ESPACE SAINT-MICHEL

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KHIBULA de George OVASHVILI

SORTIE NATIONALE : 15 Novembre 2017

1h37 – Allemagne, France, Géorgie – 2016

SYNOPSIS

Le président déchu, qui incarnait autrefois l’espoir d’une nation nouvelle, tente de reconquérir le pouvoir.

Escorté par une poignée de fidèles, il traverse clandestinement les paysages majestueux de la Géorgie, tour à tour accueillants et inquiétants.

NOTE DU REALISATEUR

J’ai commencé à travailler sur le sujet de " Khibula " en 2009, juste après la production de mon premier long-métrage, " L’Autre Rive ", mais le sujet m’intéressait déjà depuis longtemps. J’étais passionné par la recherche de la vérité autour des derniers jours du Président de mon pays et des circonstances de sa mort. Et il n’y avait pas de réponses à ces questions.

J’ai tenté d’adapter le sujet à l’écran, mais j’ai eu le sentiment de ne pas être prêt, en tant que réalisateur. Le contexte politique n’était pas non plus favorable. J’ai donc mis de côté ce projet et me suis lancé dans le développement et la réalisation de " La Terre éphémère ". J’ai ensuite repris mon dossier " Khibula " et ai à nouveau rencontré des résistances. J’ai plusieurs fois soumis le scénario pour obtenir des financements en Géorgie, il fut à chaque reprise incroyablement mal noté. Je ne pouvais m’imaginer à quel point certaines forces résistaient à la réouverture de ce sujet. En 2015, après le succès de " La Terre éphémère ", le Premier ministre géorgien de l’époque, Irakli Gharibashvili promit de m’aider à tourner le film et il le fit.

Je ne connaissais pas le Président. Je ne l’ai rencontré en personne qu’une seule fois, au cours d’un meeting. J’étais très impressionné par son charme incroyable. Il est facile d’être fasciné.

Lorsqu’il quitta le pays, j’étais étudiant en cinéma. Les affrontements se passaient à 200 mètres de notre école. Mes amis et moi étions sous influence idéologique en ce temps là ; nous croyions que les rebelles se battaient contre un dictateur et pour la libération du pays. Nous n’étions pas partie prenante, mais avions de la sympathie pour les militaires. Plus tard, tout a changé. La mort du Président nous a amenés à réfléchir et à envisager la situation différemment. La décision du Président de ne pas quitter le pays pour une seconde fois, alors qu’il savait exactement que cela le conduirait à la mort, me plaisait. J’ai réalisé qu’il ne se battait pas pour le pouvoir, mais qu’il aimait réellement son pays.

Son nom n’est pas mentionné dans le film car il représente la figure collective d’autres leaders qui ont partagé plus ou moins le même sort. Les gens les ont créés, comme chefs d’état et comme idoles, puis ont détruit leurs propres créatures.

J’ai cherché un acteur géorgien pour interpréter le rôle du Président, mais ne l’ai malheureusement pas trouvé. Je ne souhaitais pas la ressemblance physique au personnage historique, mais un acteur qui aurait eu un état intérieur proche de celui de mon personnage. Hossein Mahjoob m’a semblé être celui que je cherchais. Pas parce qu’il est iranien… il aurait tout aussi bien pu être islandais.

Depuis le début, j’ai décidé de tourner ma trilogie en 35mm. J’ai réussi à suivre cette décision avec l’aide de mes producteurs. C’est une volonté qui semble étrange à beaucoup, mais pour moi, ça ne l’est pas. Le 35mm me permet d’être plus concentré pendant les tournages. C’est concret et matériel, cela m’aide à rester fort et ferme pendant le travail.

ENTRETIEN AVEC LE REALISATEUR

Qu’est-ce qui vous a inspiré dans l’histoire de Zviad Gamsakhurdia et de sa présidence ?

L’histoire de Zviad Gamsakhurdia touche une corde sensible chez tous les Géorgiens et je ne fais pas exception. C’est l’histoire peu commune d’un homme très spécial. Elle m’intéresse sous plusieurs angles, mais j’ai souhaité principalement raconter l’histoire d’un président qui n’est plus président. C’est une étude de l’univers intérieur d’un homme, autrefois très puissant, qui a tout perdu : sa position, son autorité, son influence. Zviad Gamsakhurdia a vécu cette situation d’une façon absolument unique. La perte de biens matériels et la douleur physique n’étaient rien en comparaison avec la douleur spirituelle qu’il a endurée jusqu’à la fin. C’est ce qui m’a le plus inspiré.

