les acteurs c’est une vraie performance technique, et Julia Franzke en est une des grandes stars. Julia avait fait une apparition dans mon film précédent et, à la suite de notre rencontre, j’étais allé la voir souvent sur scène. On n’a pas eu besoin de faire beaucoup d’essais avant que je lui propose le rôle : Julia a, en effet, tout de suite pris l’élocution des professeurs de langue qui ont été les cauchemars de mon adolescence. Pour le rôle principal masculin, je tenais à travailler avec quelqu’un dont cela serait la première expérience devant la caméra afin qu’il soit au plus près de son personnage. Hector représente l’innocence absolue face à la perversion absolue de l’enseignante. Pour ce rôle, qui était très exigeant autant émotionnellement que techniquement, j’ai eu la chance de trouver presque tout de suite la " perle rare " en la personne d’Olivier Dovergne, qui habite en Grèce et n’avait à l’époque que des rudiments d’allemand. Dès le premier jour de tournage, Olivier a montré des intuitions de comédien confirmé. Il a notamment su insuffler des aspérités et une certaine sauvagerie au personnage.

Après "La Chair de ma chair", "L’Enseignante" est ton second film à se libérer de toutes les contraintes des productions dites " classiques ". Est-ce par insatisfaction, frustration ou esprit d’aventure que tu as choisi de continuer d’explorer cette manière de faire ?

Le travail avec une équipe extrêmement réduite n’est absolument pas un choix contraint, bien au contraire. Dans la tradition musicale " classique ", il y a tout un corpus d’oeuvres où les créateurs explorent les possibilités de leur art à nu, avec un seul instrument. Depuis le XIXe siècle, on appelle cela " Études ", " Fantaisies ", " Caprices ". Je préfère ce dernier terme, sans doute aussi à cause de la série des gravures de Goya, les "Caprices de la guerre", qui a été une influence pour "L’Enseignante".

La musique tient un rôle central dans tous tes films, directement ou indirectement. Dans "La Chair de ma chair", le " tempo musical " choisi s’apparentait à un poison. Quid de "L’Enseignante" ?

Pour "L’Enseignante", même si je ne doutais pas que de l’ironie affleurerait constamment, je savais que je voulais faire un " feel bad movie ". Lorsque Jérôme Lemonnier a suggéré un marimba percussif, il a été immédiatement évident que c’était la bonne direction, d’autant plus qu’il était ponctué par un motif de corne de brume, une manière de jouer ironiquement avec la notion de destin, le " Schicksal ", véritable obsession dans l’art allemand. Jérôme a également parfaitement su jouer du contraste entre cette direction et les plages de musique symphonique classique. De manière plus générale, pour l’écriture de la bande son, je ne désire pas intervenir dans le travail de Jérôme. C’est lui qui me propose sa vision du film au fur à mesure du montage.

"L’Enseignante" s’inscrit dans un projet d’un cinéma au sens strict "entêtant". Comptes-tu continuer à explorer cette voie qui semble s’affirmer plus consciemment ?

Il y a effectivement ce point commun avec "Pour ton anniversaire" et "La Chair de ma chair", mes deux films précédents tournés en Allemagne. C’est un cinéma conçu comme une expérience mentale, qui cherche à provoquer une sorte d’étourdissement, une ivresse. Peut-être parce qu’en tant que spectateur, c’est ce que je cherche moi-même dans un film. Ceci étant, "L’Enseignante" fonctionne également sur d’autres niveaux. Dans mon esprit, il a toujours gardé la forme d’un couteau acéré. C’est à la fois une variation psychologique sur le thème de la servitude volontaire, mais aussi un commentaire politique sur l’Allemagne, ce pays qui semble n’en pas finir d’avoir deux visages, en même temps pays d’accueil et pays qui tue.

Certains films ou certains cinéastes ont-ils influencé de manière directe ou indirecte "L’Enseignante" ?

 

Pour l’atmosphère de ce film, je voulais qu’il y ait une référence à la notion d’oeuvre d’art total, telle qu’elle a été retravaillée de manière critique par de grands cinéastes comme Hans-Jürgen Syberberg ou Alexander Kluge. Par conséquent, il fallait que le film débute par ces gravures de torture de la Guerre de Trente ans avec, en toile de fond, la musique de Richard Wagner. L’autre référence importante, c’est Pier Paolo Pasolini. Pour "La Tourneuse de pages", j’avais demandé à Déborah François de voir "Théorème". Cette fois-ci, c’est "Salo, ou les 120 journées de Sodome" qui m’a servi de source d’inspiration, aussi bien pendant l’écriture que durant le tournage.

 

 

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LES DEUX SALLES SONT EQUIPEES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 19 au 25 Juin 2019

SALLE 1

ANNA, UN JOUR de Zsofia SZILAGYI - (VOSTF)
Tous les jours: 13h20, 15h05, 16h55, 20h20, 22h05

J’VEUX DU SOLEIL de Gilles PERRET et François RUFFIN - (VOF)
Tous les jours (sauf vendredi): 18h50

HER JOB de Nikos LABOT - (VOSTF)
Vendredi : 18h40

SALLE 2


PERMACULTURE, LA VOIE DE L’AUTONOMIE de Carinne COISMAN et Julien LENOIR - (VOF)
Tous les jours: 15h25, 16h45 (sauf mercredi, jeudi, lundi), 18h00, 20h35 (sauf vendredi, samedi, mardi)

Jeudi 20 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Bruno Parmentier, économiste, écrivain, ancien directeur d’école d’agriculteur d’Angers et conférencier : " Nourrir l’humanité ? "

Samedi 22 Juin : Séance de 18h00 suivie d’un débat en présence de Christophe Bichon, coordinateur des Estivales de permaculture et salarié de l’association le Sens de l’humus.

L’ENSEIGNANTE de Denis DERCOURT - (VOSTF)
Mercredi, Jeudi, Lundi : 16h40
Vendredi : 20h35

Vendredi 21 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Denis Dercourt, réalisateur du film.

PALMYRE de Monika BORGMANN et Lokman SLIM - (VOSTF)
Samedi, Mardi : 20h35

Samedi 22 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence de Anne Grange, co-productrice du film.

Mardi 25 Juin : Séance de 20h35 suivie d’un débat en présence du Dr Ghada Hatem-Gantzer, chirurgien spécialiste des femmes victimes de violence. Thème du débat : Intégrité/Désintégration physique et violences corporelles.

LE FILS de Alexander ABATUROV - (VOSTF)
Tous les jours: 19h15

THE REPORTS ON SARAH & SALEEM de Muayad ALAYAN - (VOSTF)
Tous les jours: 13h00

LES CHINOIS ET MOI de Renaud COHEN - (VOSTF)
Mercredi : 21h50

LA MISÉRICORDE DE LA JUNGLE de Joel KAREKEZI - (VOF)
Dimanche, Lundi : 21h50