Étiez-vous plus intéressé par cette histoire personnelle - la façon avec laquelle un leader, autrefois puissant, gère la défaite et tente de survivre - ou par les circonstances historiques et politiques du putsch et sa lutte pour reprendre le pouvoir ?

L’histoire personnelle, définitivement. Le film commence avec sa tentative de survie et de reprise du pouvoir car il est convaincu qu’il trouvera assez de partisans loyaux dans les montagnes. Il réalise vite que c’est une illusion. À partir de ce moment, son histoire personnelle se développe plus en profondeur et on peut se demander s’il tente de survivre ou tout le contraire exactement.

Pour certains Géorgiens, Zviad Gamsakhurdia est le leader héroïque qui a mené le pays à l’indépendance. Pour d’autres il est un personnage autoritaire au comportement despotique. Comment le voyez-vous dans votre film ?

Je n’aborde absolument pas ce sujet dans le film. Ce n’est pas essentiel au regard de ce que je veux exprimer. Le film commence alors qu’il est déjà déchu - pas officiellement mais dans les faits - et je ne me préoccupe pas du fait qu’il ait été un héros ou un tyran pendant son exercice présidentiel. Dans tous les cas, il avait perdu tous ses partisans et cela avait énormément affecté son état psychologique.

Comment les Géorgiens considèrent-ils Gamsakhurdia aujourd’hui ? Comment décririez-vous l’héritage qu’il a laissé au pays ?

Bien que 25 ans se soient écoulés, la vie personnelle et politique de Zviad Gamsakhurdia est toujours d’actualité en Géorgie. Je ne pourrais pas dire que le pays en ait une opinion consensuelle. Je pense que les opinions contradictoires existeront jusqu’à ce que nous réussissions à trouver des réponses aux questions qui se posent quant à cette mystérieuse période de notre histoire et que nous comprenions enfin les vraies raisons de ce drame national.

Les événements du film se sont déroulés il y a 25 ans, mais l’histoire continue aujourd’hui en Géorgie ; on peut également faire des parallèles avec l’Ukraine. Quels sont les enseignements que l’on peut tirer de votre film et des événements qui ont mené à la guerre civile et à la mort de Gamsakhurdia ?

Zviad Gamsakhurdia tentait de revenir au pouvoir, mais il a abandonné. C’était son choix bien sûr, mais toute la nation - les forces politiques comme les citoyens ordinaires - ont beaucoup contribué à ce qu’il opère ce choix. L’indifférence et l’irresponsabilité de la société ont conduit à sa chute personnelle et ont mené la nation à un désordre de masse qui n’a pu être résolu pendant des décennies. J’espère que les spectateurs réussiront à examiner ce problème de façon impartiale, qu’ils identifieront leurs propres erreurs et en tireront des leçons pour le futur.

Quel rôle a eu la Russie dans la destitution du Président Gamsakhurdia ?

Zviad Gamsakhurdia a gagné l’indépendance de la Géorgie et est sorti de l’Union Soviétique. C’est évident qu’il n’était pas le " chouchou " de la Russie. Edouard Chevardnazé, le célèbre homme politique soviétique et ancien ministre des affaires étrangères de l’Union Soviétique, fut le leader du conseil militaire qui a renversé le gouvernement de Gamsakhurdia. Après la mort de Gamsakhurdia, il a été élu en tant que deuxième président de la Géorgie. Je suppose que ça explique tout.

Vos deux films précédents, " L’Autre Rive " et " La Terre éphémère " traitaient également de certains aspects de la guerre civile géorgienne. Quel impact ont eu les conflits d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud sur vous et sur votre travail en tant que réalisateur ?

Un impact direct et persistant puisque mes trois longs-métrages traitent de cela. Bien des gens pensent que les Géorgiens ont une attraction morbide pour le sujet, mais je pense que c’est normal. Ces aspects des années 90 - divers, intéressants et hélas très cruels - sont impossibles à comprendre complètement. C’est une période de notre histoire contemporaine qui nous préoccupe beaucoup.

Préparez-vous déjà votre prochain film, et si oui, quel en sera le sujet ?

Je vais faire un autre film sur la guerre géorgio-abkhaze. L’écrivain géorgien, Guram Odisharia, forcé à quitter son pays, l’Abkhazie pendant les hostilités, a décrit cette fuite infernale dans son roman " The pass of the persecuted ". L’autoroute de la côte était fermée à cause de la guerre civile et pour se mettre en sécurité, les gens devaient marcher 200 km, traverser les montagnes du Caucase et surtout franchir le col d’une montagne extrêmement difficile, situé à 3 000 mètres d’altitude. Des centaines de gens y ont trouvé la mort. Le scénario du film est basé sur ce roman, lui-même basé sur des événements réels.

CONTEXTE HISTORIQUE

Zviad Gamsakhourdia, militant dissident

Opposant au régime soviétique, Zviad Gamsakhourdia est enfermé 6 mois dans un asile psychiatrique à la fin des années 50. Au début des années 1970, il se rapproche des dirigeants de l’église orthodoxe de Géorgie et cofonde le groupe d’initiative pour les droits de l’homme, puis devient le premier adhérent géorgien d’Amnesty International en 1974. Universitaire reconnu (chercheur à l’institut de littérature géorgienne, professeur associé à l’université d’Etat de Tbilissi, membre de l’union des écrivains géorgiens), traducteur de T. S Eliot, William Shakespeare et Charles Baudelaire, il participe à de nombreuses revues clandestines.

À la fin des années 1970, Gamsakhourdia et un autre opposant, Kostava, sont condamnés à trois ans de travaux forcés ainsi qu’à trois ans d’exil pour activités anti-soviétiques. Les deux hommes sont proposés pour le prix Nobel de la paix de 1978.

Après s’être rétracté, Gamsakhourdia est relâché, purgeant seulement deux années de sa peine. Kostava restera en prison jusqu’en 1987.

Gamsakhourdia reprend ses activités de dissident dès sa sortie de prison, ce qui lui vaudra une autre condamnation et un nouvel emprisonnement en 1981.

Dans une lettre ouverte à Edouard Chevardnazé, datée du 19 avril 1992, Gamsakhourdia écrit " mes soi-disant aveux étaient nécessaires (...) sans cette confession, ma sortie de prison en 1979 n’aurait pas eu lieu et alors il n’y aurait pas eu d’ascension du mouvement national ".

 

Zviad Gamsakhourdia, élu président de la Géorgie

À la mise en place de la Glasnost par Mikhaïl Gorbatchev, Gamsakhourdia joue un rôle clef dans l’organisation de manifestations de masse pour l’indépendance de la Géorgie entre 1987 et 1990.

La répression brutale par les forces soviétiques rend impossible le maintien du pouvoir soviétique sur la Géorgie et conduit aux premières élections géorgiennes démocratiques. La coalition menée par Gamsakhourdia l’emporte largement sur le Parti communiste géorgien et, le 14 novembre 1990 Zviad Gamsakhourdia est élu président du Conseil suprême de la République de Géorgie.

En 1991, la Géorgie proclame son indépendance après référendum (à 90,08%), indépendance qui n’est pas reconnue par l’Union Soviétique. Zviad Gamsakhourdia est largement élu président de la République lors des élections du 26 mai.

 

Zviad Gamsakhourdia, son combat contre l’Union Soviétique

Au pouvoir, Gamsakhourdia se trouve confronté à d’importantes difficultés, en particulier dans ses relations avec l’Union soviétique.

En 1989, des troubles violents se déclenchent en Ossétie du Sud entre les indépendantistes et des Ossètes restés loyaux au Kremlin. Une épreuve de force tripartite commence dans la région entre les Géorgiens, les Ossètes et les forces militaires soviétiques. Gamsakhourdia dénonce le mouvement Ossète, le considérant comme une partie du stratagème russe pour miner la Géorgie.

En septembre 1991, les États-Unis, se basant sur un reportage issu de l’ONG Helsinki Watch, accusent le gouvernement de Gamsakhourdia d’avoir commis des violations contre les droits de l’homme (emprisonnements politiques, non-respect de la liberté de parole et de la presse, nettoyages ethniques en Ossétie du Sud).

Une manifestation anti-gouvernementale à Tbilissi est dispersée par la police et la Garde Nationale éclate en factions pro- et anti-gouvernementales.

En décembre 1991, des partisans armés de l’opposition organisent un coup d’État.

Le 6 janvier, Gamsakhourdia et les membres de son gouvernement traversent les lignes ennemies et s’échappent en direction de l’Arménie. Gamsakhourdia se voit finalement offrir l’asile politique en République séparatiste de Tchétchénie.

Edouard Chevardnazé est nommé président de Géorgie sans élection ni référendum et instaure un régime répressif contre le " Zviadisme ", le président Gamsakhourdia se considérant toujours comme le président légitime de la République de Géorgie.

En 1992, les troupes gouvernementales entrent en Abkhazie afin de déloger les sympathisants de Gamsakhourdia, déclenchant la guerre d’Abkhazie. Le conflit se termine en 1993 par une défaite du gouvernement, entraînant le départ d’Abkhazie des forces gouvernementales et de 300 000 Géorgiens, ainsi que la mort d’environ 10 000 personnes.

Le 24 septembre 1993, Gamsakhourdia retourne en Géorgie et établit un gouvernement " en exil " dans la ville de Zougdidi. Une guerre civile embrase l’ouest du pays. La prise par Gamsakhourdia de Poti, port géorgien situé sur la mer Noire : menace les intérêts de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie. Les trois pays apportent leur soutien au gouvernement de Chevardnazé. Le soulèvement organisé par Gamsakhourdia échoue rapidement et la ville de Zougdidi tombe le 6 novembre 1993.

 

Zviad Gamsakhourdia, mort dans des circonstances non élucidées

Zviad Gamsakhourdia meurt le 31 décembre 1993 dans le village de Khibula (Géorgie Occidentale), dans des circonstances qui restent encore extrêmement floues.

L’hypothèse du suicide est défendue par sa veuve et par la plupart des observateurs étrangers. Parmi les autres théories, il est fait état d’un assassinat par ses propres sympathisants. Mais la majorité des Géorgiens pensent que le président déchu a été éliminé par le gouvernement russe. Une plus petite minorité défend l’hypothèse d’un assassinat organisé par les États-Unis.

Le 26 janvier 2004, le président Mikheil Saakachvili réhabilite officiellement Gamsakhourdia afin de " mettre fin à la désunion de notre société ".

BIOGRAPHOQUE

George Ovashvili est diplômé de l’Institut Géorgien du cinéma et du théâtre (1996), ainsi que de l’Académie du film de New York (2006).

Son premier long-métrage " L’Autre rive " (2010) connaît une carrière internationale exceptionnelle (plus d’une cinquantaine de prix en festivals, représentant de la Géorgie pour l’Oscar du Meilleur Film Étranger et l’un des cinq nommés pour le Prix Découverte de l’Académie Européenne du Cinéma).

Son second long-métrage, " La Terre éphémère " (2014), Globe de Cristal au Festival de Karlovy Vary, est short-listé pour l’Oscar du meilleur film étranger et offre à George une reconnaissance internationale.

" Khibula ", son troisième long-métrage, est présenté en compétition au Festival de Karlovy Vary puis Erevan et Haifa.

DISTRIBUTEUR : ARIZONA DISTRIBUTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 


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LES DEUX SALLES SONT ÉQUIPÉES EN NUMERIQUE 4K

Programmation du cinéma du 20 au 26 Septembre 2017

SALLE 1

LA MORT SE MERITE de Nicolas DROLC - (VOF)
Tous les jours : 13h35 (sauf dimanche), 17h20, 20h30, 22h10
Dimanche : 13h00

Mercredi 20 Septembre : Première à 20h30 suivie d’une rencontre avec Serge Livrozet, protagoniste du film et du réalisateur Nicolas Drolc.

Vendredi 22 Septembre : Séance de 20h30 suivie d’un débat.

LAURENT ET SAFI de Anton VASSIL - (VOF)
Tous les jours : 15h15, 20h05

REMBRANDT FECIT 1669 de Jos STELLING - (VOSTF)
Dimanche : 13h10

SALLE 2

HOME de Fien TROCH - (VOSTF)
Tous les jours : 14h40, 18h10

DANS LES PAS DE TRISHA BROWN de Marie-Hélène REBOIS - (VOSTF)
Tous les jours : 13h10 (sauf dimanche), 16h40, 19h00

Jeudi 21 et Mardi 26 Septembre : Séance de 19h00 suivie d’un débat en présence de Marie-hélène Rebois, réalisatrice du film.

KOBLIC de Sebastian BORENSZTEIN - (VOSTF)
Tous les jours : 22h10